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Message Publié : 04 Mai 2017, 23:25 
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CHAPITRE 22

« Bonjour, Cathy… bonjour, tout le monde. Entrez… comme vous pouvez le voir, nous avons déjà commencé. Si vous vous sentez inconfortables ; je comprendrai… sentez-vous à l’aise de déposer vos enfants et de partir. Nous pourrons discuter plus en profondeur plus tard et, si vous le préfériez, ça pourrais se faire lors d’une rencontre parent – enseignant sans la présence des enfants où nous serions habillés.

Cathy Ackerman et un autre parent acceptèrent l’invitation ; les autres, mal-à-l’aise, laissèrent leurs enfants et se sauvèrent. Cathy se rendit à a cuisine pour saluer Beth ; Rose Adam resta pour parler avec Lisa.

« Hao Ling, chérie, vas donc te déshabiller et rejoindre les autres. Où pourrait-elle laisser son linge, Mlle Lisa ? »

« Pour le moment, ce serait dans la salle de bain… je démêlerai tout ça plus tard. »

Pas trente secondes plus tard, une belle petite fée asiatique nue courut vers l’arrière.

« Lisa… je suis venue te demander… te dire… bon, les deux, en fait. Je ne sais comment le dire… c’est vraiment difficile… »

« Aimerais-tu un café ou quelque chose ? Peut-être ça aiderait. »

« J’aimerais une tasse de thé vert, si tu l’a. »

« J’en suis certaine… attends-moi une seconde, je vais mettre l’eau à bouillir. »

Passé par la porte de cuisine, elle dit « Beth, je dois parler seule-à-seule avec Rose Adam. Pourrais-tu gardez tout le monde ici ? Oh, et pourrais-tu nous faire un pot de thé vert, s’il te plaît ? »

De retour au salon, elle dit à Rose qu’elle avait demandé de ne pas être dérangée. « Oh, et le thé devrait être prêt dans cinq minutes. »

Prenant un profond respire pour se calmer, Rose commença… « Mon mari et moi sommes marié il y a dix ans ; je venais d’avoir vingt-cinq ans. L’année suivante, j’ai trouvé une bosse. J’ai passé par tout le scénario, la chimio, la radiation, tout. Ça n’a pas marché. En dernier recours, j’ai choisi la chirurgie. Mon mari était incapable de l’accepter ; il ne m’a pas touché depuis ce jour… Nous en avons discuté, disputé ; des véritables batailles. Tu vois – j’aurais voulu des enfants, j’en voulais depuis que j’ai dix ans. À la fin, il a accepté d’adopter ; nous sommes allés en Chine ; cela a pris des pots-de-vin à la moitié du politburo mais quand nous sommes revenus, c’était avec Hao Ling. C’était mieux mais pas assez. Albert est parti pour de bon il y a deux ans. Il donne plus que sa part pour Hao Ling et me paie une pension aussi mais il ne peut plus me regarder. C’est ça qui fait mal. J’ai choisi de survivre mais le cout… le coût… »

« Hier, j’écoutais Vénéra. Je dois faire un choix… aujourd’hui je dois choisir de survivre pour Hao Ling, sinon mettre fin à mes jours. Alors, j’ai voulu te demander… puis-je me joindre à ton équipe ? M’accepterais-tu même si j’ai l’air de ceci ? » et elle déchira le devant de sa blouse, arrachant la moitié des boutons. Elle ne porta pas de soutien-gorge et son sein droit était au moins dix centimètres plus haut que la gauche avec une affreuse balafre à travers le milieu. Son mamelon de droit fut tellement déformé que Lisa doutait qu’il fut encore fonctionnel.

Sans y penser, Lisa se leva et s’avança vers Rose. Délicatement elle prit la blouse déchiquetée et la glissa de ses épaules. Une fois que Rose fut torse nue, elle l’a prise dans ses bras et la serra fort, peau contre peau. Rose commença à pleurer, des pleurs profonds, venant du fond du cœur. Beth rentra avec le pot de thé mais, dès qu’elle vit ce qui se passa, elle fit demi-tour et disparut de nouveau.

