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 Sujet du message : Arkayn : histoires et nouvelles
Message Publié : 12 Jan 2017, 10:58 
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J'ai écrit ce texte il y a plus de dix ans.


LE LAC DE CASTILLON

Je n’avais plus songé à cette journée depuis bien longtemps. Je ne l’ai jamais raconté à personne. Oh, j’y ai bien pensé parfois. Avec un peu de nostalgie. Mais c’est resté en moi. Jusqu’à hier, plus précisément, quand une amie m’a fait découvrir des récits de naturistes.

J’ai lu quelques histoires, quelques témoignages et je me suis retrouvé en ce jour de juillet, il y a vingt ans.

J’avais vingt et un ans, j’étais jeune. Pas forcément un top model mais je plaisais assez avec mes abdos plats et mes longs cheveux noirs comme du jais, souvenirs de mes origines hispaniques.

Imaginez que vous êtes dans un magasin. C’est l’hiver. J’avais, pour une fois, mis un long imper. Et vous voilà face une ado, accrochée au bras de sa copine, à moitié hystérique, lui criant : « Regarde, regarde, Highlander ! ». Agréable souvenir.

Ou ce jour, en Suède, dans les années quatre-vingt dix, quand j’ai vu tous les visages se tourner vers moi, me regarder avec curiosité et parfois avec des petits pétillements dans les yeux. Je marchais dans la rue, avec un petit groupe de français. Je n’ai pas compris jusqu’à ce Brigitte, ma collègue, me fasse remarquer qu’il n’y avait autour de nous que des blonds, au cheveux décolorés. Même le groupe que j’accompagnais n’était composé que de blonds et d’un ou deux châtains.

Une longue chevelure noire au milieu de centaines de têtes blondes. Quand les suédoises (et même les suédois) m’abordaient, leur première question, invariablement était pour me demander si c’était ma vraie couleur de cheveux. Et bien sûr, de passer leur main dedans pour en vérifier la douceur. Mais ceci est une autre histoire.


La nuit avait été longue. Très longue même puisque je n’avais pas dormi.

Oh, j’avais été sage. N’allez pas imaginer de longs batifolages. Non, je m’étais enfermé dans le labo photo que l’on m’avait prêté. Et toute la nuit, j’avais développé des photos, effectué des tirages en série.

Le labo n’était pas très pratique, mais il me fallut m’en contenter. Situé au dessus d’une pharmacie, il servait normalement à développer les relevés d’un sismographe.

Depuis quinze jours, je dormais sous tente, au bout du stade de foot de Castellane, avec cinq autres animateurs et animatrices. J’accompagnais un groupe d’handicapés mentaux pour un séjour découverte des Alpes de Haute Provence. Plus précisément le long des gorges du Verdon.

Et cette nuit là, j’avais développé toutes les photos que nous avions prises depuis le début du séjour pour en distribuer à tout le monde. J’avais sous-estimé le travail. Je pensais en avoir fini en quelques heures et rentrer suffisamment tôt pour profiter des bonnes dispositions de ma charmante voisine de duvet. Mais le coq avait chanté depuis longtemps quand épuisé, je rentrai me coucher. Et je commençai à entendre les premières voix des participants qui se réveillaient.

J’étais de congé ce jour là et je pensais bien pouvoir en profiter pour une grasse mat’. J’ai tenu une bonne demi-heure. Puis je me suis relevé, allant m’asseoir sur un long banc. L’odeur du café qui se préparait chatouillait mes narines.

Il devait être un peu plus de sept heures. La chaleur commençait à monter sous les toiles, chassant les occupants de leurs duvets. Et chacun de parler, de rire, de crier, de faire du bruit.

Isabelle, la délicieuse animatrice, vint se serrer contre moi. Elle se tenait derrière moi, debout, ses bras autour de mon cou. Elle posa sa tête tendrement sur la mienne, petit geste d’affection.

- Tu as l’air fatigué.

Je sentais ses seins dans mon dos, me troublant un peu malgré ma fatigue. Elle ne portait en tout et pour tout qu’un long Tee-shirt.

Je pris tranquillement mon café, regardant parfois la belle qui allait et venait dans le camp. Dommage. Nous n’étions pas assez nombreux pour pouvoir prendre une journée de congé ensemble. J’aurais bien eu quelques idées pour l’occuper.

Je retournai à la tente, pris quelques affaires et le gros paquet de photos encore humides qu’il me faudrait faire sécher. J’hésitais à les confier à un des animateurs pour qu’il finisse le boulot. Trop de passage.

Je passai près d’Isabelle, lui pressant la main doucement :

- Je vais aller faire un tour. Trouver un coin sympa pour finir ma nuit.
- Ou la commencer plutôt, me fit-elle, malicieusement.

Le stade se trouvait à l’écart, à l’entrée de Castellane. Je pris la route, sans but défini. Un lieu attirerait bien mon attention.

