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Message Publié : 06 Mars 2017, 10:26 
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-Chap. 9-

Retrait- Mais oui, bon sang. Je me disais bien que ton nom me disait quelque chose. Yvain de Lescar, aussi connu comme Jean de Béarn.

RetraitLes jambes de Jeannette flageolèrent. Elle aussi connaissait ce nom. Elle sembla se ratatiner, proche de tomber, un sanglot d'horreur bloqué dans sa gorge. Les deux hommes se précipitèrent pour la soutenir.
Retrait- Oh, mon Dieu ! Tu es le fils de Gaston Phébus ! Tu es… tu es mort au bal des Ardents. Mon Dieu, cette douleur… cette douleur…

RetraitEn 1393, Yvain de Lescar mourut à la cour du roi de France, Charles VI. Comme il est de coutume lors du remariage d’une veuve, un charivari fut organisé. Le roi, Yvain et cinq autres gentilshommes se déguisèrent en sauvages. Leur costume de lin directement cousu sur eux, enduit de poix, de plumes et d’étoupe prit feu par accident. Charles VI ne dut son salut qu’à la présence d’esprit de sa tante, Jeanne de Boulogne, alors âgée de quatorze ans. Elle l’enveloppa immédiatement de sa robe et de ses jupons pour étouffer les flammes. Ogier de Nantouillet réussit à se libérer de sa chaîne et se jeta dans un cuvier servant à rincer les tasses et les hanaps. Les autres n’eurent pas cette chance. Ils se transformèrent en torches vivantes. Il fallut quatre jours à Yvain pour mourir dans d’atroces souffrances.

Retrait- C’était il y a longtemps, maintenant. Ce n’est plus qu’un souvenir, répondit Yvain, les yeux voilés*.

RetraitJeannette ne dit rien. Elle avait des flammes qui brûlaient en elle.
Retrait- Bon, je crois que j’ai gaffé. Je n’aurais pas dû en parler si tu ne le souhaitais pas, Yvain. Je suis désolé.

RetraitUn petit silence s’installa, que Corélia brisa bientôt :
Retrait- Je sais que vous devez discuter un peu avec Arkayn, mais nous vous attendions. Nous n‘avons pas encore été nous baigner. Venez. Vous aurez le temps de parler plus tard. Vous pouvez laisser vos Graals dans la case. Je vous garantis que personne n’y touchera.

RetraitBientôt les deux couples s’ébattirent dans l’eau en compagnie d’autres autochtones. La bonne humeur revint rapidement. Ils jouèrent comme de vieilles connaissances, se poursuivant, s’arrosant, essayant de se couler les uns les autres. Enfin calmés, ils profitèrent de l’eau fraîche et de la chaleur de l’air. Arkayn enlaça sa compagne. Un long baiser les unit.

RetraitJeannette reprit conscience, se rappelant du moment présent. Elle avait dû s'endormir. Elle était allongée sur le dos, près d’Yvain. Le soleil chauffait son ventre, ses seins, que quelqu’un, bien après sa première mort, avait qualifiés de fort jolis* et ses endroits les plus intimes. Personne ne semblait faire attention à elle. A eux. Seuls Arkayn et Corélia la regardaient, souriants. Est-ce que son attirance pour Yvain se voyait tant que ça ?

RetraitOu était-ce sa position ? La nudité ne lui posait plus problème depuis longtemps mais Jeannette ne s’était jamais montrée ainsi. En général, après le bain, elle se rhabillait tout de suite. Mais ainsi allongée, tout le monde pouvait la détailler à loisir.

RetraitPourtant, elle n’en montrait pas plus que ce matin, debout au milieu de la foule. Et à part le couple, personne ne semblait faire attention à elle. Comme une sorte d’indifférence partagée.