Elles restèrent ainsi pour un bon dix minutes. Lentement, les pleurs se subsidièrent et puis, avec un profond respire tremblant, Rose se détachait de Lisa. Lisa lui sourit. « Il y aura toujours une place pour toi mais pas comme t’as l’air maintenant… (Rose se retira… anxieuse). Tes pantalons sont affreux ; jette-moi ça à la poubelle. » Les deux femmes partirent à rire aux éclats. Après un tour rapide à la salle de bain pour retoucher son apparence (et de se débarrasser de ses pantalons offensants) Rose sortit avec un petit sourire timide.

« Viens… laisse-moi t’introduire au reste de l’équipe. » Prenant sa main, elle guida Rose vers la cuisine. Beth était assise le dos à la porte et Cathy, qui s’était aussi déshabillée entretemps, était assise face à elle, regardant Rose bouche bée. « Beth, Cathy… vous connaissez Rose, n’est-ce-pas ? Elle vient de se porter volontaire pour joindre l’équipe. » Beth se leva et, accueillant la difformité de Rose avec un coup d’œil rapide, prit Rose dans ses bras et la serra contre son ample poitrine. Cathy s’approcha à son tour et fit l’accolade aux deux femmes.

Après un moment, Lisa appela « Il y a t-il encore du thé ou l’avez-vous tout bu ? » Laissant tomber leur accolade, les femmes se secouèrent et devinrent de nouveau professionnel. Se versant une tasse pour elle et une tasse pour Rose, Lisa prit la direction de son équipe.

« Je suis consciente que nous n’avions pas eu le choix, vue l’urgence de la situation, mais nous ne sommes pas équipés ici pour s’occuper de vingt enfants. Ça va pour un moment et les enfants sont fantastiques mais que fait-on pour le dodo ? Que fait-on pour les journées pluvieuses ? Aujourd’hui est comme une fête d’anniversaire sans l’hyper-voltage dû aux surdoses de sucre. Je suis convaincue que la moitié des enfants tomberont endormis dans leurs assiettes ce midi mais nous ne pouvons pas continuer indéfiniment ainsi. Nous avons besoin de livres, de jouets, d’activités et je veux que les enfants apprennent des choses utiles. De toute façon, si nous resterions ici pour un temps, nous finirons par vider la maison et, quoique Meredith ne l’ait pas dit, je sais qu’elle ne peut pas se le payer. »

« J’apprécierais beaucoup que vous réfléchissiez là-dessus et aussi à faire impliquer les autres parents. Déménager vers ‘Sunny Acres’ sera magnifique si Vénéra réussit à le faire accepter mais ce ne sera pas assez. »



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Message Publié : 05 Mai 2017, 23:31 
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CHAPITRE 23

« Cathy et moi parlions de ça, justement, » répondit Beth. « C’est un peu comme la première journée d’école. Nous devons nous organiser. Nous aurions besoin d’une de ces listes que l’enseignante distribue lors de la première journée, qui explique les procédures, indique ce dont l’enfant aura besoin et de ce qu’elle attend des parents. Des choses comme ça… »

« Est-ce que je pourrais te demander de t’occuper de ça, Beth ? » lui demanda Lisa.

« D’accord… il y a-t-il un ordinateur et une imprimante que je puisse utiliser ? »

« Meredith a une imprimante mais j’aimerais que nous gardons cela sans papier. Allez-y par courriel, plutôt. Ce sera plus ‘vert’ et moins couteux. Tiens, prends mon portable ; le formulaire que j’ai utilisé lors de mes débuts au Centre du Village s’y trouve toujours… tu pourrais te servir de ça comme guide. »

« Je pensais que les enfants devraient apporter leurs propres dîners, collations et boissons. Nous aurons aussi besoin de dons de matériaux scolaires, comme des livres, du papier, des crayons de couleur et à mines et de la peinture. Peut-être même des serviettes et des couvertes. »

« Je suis d’accord… ce sont tous d’excellentes suggestions, Beth, » lui dit Lisa. Elle se rendit compte que Beth faisait partie de ce vingt pourcent qui accomplissaient quatre-vingt pourcent du travail ; elle fut heureuse que Beth fasse partie de l’équipe.