Bruit de moteur. Un véhicule avançait, allant dans ma direction. Machinalement, je tendis le pouce.

Le combi Wolksvagen me dépassa et s’arrêta, faisant jouer les warnings. Des allemands, à l’immatriculation.

Le couple était souriant. Ils ne parlaient pas français et moi pas allemand. Nous nous entendîmes donc parfaitement.

D’un geste, ils me montrèrent l’arrière du véhicule, aménagé pour l’été. Ils avaient construit une sorte de caisson qui leur servait de chambre, laissant au dessus de celui-ci un vide où je pouvais m’allonger, pour profiter de la route malgré tout et parler avec eux.

Quelques mots d’anglais, trop rares à l'époque chez moi, et ils comprirent que je n’avais pas de destination. Cela parût les amuser.

Comment dit-on handicapés en anglais ? Youngs handicapeds. ? Youngs with problems in her body ? Disableds ? Ah, ok ! Youngs disableds. No, no work today ! Long night. I’ll want sleeping off.

Je compris qu’ils étaient en vacance dans la région mais revenaient de voir des amis dans le sud, vers la mer.

Nous ne restâmes pas longtemps ensemble. Un cri du cœur s’échappa de nos poitrines en même temps.

Un lac magnifique étalait ses eaux calmes. Je n’ai pas retenu le lieu exact, n’y étant jamais retourné depuis ce mois de juillet. Peut-être le lac de Castillon. Il ressemblerait à mon souvenir, d’après des photos vues sur le net. En tous cas, je me souviens bien qu’il faisait retenue pour un barrage EDF.
Je quittai ce couple charmant et à pied, je me dirigeai vers le lac. La chaleur commençait vraiment à monter.

Il devait être huit heures. Je longeai le lac, cherchant un lieu tranquille où me poser. Je n’avais pas pris de serviette ni de maillot et je n’avais jamais fait de naturisme. Qu’importe. Il n’y avait pas un chat.

J’ai dû marcher un bon quart d’heure pour trouver le lieu qui me convenait. Masqués par une dune sablonneuse, quelques rochers abritaient une sorte de crique au sable fin. J’étais invisible au reste du lac.

Il ne me fallut pas longtemps pour me retrouver nu et plonger dans les eaux fraîches. Pour la première fois de ma vie, j’éprouvai une sensation incroyable. L’eau glissait sur mon corps, et particulièrement sur mes hanches. Je ne saurais mieux décrire cette sensation. Mais tous ceux et celles qui ont déjà nagé nus vous le diront. C’est incomparable.

Je restai un moment à batifoler dans cette eau limpide. Puis je ressorti m’exposer au soleil. J’eus une pensée pour les photos qu’il me fallait faire sécher. C’était le moment d’en profiter.

Je pris donc le paquet et retournai rapidement au bord de l’eau. Une par une, je rinçai les photos et les ressortis.

J’ai dû ouvrir des yeux incrédules. Il faisait tellement chaud en cette heure matinale que ce simple geste m’amenait devant le visage des photos déjà parfaitement sèches.

Je glissai les photos dans mon sac, prit mon Walkman et m’allongeai sur le sable fin.

Ce furent des voix qui me réveillèrent. J’avais dû m’endormir en quelques secondes. La cassette était finie. J’ouvris les yeux, abrités par des lunettes de soleil.

Elles étaient trois, semblables à des anges, auréolées de soleil. J’eus un moment de gêne. Elles durent le sentir mais ne dirent rien. Je m’assis, un bras posé sur la cuisse opposée cachant pudiquement mon sexe. De l’autre, j’ôtai le casque inutile.

La plus âgée, dans les vingt-cinq ans, demanda dans un français très approximatif si elles pouvaient s’installer dans la petite crique. Suédoises ou norvégiennes, pensais-je.

Il n’y avait pas beaucoup de place et donc forcément, elles se retrouveraient assez proches de moi. J’eus un instant d’incertitude. Je n’étais pas particulièrement pudique mais j’étais nu avec trois superbes jeunes filles en robes d’été. Je voyais les bretelles de leurs bikinis, nouées autour de leur cou. Et je n’avais pas de maillot à me mettre. Tant pis, mon slip ferait l’affaire. J’acquiesçai.

Elles posèrent leurs sacs à deux mètres de moi, me remerciant d’un sourire.

Visiblement, deux étaient sœurs. Et la troisième, la plus âgée, aurait pu être leur cousine. J’appris plus tard que je ne m’étais pas trompé.

Ce fut la plus jeune qui retint mon attention. Elle était époustouflante de beauté. Ses longs cheveux blonds entouraient un visage ovale, tout en délicatesse. Et ses yeux étaient deux flaques d’eau. Une porcelaine.

Elle laissa glisser sa robe rouge, dévoilant un corps fin, blanc, que le hâle avait à peine commencé à dorer. Son maillot, rouge, lui aussi, soulignait ses formes.