RetraitMais hormis le premier jour, elle avait toujours gardé sa vie privée pour elle-même. Et pour ses amants. Rouge de confusion, elle regarda le couple s’approcher en souriant.
Retrait- Ne t’inquiète pas, ma chérie, lui murmura Corélia. Ici, on est plutôt large d’idées. Tant que ça ne dérange personne d’autre, tout est permis ou presque. Et puis, tu étais tellement belle à voir, dans ton sommeil… Tu sais, ici, voire une femme, ou un couple, ajouta-t-elle en voyant Yvain s’éveiller aussi, dormir ainsi au soleil est très banal. Mais je vois que tu n’as pas l’habitude d’être nue.
Retrait- Non ! Enfin, si… Je me baigne avec les autres mais rester ainsi ?
Retrait- Ici, une grande partie de la population est naturiste. Comme Arkayn et moi. Cela veut dire que l’on a choisi de vivre nus.
Retrait- Tout le temps ? s'étonna Jeannette.
Retrait- Oui. A Arkanya, il fait toujours chaud. Alors, sauf si cela choque un nouveau venu, nous ne nous embarrassons pas de vêtements. Et ceux qui préfèrent rester habillés se sont habitués. Ils n’y font plus attention.

RetraitJeannette ne sut trop quoi dire. Pourtant, elle se sentit curieusement à l’aise avec ce couple. Et l'idée de rester ainsi la tentait bien.


* Dans cette courte nouvelle, on ne peut pas tout détailler. Mais les personnes qui ont créé le monde du fleuve ont veillé à ce que tous les traumatismes, folies et autres soient gommées. Il n'en reste que le souvenir.
** Authentique, même si Jeannette ne le saura peut-être jamais. L'identité de cette personne sera révélée dans le dernier épisode.

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Message Publié : 07 Mars 2017, 07:21 
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-Chap. 10-

RetraitLes deux couples regagnèrent la case du chef. L’autre Lazare n’allait pas tarder à arriver, et Arkayn devait l’accueillir elle aussi.

RetraitPour la troisième fois, Jeannette traversa le village, nue, dans l’indifférence générale. Elle apprécia cette liberté. Elle pouvait sentir le soleil sur sa peau et le vent tiède qui s’enroulait autour de son corps, sans entraves. Elle n’aurait jamais pensé qu’il fut possible de vivre ainsi. Mais cela lui plaisait.

Retrait- Ici, vous pouvez faire à peu près tout ce que vous voulez, tant que vous n’ennuyez personne. C’est une simple question de savoir-vivre. Les enquiquineurs sont raccompagnés manu militari jusqu’aux frontières du pays. Mais je pense que ce ne sera pas un problème, déclara Arkayn.
Retrait- Non, ce ne sera pas un problème, répéta Yvain.
Retrait- Nous avons aussi l’habitude de nous épauler quand c’est nécessaire. Cela inclut de donner un coup de main de temps en temps. Il y a quelques corvées à accomplir pour le confort de tous.

RetraitArkayn s’arrêta de marcher et détailla Yvain.
Retrait- Nous essayons d’être pacifiques. Nous ne cherchons pas querelle à nos voisins. Nous avons même d’excellentes relations avec la plupart. Mais Arkanya représente plus de quarante champignons. Cela peut attirer des convoitises.
Retrait- Je comprends.
Retrait- Nous avons des guetteurs un peu partout. Et tous ceux qui vivent ici sont prêts à défendre le territoire si besoin. Toi, tu es un guerrier. Tu sais te battre. Est-ce que je pourrai compter sur toi si tu décides de rester ici ?

RetraitYvain le regarda longuement. Puis lentement, satisfait de ce qu’il avait vu dans les yeux du chef de ce pays, il hocha lentement la tête.
Retrait- Je pense que tu ne cherches pas la guerre. Alors, oui, s’il le faut, je t’aiderai.
Retrait- C’est bien, répondit Arkayn en lui donnant une tape sur le bras. J’espère qu’on n’aura jamais besoin de tes talents. Et puis, nous sommes tranquilles depuis des mois.

RetraitEt je me battrai à tes côtés, s'il le faut, pensa Jeannette. Mais le souvenir de la fin terrible du guerrier lui revint aussitôt. Cela lui gâcha en partie l’instant présent.