« À propos, » ajouta Cathy, « est-ce que je me trompe ou ai-je raison de croire que les autres parents nous aient jeté un coup d’œil dans notre tenue de peau et sont partis se cacher ? »

« Oui, nous devrons leur souligner que le plus vite qu’ils s’habitueront à la nudité collective, le mieux que cela sera, » mentionna Lisa. « Et qu’ils devraient être nu à la maison. »

« On fait ça comment ? » demanda Rose… « convoquer une autre rencontre ou autrement… ? »

« Je pense qu’un petit mémo ainsi qu’un rappel verbal lors de la mise à jour, ce soir, suffira, » décida Lisa. « Nous regarderons plus tard s’il y a lieu de tenir une autre rencontre de parents. »

« Bon, Rose, si tu emmènerais les enfants dehors et les surveillerais… ? » demanda Lisa.

Lisa s’inquiétait pour rien ; les enfants étaient tous nus et en train de jouer paisiblement dans la barboteuse de Marc ou avec ses jouets. Lisa et Rose les regardèrent aller pour un temps puis Lisa rentra de nouveau.

C’était Cathy qui travaillait à l’ordinateur. « Beth est sortit à l’épicerie chercher des choses pour aujourd’hui. Elle sera de retour dans quelques minutes. Entretemps, je suis à composer le mémo. » Elle avait quelques questions mais elle saisit rapidement ce que Lisa voulait et finit le document. Quelques minutes plus tard, Beth revint. Elle sortit plusieurs sacs pleins de son minivan.

« Bon ! Ceci va faire pour partir, » dit-elle, se déshabillant de nouveau. « Pour la plupart, c’est de la nourriture, du lait, des assiettes, de la lotion aseptisante, du papier de bricolage, des croyons feutre et quelques autre bricoles. »

« Incroyable… merveilleux, » dit Lisa, impressionnée.

Cathy proposa de rester la journée pour aider. Ensemble, elles arrivèrent à faire rouler rondement la première journée de la garderie chez Meredith. Lisa, comme patronne, assura le bon fonctionnement de l’entreprise.
Dans le milieu de l’après-midi, Vénéra vint faire un tour. « Je vois que tout le monde est déshabillée. Me permettez-vous de me débarrasser de mon linge également avant de me joindre à vous ? »

À son retour à la cuisine, le centre d’opérations des activités de la journée, elle rapporta « J’ai des nouvelles à propos de ‘Sunny Acres’. J’ai parlé avec les proprios, Diane et Guillaume Martin. Ils étaient très réceptifs à l’idée d’ouvrir un Centre de la petite enfance sur le site. »

« Fantastique. »

« Sunny Acres est ouvert à l’année longue mais est évidemment plus achalandé pendant l’été, » expliqua Vénéra.

« Ils acceptent de nous louer un bâtiment pour un prix forfaitaire de $50 par mois… en échange, les membres pourront bénéficier de la garderie sans frais supplémentaires. »

« Ça me semble juste, » commenta Beth.

« Ils ont deux bâtiments communautaires, » continua Vénéra. « Depuis qu’ils ont fabriqué la nouvelle, l’ancienne sert d’entrepôt. J’y ai jeté un coup d’œil. C’est plein de boites et de matériel. Tout compte fait, il y a deux grandes salles, une toilette unisexe et douche, ainsi qu’une cuisinette avec un lavabo, une vielle cuisinière dont je ne suis pas certaine de son état de fonctionnement et un réfrigérateur encore plus vieux, qui fonctionne, lui. »

« C’est merveilleux ! » cria Lisa et fit une accolade à Vénéra pour la remercier.


« Avant que vous devenez trop excitées, j’ai des photos, » dit Vénéra, sortant son cellulaire et faisant dérouler les images. « Ça va prendre au moins un jour pour tout dégager et de préparer l’endroit. »

« Nous sommes mieux de nous mettre à la tâche, mesdames, » dit Lisa doucement.

« À vos ordres, patron, » dit Beth.