Je retins mon souffle. La jeune fille glissa ses mains vers son maillot, une simple bande de tissu attachée de chaque côté par une ficelle. Elle le fit descendre doucement sur ses hanches.

Je ne m’attendais pas à cela. Les trois compagnes se déshabillèrent et se retrouvèrent nues en un instant. Naïvement, j’avais pensé qu’elles allaient garder leur maillot.

J’essayai de masquer mon trouble, et, lui tournant le dos, je tentai de rouler sur le ventre. Je m’allongeai, leurs serviettes tournées vers moi. La tête posée sur mes avants bras, caché par mes lunettes, je pouvais donc les regarder toutes les trois, discrètement.


Étrange sensation pour moi. Je n’avais jamais été nu ainsi. J’avais bien participé à deux ou trois bains de minuit, mais la lune drapait notre intimité d’un voile de pudeur.

Les deux plus âgées se dirigèrent vers l’eau. La plus jeune serra deux serviettes côte à côte et s’empara de la troisième. En deux pas, elle fût près de moi et me la tendit d’un sourire. Puis elle courut vers le lac. J’en profitai pour m’allonger, sur le ventre, sur cette serviette bienvenue.

Les trois jouèrent un moment dans l’eau, s’aspergeant, se pourchassant, dans de grandes éclaboussures. Je n’osai pas aller les rejoindre. La peau commençait à me chauffer mais je n’avais pas de crème et il m’était difficile de changer de position. Je ne risquais pourtant pas grand chose. Ma peau était cuivrée par le soleil. Merci à mes origines hispaniques. Quelques heures au soleil et je paraissais bronzé comme si j’avais passé ma vie au grand air.

Ce furent elles qui me firent un signe pour m’inviter à les rejoindre. Mais j’étais encore assez réticent. J’avais peur de ne pouvoir contenir un certain trouble.

Ce fût Ana, l’aînée, je crois, qui vint me prendre par la main pour me tirer vers l’eau. Je fus bien forcé de la suivre. Ce fût magique.

Une fois dans l’eau, toute appréhension me quitta. Nous étions comme des enfants, jouant, nous chamaillant…

Épuisés, nous sommes retournés à nos serviettes. Il n’y avait plus de gêne ni de trouble en moi. Je me suis senti libre. Être nu, debout ou allongé sur le dos, ou dans l’eau, avec trois inconnues m’a paru tellement naturel que vingt-cinq ans plus tard, j’en savoure encore tous les instants.

J’ai ainsi fait la connaissance d’Inge et Ana, deux sœurs et leur cousine Emelie, venues passer quelques semaines de congés en France.

Un peu plus tard dans la matinée, quelques cris joyeux ont annoncé l’arrivée d’autres vacanciers, heureux de découvrir une plage où ils pouvaient se mettre nus eux aussi. Nous nous sommes retrouvés ainsi à une vingtaine de personnes. Et j’étais parfaitement à l’aise.

Les trois suédoises ont partagé les quelques provisions qu’elles avaient amenées, moi-même étant venu sans rien. Elles repartaient deux jours plus tard dans leur pays. C’était leur dernière baignade en France.

Bien plus tard, la chaleur a commencé à baisser. La journée se finissait. Il me fallait retourner au camp. Pourtant, j’avais envie de prolonger cet instant.

Je n’ai jamais revu Inge, Ana et Emelie. Pourtant je pense souvent à elles, les remerciant chaque fois de m’avoir fait découvrir ce plaisir insoupçonné.

Le plus drôle, c’est que quelques jours plus tard, une animatrice est revenue ravie de sa journée de congé. Elle avait trouvé un petit lac où elle avait pu pratiquer le naturisme. A sa description, je pense qu’il s’agit du même.

Le lac était-il naturiste et j’étais arrivé au bon endroit par hasard ? Ou les gens avaient-ils prolongé mon geste ? Je ne l’ai jamais su mais vraiment peu importe. Je venais de découvrir un nouveau style de vie.

La nuit était noire depuis très longtemps quand je suis rentré au camp.

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Message Publié : 13 Jan 2017, 09:48 
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Très belle histoire. Elle me rappelle «la revue internationale du naturisme» qui publiait des fictions dans ce style. C'est le genre d'histoire qui peut amener des néophytes à s'essayer dans le naturisme.


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Message Publié : 13 Jan 2017, 11:38 
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Inscription : 08 Août 2015, 15:47
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Merci Roger.

Par contre, ce récit est 100 % authentique. C'est ainsi que j'ai débuté en naturisme et que j'y ai pris goût. Il m'a fallu deux ou trois ans avant d'avoir l'occasion d'en refaire (quoique je me sois baigné nu mais seul à plusieurs reprises entre temps), mais le virus était là.