RetraitLorsque la deuxième Lazare les eut rejoints, une certaine Théano, Arkayn eut un sifflement admiratif. Théano, une très belle femme à la peau olivâtre, avait été non seulement philosophe, mathématicienne et médecin au quatrième siècle avant Jésus-Christ, mais aussi la femme de Pythagore. Décidément, il paraissait avoir une grande culture.
Retrait- Bienvenue, Théano. Tes connaissances nous seront utiles aussi si tu décides de t’installer ici.

RetraitAprès avoir indiqué à cette dernière les quelques obligations envers Arkanya, il désigna les quatre cases proches de la sienne.
Retrait- Elles sont là pour accueillir les nouveaux Lazares. Vous pouvez vous installer là en attendant de construire la vôtre. Et si vous avez besoin de tissu, en attendant que les Graals vous en fournissent, nous en avons à revendre. Beaucoup ici ont choisi de vivre nus. Alors, nous stockons. Cela explique la taille de cette maison. Elle sert à la fois d’habitation, d’entrepôt et de salle de réunion.

RetraitThéano choisit une case, et sans se poser de questions Yvain et Jeannette s’installèrent dans une autre. Il allait de soi qu’ils entendaient bien rester ensemble avec la petite fille. Ni Théano ni eux-mêmes ne prirent le moindre bout de tissu. Rester nus leur convenait parfaitement pour le moment.

RetraitIl y eut un moment de flottement. Yvain et Jeannette étaient seuls pour la première fois. Et nus l’un contre l’autre. Leur gêne était palpable. La jeune femme regretta presque de ne pas avoir pris de tissu. Une douce chaleur commençait à monter de nouveau en elle. Et elle eut peur qu’Yvain s’en aperçoive. Elle ne se reconnaissait pas, et elle avait peur du jugement de son compagnon.

RetraitSur Terre, elle était morte vierge, comme toute jeune fille non mariée de son époque , mais sur ce nouveau monde, elle avait bien changé. Elle avait pris des amants sans se poser de questions. Mais elle ne savait rien d’Yvain. Avait-il évolué lui aussi au point de considérer les femmes comme des égales en amour ? Pourtant, dans l’eau, leurs corps s’étaient frôlés, lorsqu’ils jouaient avec Arkayn et Corélia. Elle avait senti ses muscles puissants contre son corps et même, brièvement, sa main contre son sein. Il n’avait pas essayé de prolonger ce contact mais ni même, lui sembla-t-il, de l’éviter.

RetraitJeannette regarda autour d’elle. Sans être grande, la case était confortable, du moins pour deux personnes. Il y avait deux pièces. La première, où ils se tenaient, comportait une simple table et quatre chaises ainsi que quelques étagères. La seconde était une chambre à coucher. Un lit à deux places avait été posé contre le fond, avec quelques couvertures en prévision de la nuit. Elle se tourna vers Yvain :
Retrait- Si Cimaya veut rester avec nous, il lui faut un lit, elle aussi.

RetraitJeannette rougit aussitôt. Implicitement, elle venait de dire que ce lit était destiné à les accueillir, Yvain et elle.

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Message Publié : 08 Mars 2017, 06:44 
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-Chap. 11-

Retrait- Je m’en occupe, ma dame, répondit simplement Yvain, sans paraître deviner son trouble.

RetraitLe jeune homme sortit à la recherche de bois ou de bambous et d’outils, probablement des haches de pierre. Bien taillées, elles étaient redoutables, bien qu’elles s’usent vite.

RetraitJeannette resta seule, en proie à ses pensées. Yvain était un homme secret. Il parlait peu, et seulement à bon escient. Qu’éprouvait-il pour elle ? Se pouvait-il qu’elle se trompât sur ses intentions ? Pourtant, à aucun moment il n’avait manifesté le désir de partir seul de son côté. Au moins, se dit-elle, il n’y a pas d’ambigüité. Peut-être avait-il laissé quelqu’un derrière lui et il lui faudrait du temps pour faire son deuil. Mais maintenant, il n’avait plus de compagne.

RetraitLes hommes mariés, elle avait donné. Un an plus tôt, très loin de là, probablement très au nord de la planète, dans un lieu trop froid à son goût, elle avait rencontré quelqu’un.