« Nous avons aussi discuté finances, » continua Vénéra. « Après avoir envisagé quelques options, j’aimerais vous proposer l’une d’elles. Je propose que les parents deviennent membres non-résidents à taux réduite. Ainsi ils pourront bénéficier du centre pendant les fins de semaine et la balance servira à payer une partie de ton salaire et celui de ton assistante. Qu’en pensez-vous ? »

« Je trouve ça une excellente idée, » répondit Lisa. « Et vous, les filles… ? »

Beth, Cathy et Rose furent tous d’accord. Vue l’entente tacite, Lisa dit à Beth de produire un autre courriel, annonçant les dernières nouvelles et surtout de la tenue prochaine d’une journée corvée-nettoyage à Sunny Acres.

Les parents arrivèrent un par un à mesure que l’après-midi s’acheva. Lisa et les autres firent par exprès de les accueillir nu à la porte et d’insister qu’ils entrent pour recevoir les nouvelles de la journée. Elles n’exigèrent pas que les parents se déshabillent mais elles ne les laissèrent pas simplement récolter leurs enfants et de repartir, non plus. Chaque parent fut invité à s’assoir au salon pour être informé des avantages de Sunny Acres et de l’importance de participer pleinement à l’éducation naturiste de leurs enfants.



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Message Publié : 07 Mai 2017, 02:51 
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CHAPITRE 24

Meredith rentra sur les entre-faits. Remarquant que plusieurs hésitaient encore malgré leurs vœux pieux, plutôt que de se retirer vers sa chambre pour se déshabiller, elle décida d’en faire un spectacle et envoya ses vêtements par tout bord, tout côté en plein milieu du salon devant tout le groupe.

« Dieux ! Quel soulagement ! » cria-t-elle. « Mon soutien-gorge m’a énervé toute la journée. Est-ce que quelqu’un veut un thé avant de partir-?-»

Lisa rentra de la cuisine. « Oh, Meredith… je suis contente que tu sois arrivée. Vénéra a des bonnes nouvelles… Sunny Acres est disposé que nous installerions un centre de la petite enfance naturiste chez eux ; ils nous offrent un endroit à presqu’aucun coût et accepteraient même d’accueillir les parents à taux réduite les fins de semaine. N’est-ce pas merveilleux ? »

Plusieurs parents, voyant Meredith, Lisa et son équipe, toutes vraisemblablement à l’aise avec leur nudité, commencèrent à penser qu’être nu ne serait peut-être pas si moche que ça. Au moins trois couples discutèrent ouvertement de se déshabiller à l’arrivée tandis que deux autres couples semblèrent y réfléchir sérieusement.

Le souper ce soir-là chez Meredith fut très mouvementé ; Beth, Cathy, Rose et leurs enfants avaient resté car il y avait encore beaucoup à discuter avant d’être prêts au grand déménagement. Harold rentra en plein dans ce chaos. Il hésita peut-être cinq secondes devant toute cette nudité puis avança comme si rien n’en était plus normal. Même Lisa fut incertaine s’il avait hésité à cause de la nudité ou à cause de la foule. Meredith introduisit tout le monde.

« Mesdames… puisque nous tentons d’être tous ouverts, permettez-moi de vous introduire le père de Marc, Harold Pettigrew. Avant que vous sautiez à des conclusions erronées, j’aimerai ajouter qu’Harold n’est ni mon mari, ni mon amant et qu’il ne l’a jamais été. Marc fut conçu par insémination artificielle. Pour celles qui ne le savent pas déjà, Harold représente Lisa lors de son procès. »

« Harold… ces dames sont quelques unes des parents des enfants de Lisa et le comité central en faveur de saboter les politiques gestionnaires hautaines de la commission scolaire… Rose, Beth et Cathy. »

« Mesdames… »

« Lisa, je t’importunerai pas pour longtemps… Je suis juste venu pour te dire deux choses ; primo, n’oublie pas que nous avons un rendez-vous au tribunal demain matin à dix heures… »

« Oh, merde…! J’avais tout oublié. Ça prendra-t-il longtemps… ? Nous avons des choses à faire. »

« Non, je ne le crois pas… Nous aurons à nous lever devant le juge et de dire ‘Non coupable’. Le juge établira une date d’audience et c’est tout. Si tout va bien, nous serons de retour pour le dîner. »

« Bon… je sais que c’est important, et tout, mais ce procès est tellement loin dans mes priorités en ce moment que j’ai de la misère à lui accorder l’attention dont il a besoin. C’est quoi la deuxième chose ? »