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Message Publié : 13 Jan 2017, 14:24 
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Inscription : 08 Août 2015, 15:47
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Cette histoire n'est pas une fiction, elle non plus. J'ai mis plus de dix ans à reconstituer la biographie de cette naturiste avant l'heure. Il me reste encore bien des recherches à faire car il reste des questions sans réponse, dont la principale : qui était-elle ?


Mme de… Nue parmi les ours.

Mme de… C’est tout ce que l’histoire a retenu d’elle. Pas même un nom. Pas même un prénom. Juste un acte de décès anonyme, quelques lettres échangées qui ne font que renforcer le mystère, un article dans un journal, quelques années plus tard, une histoire que l’on se raconte à chaque génération…

Il n’est resté d’elle qu’une image. Celle d’une femme, courant nue, libre, sauvage, dans les pentes escarpées d’une vallée perdue des Pyrénées, ses longs cheveux blonds flottant au vent.



En cette fin d’été 1807, Napoléon vient de remporter la bataille de Friedland, en Russie. Mais aux frontières de l’Andorre et de l’Espagne, dans la vallée du Vicdessos, en Ariège, on ne parle que de la « Bloundino ».

Des chasseurs l’ont aperçue près du petit village de Suc. Debout sur un piton rocheux, comme suspendue au dessus du précipice, insensible au vertige, elle semble contempler le vide. La femme est grande et forte. De longs cheveux blonds comme les blés descendent en cascade sur ses reins. Certains diront jusqu’à ses genoux. Elle est entièrement nue, la peau cuivrée par le soleil.

Ce n’est pas une inconnue. Depuis deux ans, peut-être trois, on l’a signalée des dizaines de fois. Des bergers l’ont vue. Ils lui ont donné du pain, du lait, du fromage, même des pommes de terre.

Elle vient probablement de quelque vallée voisine. Elle leur a parlé mais ils n’ont pas compris ce qu’elle disait. Ce n’est pas du patois. Peut-être des mots sans signification ? Ou du français ? Des voituriers aussi l’ont vue, assise au soleil sur un rocher qui domine le chemin de Sem, près des falaises de Risoul.

On ne lui veut pas de mal. C’est une « fado », une simplette, une crétine. Les gens ont l’habitude. En raison de la consanguinité, chaque village a son « ravi ». Ce sont des créatures bénies du seigneur. Heureux les simples d’esprit, dit la Bible.

Tout juste ses cheveux étonnent-ils, dans ce pays où les gens ont le poil noir comme le charbon. Aussi la laisse-t-on tranquille. On la protège même. Parfois, elle vole pour se nourrir. Les gens disent : « La « bloundino » nous a volé pour manger. Gare à elle si on l’attrape ! » Pas un ne fait un geste pour la poursuivre.

Mais quelque chose a changé. Des marchands venus de Massat ou d’Aulus l’ont aperçue, courant à côté d’un ours. Et puis, au village d’Orus, depuis plusieurs semaines, la source ne coule plus. Que l’on soit en été ne leur vient pas à l’esprit. Ou qu’un éboulement ait pu tarir la source. La « bloundino » a été vue du côté d’un lieu-dit appelé « l’Ancantato », l’Enchantée, la Fée. La Sorcière. C’est la même chose. Ce n’est plus juste une « fado ». Cela change tout !

Il leur faut un coupable. Ceux qui la regardaient avec tendresse hier encore ne voient plus que « la Nuda », qui fornique avec les ours, tarit les sources, agace les hommes avec sa nudité, vole leur nourriture. Ils ne voient plus que la sorcière.

Les chasseurs ne sont pas là par hasard. Ils appellent la femme. Ils ont l’air hostile avec leurs fusils, leurs cris. Ils ne veulent probablement pas tirer. Juste se rassurer. Le Diable est encore très présent dans ces montagnes.

Et puis, sûrement, des souvenirs à peine refoulés remontent dans la tête de cette femme. Elle fuit, ce qui la rend encore plus coupable. Elle court. Comme un lièvre.

Ou plutôt comme un isard. Un des chasseurs, Édouard Séguélas, racontera : « Nous tirions en l’air pour l’obliger à s’arrêter. Mais plus nous tirions, plus elle détalait. C’était un véritable animal. Tout en muscles. Un jarret de cheval. Nous étions de sacrés marcheurs. Eh bien ! Elle nous lâchait quand elle voulait. Une fille du vent. Elle empruntait des passages où nul n’aurait osé s’aventurer. Des corniches, à flanc de falaises ».

La femme nue aurait pu fuir. Quitter la vallée du Vicdessos pour celle du Saleix. Elle a bien une heure d’avance sur ses poursuivants. Mais au lieu de cela, pendant la nuit, elle passe le col du Fournoul pour redescendre vers l’étang de Lhers. Les chasseurs pensent que c’est probablement pour rejoindre un de ses refuges d’été.