RetraitSolon était un amant passionné. Elle aimait faire l’amour avec lui. Repus tous deux, ils somnolaient après des ébats torrides, Jeannette nichée au creux de l’épaule de son amant. C’est dans cette position qu’une femme fit irruption dans le tipi en hurlant :
Retrait- Salaud ! Tu me trompes avec cette… cette morue !

RetraitJeannette ne put rien faire. Elle eut juste le temps de voir la femme brandir une lance. Elle sentit une douleur terrible dans son dos quand l’instrument de mort la traversa de part en part au niveau du cœur.


RetraitLa journée s’était écoulée tranquillement. Yvain était revenu avec deux hommes et une femme, chargé de bambous. Arkayn n’avait pas menti : la solidarité n’était pas un vain mot dans ce pays.

RetraitConstruire le lit ne prit pas longtemps. En taillant de fines lanières, l’assemblage de la structure fut un jeu d’enfant. Un cadre sur pieds fut vite bâti, sur lequel des bambous constituèrent un solide sommier. Jeannette et la femme revinrent, les bras chargés de larges feuilles. Des carrés de tissu furent rapidement assemblés grâce à leurs bords magnétiques.

RetraitTrès pratiques, on pouvait les reconfigurer à volonté. Ici, ils constituèrent une housse qu’ils remplirent avec les feuilles. Cimaya aurait un bon matelas pour dormir. Celle-ci ne tarda pas à revenir en compagnie de Tom et d’Arkayn. Il portait des pots de peinture.
Retrait- Vous allez pouvoir personnaliser vos Graals. Ce sera plus facile pour les reconnaître au milieu des autres.

RetraitLa précaution n’était pas inutile. Si personne ne pouvait ouvrir le Graal d’un autre, que de temps perdu à retrouver le bon si rien ne les distinguait…

Retrait- Est-ce que Tom peut rester dormir avec moi ? demanda la petite fille, pleine d’espoir.

RetraitLa question fit rire les adultes qui acceptèrent de bon cœur. Les enfants n’auraient peut-être plus jamais l’occasion d’avoir un ami de leur âge.

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Message Publié : 11 Mars 2017, 19:56 
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-Chap. 12-

RetraitAprès le dîner et les enfants couchés, épuisés d’avoir couru toute la journée, Yvain et Jeannette ressortirent de la case pour une balade tranquille. La chaleur de la journée commençait à se dissiper, mais la nuit promettait d’être douce. L’idéal pour rester nus s’ils le désiraient. D’ailleurs, Jeannette ne se posa même pas la question. Elle commençait vraiment à apprécier le fait d’être au naturel en permanence.

RetraitElle leva la tête. La nuit était claire, et malgré la présence des deux lunes dans le ciel, la voute étoilée brillait de mille feux, très différente de celle qu’avait connu le couple lors de leur première vie. Jeannette ne reconnu aucune constellation. Même si elle s’était habituée à ce nouveau ciel, depuis le jour du grand cri, elle regrettait un peu les figures familières. Bien qu’elle ne sut le nom que de quelques unes, elles avaient un côté rassurant.

RetraitLa jeune femme avait du mal à imaginer qu’elle se trouvait sur un autre monde. De son temps, les choses étaient simples. Le soleil, les planètes et les étoiles tournaient autour de la Terre. Et il lui avait fallu admettre que celle-ci n’était pas le centre de l’univers, mais juste une poussière perdue dans l’immensité. Et même cela était perdu pour l’éternité.

RetraitSa peau frôlait parfois celle d’Yvain et cela la troublait au plus haut point. L’homme dégageait une présence animale qui l’attirait. Mais contrairement à un papillon, elle n’avait aucune crainte de se brûler à sa flamme. Au contraire, tout ce qu’elle voyait en lui respirait la force, la tranquillité et la franchise.

RetraitMais elle redoutait l’instant de lui parler. Raconter pour la première fois sa vie, se dévoiler…

RetraitLeurs pas les conduisirent le long du fleuve. Yvain voulait montrer à Jeannette une invention qui allait leur apporter un confort qu’ils n’auraient même pas imaginé possible de leur temps : l’eau courante dans les cases.