« Ah, oui… j’avais presqu’oublié… le voyeur ; la police a obtenu un mandat de perquisition et a fouillé sa maison… il avait au-delà de dix milles photos d’enfants nus sur son disque dur… Au bas mot, il est bon pour vingt ans, sinon plus. »

« Bien, ÇA, c’est une bonne nouvelle ! J’espère qu’il pourrit… »

« Lisa ! » cria Meredith. « Je ne te croyais pas comme ça. »

« T’es pas d’accord ? »

« Évidemment ! C’est que je t’avais prise pour une petite innocente sans rancune. »

« J’imagine que c’est ma maman lionne qui se montre. » Tournant vers Harold, elle demanda « As-tu soupé, Harold ? Aimerais-tu rester pour manger un peu ? »

« Non, je dois partir… Je viendrai te chercher pour neuf heures. Au revoir… Bonne nuit, Mesdames… »

« Quand Harold était parti, Beth commenta… « Mon doux ! Quelle pièce d’homme ! Si je n’étais pas déjà mariée et heureuse en ménage, je me collerais à lui dans un instant, de préférence APRÈS je lui aurais arraché tout morceau de linge qu’il avait sur le dos ! » Rose et Cathy rient et Lisa sourit, plus que gênée.

-0-0-


Ils arrivèrent au palais de justice pour dix heures moins vingt. Sur les marches devant la bâtisse, il y avait au moins vingt, trente personnes, la plupart avec des pancartes faite maison disant des choses comme ‘Pervers’, ‘Honte’ ou encore un démon entouré de flammes. Des équipes de nouvelles s’y trouvèrent également, soit avec le logo d’un poste local, soit avec le logo des chaînes nationales sur l’équipement. Dès que Lisa et Harold furent reconnus, la foule s’est avancée, les cris devinrent étourdissants et Lisa et Harold ont eus des micros poussés dans la figure ; cela a pris pas mal de tiraillage (ainsi que quelques coups de genoux bien placés) pour réussir à pénétrer la bâtisse.

Ils arrivèrent à la salle d’audience qu’avec des minutes d’avance. La salle fut comble. Enfin, à onze heures dix, c’était leur tour. Le juge avait l’air de s’ennuyer et, en même temps, d’avoir hâte d’en finir. Harold devina qu’il avait un rendez-vous important avec une balle de golf tôt dans l’après-midi.

« Dossier 6730657 ; la Couronne contre Lisa Cummings – la défenderesse est-elle présente ? »

Harold et Lisa se levèrent. « Oui, votre Honneur. »

« Vous plaidez comment ? » Le juge s’en foutait.

“Non coupable, votre Honneur. »

“Le procès aura lieu le… quinze novembre prochain, à dix heures. Dossier suivant… »

-0-0-


Ce soir-là, après que son équipe ait rentré pour la nuit, Catherine est venue faire un tour.

« Je pensais que t’aimerais savoir les dernières nouvelles… Depuis que tes parents ont vidé le Centre du Village la semaine dernière, il n’y a eu aucune demande d’admission. Je crois que tout le monde pense qu’il y a un mauvais sort sur l’endroit. Quoique la photo du pervers était tapissé sur la une du journal aujourd’hui ; j’imagine que cela n’a pas aidé. La dernière rumeur veut que la Commission mette le bâtiment à vendre. »

« Et toi… ? »

« Je commence à Marie Curie demain ; deuxième année. »

« Merveilleux ! Je suis vraiment contente pour toi. »




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Message Publié : 08 Mai 2017, 06:37 
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CHAPITRE 25

Le reste de la semaine passa sans trop d’accrocs. De plus en plus de parents acceptèrent de se mettre à nu pour déposer et surtout pour aller chercher de l’enfant.

Samedi matin, malgré la fin de semaine, Meredith et Lisa se levèrent encore plus tôt ; elles allèrent visiter Sunny Acres avec Vénéra. Harold, entretemps, allait prendre Marc et l’amener au Jardin Zoologique/Parc Aquatique. Pour l’occasion, Meredith avait arrêté acheter un maillot de bain pour lui la veille.