Là-bas, elle trouvera facilement de la nourriture. Il y a le lac et ses truites, de grands troupeaux de moutons. Il y a aussi les orrys, ces abris de fortunes des bergers, faits de quelques pierres mal ajustées. Ils y laissent régulièrement de la nourriture pour la « bloundino ». Et surtout, il y a une infinité de grottes, qui souvent communiquent entre elles.

Mais au petit matin, les chasseurs la retrouvent. Elle court moins vite. Elle est probablement épuisée, à moins qu’elle ne se soit tordu la cheville. Les hommes se séparent en petits groupes pour la prendre en tenaille.

Mais elle les fait courir encore jusqu’au début de l’après-midi. La femme longe les falaises du Fournoul, très hautes, verticales, infranchissables, même pour elle. Il pleut maintenant. Elle glisse, se relève, se retourne encore et encore. Les chasseurs sont à la curée.

« La nuda » s’affale à leurs pieds. Elle n’en peut plus. Mais il faut encore deux hommes pour la retenir.

Les chasseurs la recouvrent d’une capette pour la protéger de la pluie. Et couvrir sa nudité. Ils tentent de lui parler mais elle ne comprend pas le patois. Un jeune, arrivant d’un autre groupe parle un peu le français. A son bonjour, elle répond « Bonjour, Monsieur ». Elle a la voix un peu rauque, comme si elle avait du mal à parler. Mais quand il lui demande ce qu’elle fait dans les montagnes, il n’y a déjà plus personne.

Elle court, à nouveau nue comme un ver. Il faut bien dix minutes aux chasseurs pour la rattraper. Alors le jeune homme qui parle français l’accuse : « Vous êtes une voleuse. Vous avez volé des agneaux. Seuls les voleurs s’enfuient ».

Il est le seul à comprendre la réponse : « Monsieur, je ne m’enfuis pas. Je ne suis pas une voleuse. Madame de… n’est pas une voleuse ». Mais sous la pluie battante, les hommes sont énervés. Ils parlent tous en même temps, couvrant sa voix. Le jeune homme n’a pas entendu le nom. Elle ne le répètera jamais.

Elle refuse de marcher. Mais les hommes ne veulent plus laisser échapper leur proie. Ils coupent une grosse branche et la ficellent dessus, enroulée dans une couverture. C’est comme une carcasse d’isard qu’ils redescendent dans la vallée.

Plutôt que la confier au maire, Franc Escabaniou, comme il aurait été normal, ils la mènent au presbytère de Suc, maintenant Suc-et-Sentenas. Le curé n’est pas en odeur de sainteté. Il a prêté serment aux révolutionnaires. Mais il parle français et surtout, il pourra l’exorciser si elle vraiment une sorcière.

Les femmes les plus bigotes lui jettent des pierres. Les plus jalouses surtout. C’est qu’une femme nue, cela agace les sens de leurs maris. « La Nuda » est mise à l’abri.

Difficile de lui donner un âge. Trente ou trente-cinq ans. Peut-être un peu plus. Elle est belle, quoique le nez un peu fort. Elle a les yeux sombres. Sa bouche est petite. Édouard Séguéla, qui lui a donné à manger dans la montagne, dit qu’elle avait du mal à attraper ses morceaux de pain. Ils étaient trop gros pour sa petite bouche. Et ses dents du bas lui paraissent en mauvais état, mais il ne peut en jurer.

Pour tous, elle n’est pas de la vallée. Il y a en une certaine noblesse, une classe que n’ont pas les femmes de la région, petites, maigres et brunes. Ils la libèrent de ses liens.

Bascle de Lagrèze, qui a écrit son histoire dans le « Journal de l’Empire » du 17 janvier 1814 rapporte qu’elle serait tombé à genoux en s’écriant : « Dieu ! Que dira mon malheureux époux ! » Du pur Rousseaux selon la tradition orale.

Image
Extrait de «La sauvage des Pyrénées», docu-fiction de Bernard Jourdain.


Le curé bénit cette femme qui tremble. De froid peut-être, mais surtout de peur. Petit à petit, Madame de… se calme. La vue d’une soutane semble l’apaiser. Elle dit quelques mots, décousus. A la demande du prêtre, Joseph Dandine, les dames patronnesses lui trouvent des vêtements. Elles l’habillent d’une jupe épaisse, d’un corsage et d’un chandail à grosses mailles.

Elle a une corne épaisse sous les pieds. Sa voute plantaire s’est endurcie. Il doit y avoir longtemps qu’elle erre dans la montagne. Plus tard, à la veillée, certains parleront de sabots. Les légendes naissent autour des cheminées.

Madame de… se réfugie dans le silence. Elle ne semble rien voir, rien entendre. Elle refuse tous les aliments qu’on lui présente. Alors le père Dandine la conduit dans une chambre à l’étage. Elle dispose d’une couche et sur une petite table, on dépose du pain, du fromage, du jambon et de l’eau. Allongée, recroquevillée face au mur, on l’entend murmurer « probo, probo ». A moins que ce ne soit des paters en réponse à une ultime bénédiction du curé.