RetraitUne grande tour se dressait, qu’ils n’avaient pas remarquée en arrivant à cause des arbres. Haute de quelques cinq toises – une dizaine de mètres – elle portait sur le côté une roue garnie de seaux en terre cuite. Le bas, plongé dans la rivière, était entraîné dans un mouvement rotatif par le courant.
Retrait- Mais à quoi cela sert-il ?
Retrait- Regarde. La roue tourne avec le courant et plonge les seaux dans l’eau. Ils se remplissent, et quand ils arrivent au sommet, ils se vident dans ce conduit que l’on voit. Un aqueduc va être construit. J’irai donner un coup de main. Quand il sera fini, il amènera l’eau jusqu’aux cases.

RetraitYvain regarda le visage émerveillé de sa compagne. Il avait eu le même, plus tôt dans la journée, quand on lui avait présenté la noria. Pour eux qui avaient connu le seau à remplir au puits ou dans la rivière, c’était une invention incroyable. Jeannette recula pour mieux regarder cette tour merveilleuse. Elle trébucha sur une racine et serait tombée si Yvain ne l’avait pas rattrapée par la main. Ils se regardèrent sans un mot. Ils repartirent, l’un contre l’autre, les doigts croisés. « Enfin… » pensa la jeune femme.


RetraitDes gouttes d’eau commencèrent à s’écraser sur leur peau nue. Ils avaient oublié l’heure. Comme partout sur le monde du fleuve, la pluie tombait à heure fixe : dix heures à Arkanya, avait précisé Corélia. Le couple se réfugia sous un champignon. Ils ne risquaient rien jusqu’au matin. L’éclair qui remplissait les Graals ne surviendrait qu’à l’aube.

RetraitYvain s’assit. Jeannette s’installa, dos à lui, entre ses jambes. Les bras du jeune homme se refermèrent autour de sa taille. Elle se laissa aller. Bientôt un rideau de pluie les cacha au regard de tous.

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Message Publié : 14 Mars 2017, 07:47 
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-Chap. 13-


RetraitLa tête posée contre la poitrine de son compagnon (il était tellement plus grand que son petit mètre cinquante-huit), ils commencèrent à parler, à se livrer. Pourtant, il y avait quelque chose qu’elle ne parvenait pas à lui raconter. Pas encore. Elle avait peur que son regard sur elle ne change. Jeannette prit les mains de son compagnon dans les siennes. Il se retrouva les bras posés sur le haut des cuisses de la jeune femme, geste qui la troubla une fois de plus. Ils restèrent longtemps à parler dans cette position. Puis elle posa ses mains sur les genoux d’Yvain. Elle ressentit avec plus d’assiduité le corps du jeune homme dans son dos.

RetraitLes mots leur venaient facilement. C’est comme s’ils s’étaient toujours connus. Aucune question ne les mettait mal à l’aise. Une main d’Yvain quitta la cuisse de la jeune femme et se posa sur son cou. Le pouce appuya doucement en un petit geste doux entre les épaules et la tête. Jeannette apprécia pleinement la caresse.

RetraitLa chaleur de leurs deux corps se répondait, comme s’ils ne faisaient qu’un. Ils étaient seuls au monde. Elle laissa les mains puissantes détendre doucement les muscles de son cou. Elle regretta seulement ne pas avoir de cheveux. Cela viendrait, mais elle aimait le contact de doigts qui courent le long de ses boucles chatain.

RetraitAu fur et à mesure que les mots venaient, elle se coula contre le corps de l’homme. Elle releva la tête, voulant regarder ses yeux. Elle y lu force et tranquillité, mais aussi autre chose, qu’elle interpréta comme de la tendresse. Peut-être plus. Elle espérait ne pas se tromper.

RetraitJeannette entendait son cœur, tout près de son oreille. Il battait fort, tout comme le sien.



RetraitCette nuit-là, Yvain et Jeannette dormirent peu. Ils avaient toute l’éternité pour cela. Il leur fallut la nuit pour explorer chaque parcelle du corps de l’autre. Repue, Jeannette se lova contre son amant. Enfin, elle lui parla. Il y avait des larmes dans les yeux d’Yvain. Il comprenait.

RetraitQuand enfin Jeannette finit par s’endormir, épuisée, elle ne rêva pas. Pour la première fois depuis qu’elle était revenue au monde sur le Monde du fleuve, il n’y eu pas de flammes dans sa nuit, pas d’échafauds, pas de foule venue la regarder mourir, presque silencieuse, sur une croix de feu, là-bas, sur cette place publique près d’un autre fleuve.

RetraitJeannette avait enfin trouvé sa place dans le monde près de cet homme et de cette petite fille qu’elle aimait déjà.

-FIN-





Je suppose que vous avez maintenant deviné qui est Jeannette. Tout ce qui est écrit sur sa première vie est exact, y compris son prénom.

Ainsi, c'est le duc d'Alençon, je vous l'avais promis, qui déclara lors du procès en révision de Jeannette qu'il avait souvent dormi "sur la paille" avec elle et ses hommes et que lorsqu'elle se préparait pour la nuit, il lui arrivait de voir sa poitrine "qu'elle avait fort jolie".

Et pour ceux qui n'ont pas deviné, je vous laisse chercher. :animatedwink:

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Message Publié : 16 Mars 2017, 09:19 
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Localisation : Montréal
J'ai commencé la lecture, mais je doit admettre, maudit que chu mêlé !!!

J'ai découvert le concept de "Riverworld" dans un téléfilm de Syfy, celui de 2010 avec la jolie blonde canadienne Laura Vandervoort, mais appris par la suite que cette adaptation avait prise des libertés, dont tous parlaient anglais sans avoir pris des cours.

C'est à la fin du 2e / début du 3e chapitre où l'"espéranto" a été mieux expliqué pour que je retourne au tout début pour comprendre qu'il s'agit d'une langue et que Jeannette n'a pas compris immédiatement Cimaya. Plus tard, "Pas un ne parlait français" en faisant des gestes, m'a dérouté. Ils sont supposés se comprendre en espéranto, non ?

Et là, il manque un peu de descriptif. Jeannette s'est fait réveillée au petit matin, mais où était-elle ? Au pied d'un arbre ? Sur un table de pique-nique ? Bref, Cimaya l'entraîne à donner leur Graal à l'homme sur le champignon, il saute, le monde se tasse. En attendant le retour des Graal, elle fait connaissance avec Cimaya, elle regarde autour, remarque un homme de peut-être 10 mètres (?), se perd dans ses pensées... puis je suis dérouté par "Ce soir-là..." où elle mange un steak... Ça m'a pris du temps pour réaliser que c'est le début d'un flashback sur la 1re fois qu'elle est arrivée...

Les chapitres 4 et 5 sont connectés. Début chapitre 4, Yvain et "un navigateur" étaient sur une embarcation, Cimaya court sur la rive, aucune idée où se trouve Jeannette. Un marchand leur propose d'aller à la capitale. Là, je devine qu'Yvain et Jeannette son embarqués sur la barque du marchand qui s'appelle Simon le navigateur, laissant derrière Cimaya (qui a couru)... et leur petite embarcation et son navigateur ? Puis elle est perdue dans ses pensées, un autre flashback commence et se termine à la fin du chapitre 5 avec un suicide express... puis le début du chapitre 6 reprend là où on s'est laissés. Ouf, que j'me suis mêlé !


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Message Publié : 16 Mars 2017, 20:37 
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Inscription : 08 Août 2015, 15:47
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bobettebob a écrit :
J'ai commencé la lecture, mais je doit admettre, maudit que chu mêlé !!!
Désolé. Effectivement, j'ai écrit le texte avec des flashbacks. Cela permet d'être directement dans l'action.
bobettebob a écrit :
J'ai découvert le concept de "Riverworld" dans un téléfilm de Syfy, celui de 2010 avec la jolie blonde canadienne Laura Vandervoort, mais appris par la suite que cette adaptation avait prise des libertés, dont tous parlaient anglais sans avoir pris des cours.
C'est même largement pire que ça.