Il ferme la porte à double tours. Demain, ils préviendront la Garde Nationale et le Juge de Paix. Mais il est déjà trop tard. Madame de… a repris sa liberté. Le sol n’est qu’à deux mètres sous la fenêtre, à l’arrière du presbytère.

Les vêtements qu’on lui a donnés sont retrouvés déchirés, réduits en lambeaux. Un chemin mène vers la vallée. Elle est déjà loin. Nue.

Il est trop tard pour organiser une nouvelle battue. Les premiers flocons de neige commencent à tomber. Et le sommet du Montcalm, à 3 000 mètres est déjà tout blanc. Il faut rentrer les moutons des « estives », les lieux de pâture estivaux. Alors on l’abandonne à son sort.

A Noël, on raconte aux enfants l’histoire de cette « fado » qui a refusé leur aide et qui est morte de froid et de faim dans la montagne. A moins que ce ne soit dévorée par les ours. Seule. Comme une bête.

Cet hiver-là, il gèle à pierre fendre. L’hiver vient tôt dans cette région. Les premiers flocons font leur apparition vers le 15 août. Et il n’est pas rare que la température descende sous les -30°.

Personne ne s’attend à retrouver la « Nuda » vivante. Mais au début du printemps, une métayère, montée cueillir quelques plantes médicinales la voit distinctement, allongée dans la neige fraîche d’un des derniers névés. Elle semble prendre un bain de soleil avec délice. Toujours nue !

Aussitôt, la nouvelle fait le tour de la vallée. Et d’autres témoignages viennent bientôt confirmer la réapparition de la « Fado ». Elle est vue se baignant dans un torrent, attrapant des truites à main nue, les mangeant crues, comme un quignon de pain…

A la ferme de Léra et à celle de Coutignou, on lui tend des vêtements, qu’elle refuse. Des bûcherons la croisent dans la montagne, du côté de Massat. On la voit à Font-Seby, proche de l’Andorre, à Lercoul, à Nagot, à Marc, à Mounicou, sur le chemin de Sem, à Risoul, à Bizourtoule…

La femme sauvage ne l’est peut-être pas tant que ça. Elle s’approche des habitations, parfois pour voler des légumes, parfois pour dormir dans les bergeries quand la nuit est froide. Et dans les bergeries, il y a du lait à volonté.

Et puis, les langues se délieront plus tard, les femmes l’aident. Sans doute par solidarité. Elles la protègent, la nourrissent, la soutiennent… Il faut bien dire que dans ces vallées, ce sont les femmes qui portent la culotte. Les maris viennent vivre chez elles, pas l’inverse.

Le juge de paix, Vergnies, est bientôt prévenu. Lui ne peut pas laisser cette femme troubler l’ordre public. Et surtout, la situation économique est catastrophique. La France vient d’entrer en guerre contre l’Espagne, privant les habitants de la vallée de leur principal client. Le cours de la laine, qui fait vivre la moitié des paysans, a terriblement chuté. Et celui du fer, qui fait vivre l’autre moitié des habitants s’est effondré. La sorcière est un excellent exutoire à leur colère.

Vergnies dépêche la Garde Nationale, assistée de quelques chasseurs locaux pour la reprendre. Il se rend même sur les lieux pour diriger l’opération.

Madame de… est de nouveau traquée comme une bête. C’est comme un jeu pour la troupe de pourchasser cette « fumelle ». Pourtant, pendant deux jours entiers, elle leur échappe, vive comme un cabri. Mais ils sont trop nombreux. Elle est reprise.

La femme est ramenée de Suc à Videssos, sous bonne garde, attachée sur un mulet. Mais Vrignies n’est pas un mauvais homme. Il ne veut pas de mal à cette femme sauvage. Il vaudrait comprendre.

Alors, pendant plusieurs jours, le Juge de Paix tente de gagner sa confiance. Il lui procure des aliments crus, qu’elle accepte. Mais elle reste nue, une couverture sur les épaules pour se prémunir du froid. Et il lui pose des questions, d’une voix douce, comme à une enfant. Mais seul le silence lui répond.

Pourtant, quand il lui demande comment il se fait que les ours ne l’ont pas dévorée, elle réagit enfin : « Les ours ? Ils sont mes amis. Ils me réchauffaient. »

Vrignies n’obtiendra pas plus de précisions. Bien que chassés, les ours de l’Ariège ne sont pas agressifs envers l’homme. Il est possible que, poussée par le terrible froid, Madame de… se soit glissée dans quelque caverne sauvage, se réchauffant contre la douce fourrure d’une famille endormie.

La tradition orale parle de deux frères, les Garcia. Toujours debouts au dessus des précipices, le « Grand » et « le Boiteux » ne se mêlaient pas aux autres bergers, sauf une fois ou deux par an, aux foires de Vicdessos. Ils possédaient des cabanes derrière Mounicou. La « Bloundino » a été aperçue plusieurs fois en leur compagnie. Simple reconnaissance d’une même solitude ? Ou y avait-il autre chose ? Les mauvaises langues ont épuisé toutes les suppositions.