Dans le roman, toute l'humanité ressuscite en même temps. Dans le téléfilm, le héros revient à la vie des années après les autres. Il y a des chevaux alors qu'il n'existe que des poissons dans le roman. Pleins de personnages inventés alors que tous les personnages ont existé dans le roman, etc

Pour une fois, je me permets une critique : c'est un navet !
bobettebob a écrit :
"Pas un ne parlait français" en faisant des gestes, m'a dérouté. Ils sont supposés se comprendre en espéranto, non ?
Pas au début. Le jour du grand cri, les gens ne connaissent que les langues apprises lors de leur première vie. Ils n'apprendront l'espéranto que plus tard. Je dis bien :
Citer :
Cette langue artificielle s’était répandue sur tout le monde du fleuve grâce aux missionnaires de l’Eglise de la Seconde Chance.

bobettebob a écrit :
Et là, il manque un peu de descriptif. Jeannette s'est fait réveillée au petit matin, mais où était-elle ? Au pied d'un arbre ? Sur un table de pique-nique ?
L'endroit précis où elle apparait n'a aucune importance.
Citer :
D’un bout à l’autre du fleuve, il en allait ainsi. Au petit matin, l’air semblait miroiter et une ou plusieurs silhouettes apparaissaient. Hommes et femmes, morts ailleurs la veille, revenaient à la vie, nus et totalement imberbes. Mais quelque fut leur religion précédente, s’ils en avaient une, les hommes étaient circoncis. Nul ne savait pourquoi.

bobettebob a écrit :
remarque un homme de peut-être 10 mètres (?)
Quand même pas. Grand oui, mais à dix mètres, pas de 10 mètres.

Le texte est si difficile à lire que ça ? Je pense que si j'avais tout écrit dans l'ordre, cela aurait beaucoup moins intéressant. A vous de me dire.

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Message Publié : 16 Mars 2017, 21:50 
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Inscription : 06 Sep 2014, 21:58
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J'ai bien aimé l'histoire et me suis même demandé: Est-ce possible qu'après notre propre mort nous nous retrouvions nous aussi sur une autre planète avec deux lunes située dans une autre galaxie.

Tout est possible, personne ne sait ce qu'est la vie après la vie, c'est tout aussi possible que le ciel et l'enfer. :?:

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Le naturisme c'est: Vivre nu et profiter du bonheur que nous apporte le moment présent.
Claude Boucher, Président du Groupe Naturiste de Montréal (GNM) qui est responsable des activités FQN pour la grande région de Montréal


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Message Publié : 17 Mars 2017, 08:37 
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Arkayn a écrit :
Dans le roman, toute l'humanité ressuscite en même temps. Dans le téléfilm, le héros revient à la vie des années après les autres.

Pas au début. Le jour du grand cri, les gens ne connaissent que les langues apprises lors de leur première vie. Ils n'apprendront l'espéranto que plus tard.

Aaah, ceci explique celà. Je n'ai pas lu les romans.

Arkayn a écrit :
Quand même pas. Grand oui, mais à dix mètres, pas de 10 mètres.

DOH ! Erreur d'interprétation sur le "Combien cela faisait-il ?", répond à "toise" et non "grand"...

Arkayn a écrit :
Le texte est si difficile à lire que ça ? Je pense que si j'avais tout écrit dans l'ordre, cela aurait beaucoup moins intéressant. A vous de me dire.

Nah, ça doit être juste moi qui est difficile ou qui tente d'imaginer une version du roman à la télé. J'ai l'habitude de lire un flashback qui dure un paragraphe ou deux, mais pas un chapitre et demi. C'est pourquoi j'étais perdu.

J'ai clanché la lecture du reste de l'histoire, Arkanya semble un bel endroit où habiter. J'ai accroché sur un petit détail...
Au chapitre 6 :
Citer :
Elle s’était allongée près de lui sur des serviettes que leur avait données Corélia.

Corélia n'est introduite qu'au chapitre 8...
Toujours au chapite 6 :
Citer :
Le métal était quasiment inconnu sur le monde du fleuve, hormis celui des Graals. Mais personne n’avait pu le faire fondre ni même le cabosser.