Petit à petit, enfin, une terrible histoire se dessine. Certains pensent que ce fût plus tard, à Foix, qu’elle parlera. Qu’importe.

L’heure est à la réconciliation avec les nobles, chassés par la révolution. Après un premier arrêté du 28 vendémiaire de l’an IX (le 19 octobre 1800), l’amnistie générale leur est accordée le 25 avril 1802. Ils peuvent enfin rentrer chez eux sans risquer leur tête. Ils sont nombreux à revenir.

La jeune aristocrate et son mari, ont, eux aussi, entrepris le voyage de retour. Au printemps ou à l’été 1803, peut-être 1804, dès qu’ils ont pu s’organiser, le couple a retraversé la frontière. Peut-être avaient-ils des enfants ? On ne le saura jamais.

Parvenus au pied des Pyrénées, ils furent attaqués par des brigands et dépouillés de tout. Même de leurs vêtements. A-t-elle été violentée ? On ne le saura pas non plus. Mais sous ses yeux, leurs assaillants ont tué son mari, l’obligeant à regarder l’horrible crime.

Anéantie de douleur, la jeune aristocrate parvint à se sauver dans une fuite éperdue. Elle erra de crête en crête, des images terribles dans les yeux. Elle parvint en France, probablement par le port d’Auzas, jusqu’à la vallée de Vicdessos, où enfin, elle cessa de courir.

Mais le juge doit repartir et il ne peut laisser Madame de… là. Des hommes affrètent une charrette à hautes ridelles, celles qui servent normalement à transporter des sacs de charbon depuis la mine de Sem.

« La Nuda », enroulée dans une couverture, tel un vulgaire paquet, est ligotée sur une chaise qu’ils fixent avec des cordes pour ne pas qu’elle verse. C’est un étrange équipage qui prend la route menant à Foix. Il leur faut deux jours pour y parvenir.

Toute la population se rassemble pour voir passer la femme sauvage. Elle excite leur imagination ou leur colère depuis longtemps, mais ils ne peuvent voir que ses cheveux. C’est une cruelle déception pour certains qui rêvaient de voir un sein, une fesse, ou qui sait ? pouvoir toucher cette nudité qu’elle aurait dû cacher.

A Niaux, une bagarre éclate même. Des jeunes hommes, avinés, prennent d’assaut la charrette. Mais la troupe veille. Ils les chassent à coup de fouet.

A Sabert, au carrefour des routes de Toulouse et de l’Espagne , la situation s’améliore pour Madame de… Une diligence l’attend. Elle peut enfin échapper aux regards.

Cette diligence a aussi défrayé l’histoire locale. En 1802, à la sortie de Tarascon, elle a été attaquée par une troupe nombreuse de brigands, sans doute menés par Joseph Jo, le Mandrin local, dérobant 2 000 piastres, une somme énorme, à un maquignon. Une grosse partie de l’argent a été redistribuée aux pauvres.

Début mai 1808, la pauvre femme est enfermée dans la prison de Foix. On ne connait pas précisément les conditions de sa détention, mais Madame de… embarrasse. De nombreux courriers sont échangés. Aux sous-préfectures, au Procureur Impérial, au Commissaire des Prisons de Foix, au Préfet… L’affaire remonte même jusqu’au Ministre de l’Intérieur, Comte de l’Empire.

Personne ne sait quoi faire de cette femme, arrêtée pour vagabondage et qui refuse toujours de s’habiller. La prison est pleine et on ne peut lui octroyer une cellule individuelle, pour sa propre sécurité. Il n’existe pas non plus d’établissement pour accueillir les fous en Ariège. Il y en a bien un à Toulouse, mais sauf à payer une très forte somme, il refuse de recevoir ceux qui ne sont pas de son département. Le Préfet espère bien que ce sera l’État qui la prendra en charge. Après tout, elle n’est pas vraiment du département.

Mais le 24 juin, il faut mener Madame de… à l’hospice. Elle qui a supporté des conditions inouïes est malade. Mais là aussi, la « Folle de Montcalm » embarrasse. Les sœurs de Nevers, qui gèrent l’établissement, ne peuvent décemment pas la laisser nue. D’autant qu’elle fait les quatre-cent coups. Impossible de la laisser sans surveillance.

Sans surveillance ? Le 20 juillet, Madame de… prend la poudre d’escampette. Sur les hauteurs de Ferrières, on l’aperçoit sur la ligne des crêtes. A Montoulieu, elle vole une paire de poulets. Et elle file. Toujours plus loin.