Au chapitre 2, on décrit le Graal :
Citer :
Chacune posa sa main sur le tube de métal long de soixante-quinze centimètres et large de quarante-cinq.

Mais au chapitre 1 :
Citer :
Un des hommes en porta un à sa bouche et avec une drôle de pièce de métal carré trouvé dans le Graal, mit le feu à l’autre extrémité.

Ne serait-il pas mieux que le Graal fourni un paquet d'allumettes plutôt qu'un briquet ?
Et je me demande quel matériel sera utilisé pour le réseau d'aqueduc... et de quoi est composé le contenant de peinture... peu importe.

Niveau orthographe, très peu de fautes (good job!). Pour les québécois, il paraît que sur le clavier français de France AZERTY, il est difficile de faire apparaître un accent sur les lettres majuscules (exemple : À Arkanya,), donc ils s'en passent. Ça ne compte pas pour des fautes d'ortho...

Dernier détail, à partir du moment où il est confirmé qu'Arkanya est un lieu majoritairement naturiste, comme Cor l'expliquait dans un autre message, il est redondant de rappeler au lecteur que tel habitant de l'endroit est nu. Exemple au début du chapitre 10 lorsqu'elle traversa le village pour la 3e fois, nue... À part ça, tout est bien.


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Message Publié : 17 Mars 2017, 10:10 
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Inscription : 08 Août 2015, 15:47
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Merci pour les critiques, Bob. C'est très constructif. :thumbsup:

Il faudrait que je vérifie pour les briquets. Ta remarque est très juste. Il me vient un doute en effet car sur la planète, le métal est très rare, hormis pour les Graals. Je suis sûr que ce n'était pas des allumettes, mais les briquets n'étaient peut-être pas en métal.

Pour moi, n'étant pas fumeur, s'il n'y avait pas eu de cigarette du tout, cela me convenait tout aussi bien. Mais j'ai voulu respecter le roman, écrit dans les années 50.

Effectivement, Corélia "lance" d'une certaine façon le flashback. Je trouvais amusant d'introduire un personnage pour que le lecteur se pose la question de son identité, qui se dévoile petit à petit. Comme Simon aussi, par exemple.

Mais à la réflexion, ce qui peut entraîner une gêne dans la lecture, c'est que j'ai découpé arbitrairement la nouvelle pour la publier ici. Elle était d'un seul bloc à l'origine. Par contre, plusieurs sauts de ligne introduisaient les changements. Du coup, on se retrouve avec des flashbacks qui se répartissent sur plusieurs chapitres.

Merci pour l'orthographe. J'y suis très sensible, même si je ne suis pas infaillible. Et en effet, les claviers azerty ne permettent pas d'accentuer les majuscules. Du coup, on s'en passe souvent. Ou alors, il faut faire des manipulations, comme Alt + 0201 ce qui donne É.

bobettebob a écrit :
il est redondant de rappeler au lecteur que tel habitant de l'endroit est nu.
C'est vrai. Mais ce n'est pas l'habitude de Jeannette de se promener nue (enfin, tant que le Graal ne lui a pas fourni de tissu). Je voulais justement souligner par là qu'elle commençait à y prendre plaisir. Mais il y a peut-être moyen de l'exprimer autrement. A méditer.
Amiel a écrit :
J'ai bien aimé l'histoire
Merci Amiel.
Amiel a écrit :
Est-ce possible qu'après notre propre mort nous nous retrouvions nous aussi sur une autre planète avec deux lunes située dans une autre galaxie.

Tout est possible, personne ne sait ce qu'est la vie après la vie, c'est tout aussi possible que le ciel et l'enfer. :?:
J'avoue que je ne serais pas contre. C'est un peu frustrant d'être bloqués sur une boule de glaise alors qu'il y a tant à voir dans l'univers. Et puis, si on tombe sur une planète naturiste...

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La vitesse de la lumière étant supérieure à celle du son, certains brillent en société... jusqu'à ce qu'ils l'ouvrent !


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