Le 2 août, elle parvient à Aurignac. Il lui faut faire le bon choix. Mais elle ne connait pas la région. Vers Bédeilhac, c’est la liberté. Les bois sont tellement touffus que personne ne pourra l’y retrouver. Mais vers Quié et Sakany, il n’y a pas la moindre végétation.

La fuyarde prend la mauvaise direction. Elle choisit le flanc de montagne, poursuivie par des hommes vociférant, faisant le plus de bruit possible. Le soir venu, elle se jette la tête la première dans le piège.

Des hommes, nombreux, sont tapis. Ils l’attendent. Dans le bas du chemin, le curé et ses ouailles aussi, en procession, chants à la bouche, encensoir en main.

Madame de… retrouve la prison de Foix le 9 août. Il s’est écoulé une semaine depuis son arrestation. Peut-être son état de santé a-t-il empêché de la ramener par les mauvaises routes de la région ?

De nouveau, c’est un ballet de lettres. Madame de… embarrassait avant sa fuite. Elle embarrasse encore plus. D’autant que, à Paris, la folie de cette femme est remise en question : « …il semble qu’une femme qui ne veut faire aucune réponse aux interpellations qui lui sont adressées et qui, après avoir été détenue une première fois, a cherché et est parvenue à s’évader, a agi dans la circonstance avec une sorte d’intention réfléchie qui n’est pas le fait d’une insensée » … « ou ne serait pas plutôt le résultat d’une feinte ou d’une opiniâtreté dont il conviendrait surtout de découvrir le motif secret ».

Mais la prisonnière ne répond à aucune question. Tout juste, entre deux larmes, entend-on le mot « mari ». Ou Marie ?

Depuis plusieurs semaines maintenant, ne pouvant lui trouver une cellule, Madame de… est enfermée entre deux portes, dans une des tours de la prison de Foix. Mais la situation devient intenable. La femme maintenant hurle à s’en déchirer les poumons.

Le concierge, nommé Maury, est démis de ses fonctions. Il est remplacé par un nommé Bourthol, probablement après le 18 octobre.

Il faut du temps mais une solution se dessine. Madame de… va être internée à l’Hospice de Saint-Lizier, non comme folle, mais comme malade. La décision est prise le 21 octobre par le Préfet Dupont-Delport.

L’ordre tarde curieusement à être exécuté, contrairement aux quarante-huit heures habituelles.

Mais pour ne plus entendre les cris de la folle, une sinistre décision a été prise. Madame de… est descendue dans les oubliettes de la prison, glacées, insalubres et sans lumière.



Le concierge, Maury ? Bourthol ? lui laisse du pain et de l’eau. Quand ce dernier consent à redescendre renouveler ses provisions, il est trop tard. Madame de… n’est plus, emportant avec elle son secret.


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Acte de décès de Madame de... 29 octobre 1808 - Archives de l’Ariège


Bien des mystères demeurent, à commencer par celui de l’identité de la Madame de... et son étonnante survie dans le milieu hostile des montagnes de l’Ariège.

Pourquoi l’ordre de transfert n’a pas été exécuté dans les quarante-huit heures, comme il est de coutume ? Pourquoi le Préfet, Dupon-Delport, n’en a-t-il pas été informé ? Le 29 octobre, il écrit encore au Ministre de l’Intérieur qu’il a fait placer la femme dans un hospice en attendant qu’on lui trouve une place dans un dépôt de mendicité.

Et pourquoi le Emmanuel Cretet, Ministre de l’Intérieur écrit-il le 5 janvier 1809 à Fouché, Ministre de la Police, de trouver une solution ? Quels sont les crimes de Maury qui lui valent son renvoi ? Une lettre du Préfet au Magistrat de la Sûreté, Darnaud, fait état de négligences graves, comme d’avoir laissé échapper volontairement des prisonniers. Et les cris de Madame de... ? Le cachot ?

Il n'y a pas trace de l'inhumation. Aucune tombe non plus n'a jamais été retrouvée.



Le plus triste, c’est que personne, jamais, n’a songé à laisser à la vie qu’elle avait choisi cette femme qui ne demandait qu’à courir parmi les monts, nue et libre.



Mais l'histoire est-elle finie ? Je l'ignore. Certains textes, que je n'ai pas pu consulter pour le moment, affirmeraient, que vers 1810, en Espagne, derrière les Pyrénées, en face de Vicdessos, une femme aurait été aperçue, nue, blonde et sauvage, courant dans les monts.

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La vitesse de la lumière étant supérieure à celle du son, certains brillent en société... jusqu'à ce qu'ils l'ouvrent !


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Message Publié : 14 Jan 2017, 08:26 
Ami très impliqué
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Inscription : 02 Oct 2016, 08:31
Message(s) : 556
Arkayn a écrit :
Merci Roger.

Par contre, ce récit est 100 % authentique..

oui, je le sais. Ce que j'ai voulu dire en le comparant aux fictions des années soixante, c'est justement que l'on retrouvait le même réalisme et surtout le même naturel dans la description.


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