Harold arriva un peu avant sept heures. Après avoir réveillé Marc et l’avoir envoyé avec son petit baluchon (les deux allèrent déjeuner en chemin car ils avaient quelques cinquante kilomètres à parcourir), elles prirent un moment de repos avant l’arrivée de Vénéra.

« Et puis, as-tu hâte de voir ta nouvelle école ? » demanda-t-elle par-dessus une tasse de thé vert.

« Oui… ça prendra peut-être pas mal d’huile de coude pour l’installer comme il faut mais, à la fin, je crois que ce sera mieux pour les enfants de se retrouver dans la nature. »

« Je suis convaincue que t’as raison… cela leur accordera des repères plus normales. » Meredith regarda l’heure. « Nous devrions peut-être enfiler quelque chose pour le parcours. »

« C’est vrai, j’allais oublier » dit Lisa. « Tu sais, à part le tribunal mardi dernier, ce sera la première fois depuis dimanche que je me serais habillée… »

« Le temps passe vite quand on est nue, n’est-ce pas ? » ricana Meredith.

Elles s’habillèrent rapidement et étaient fin prêts quand Vénéra cogna à la porte. Les 60 kilomètres paraissaient interminables, tellement Lisa avait hâte d’arriver. Le paysage urbain s’estompa graduellement pour des fermes et puis, pour des boisés de plus en plus denses. Après avoir virées vers des routes de plus en plus étroites et campagnardes, elles arrivèrent à une allée discrète avec une affiche en bois vernis de six mètres carrés annonçant à qui voudrait l’emplacement de Sunny Acres.

Elles prirent l’allée et Lisa retint son respire ; aussitôt dépassé l’écran d’arbres qui cacha l’endroit des regards de la route, elle vit des champs parsemés d’arbres matures, des tables de pique-nique sur une pelouse taillée, un terrain de jeu et un lac avec une plage et, plus loin, des filets de ballon-volant. Passé l’aire de stationnement et les bâtiments d’accueil, elle vit, sur un côté des petites cabines bien entretenues et l’autre, des emplacements pour caravanes, camping-cars et tentes-roulottes. Dans la distance, il y avait des champs ombragés pour tentes. Il était encore tôt mais déjà, il y avait de l’activité. Ici et là, des adultes préparaient le déjeuner sur des cuisinières portables, tandis que des enfants couraient et des ados se promenaient en gang. Tous étaient nus.

Elles arrêtèrent près d’une bâtisse brillante de fraîcheur. « Voici le nouveau hall communautaire… Guy et Diane devraient être à l’intérieur. » Elles entrèrent. À gauche, il y avait un comptoir d’accueil et, derrière, un bureau. À droite, quelques étagères avec des jouets de plage, des lotions solaires et quelques articles divers portant le logo de Sunny Acres. Au fond, contre le mur, quelques machines distributrices pour des boissons, des glaces et des collations. Tout-à-fait banale, sauf le fait que la dame au comptoir et l’homme assis au bureau furent totalement nus.

La dame, les voyant entrer, fit le tour du comptoir et accueillit Vénéra avec un bec sur chaque joue. « Vénéra… quelle joie de te revoir. » Vénéra fit les introductions. L’homme, Guy Martin et son épouse, Diane, étaient les propriétaires du centre. Leurs sourires, plus que rien d’autre, indiqua à Lisa qu’ils furent très fiers de leur installation.

Di expliqua la philosophie de l’endroit. « Ici, nous exigeons la nudité intégrale partout dès que la température le permet. Nous avons visités des endroits dites ‘nudité facultative’ et nous avons trouvé que, mise à part la piscine, ces endroits deviennent tôt ou tard, tout aussi textile qu’un camping ordinaire. Ce n’est pas ça que nous voulons. Je vais vous donner quelques brochures décrivant le naturisme en général, notre camping, nos règles et notre philosophie. À l’autre côté de cette porte vous trouverez une salle d’habillage avec des casiers à cadenas. Dès que vous serez déshabillées, Guy vous amènera visiter les lieux et la bâtisse pour votre école… Je suis tellement contente que vous ayez acceptés de vous installer ici. Je trouve ça écœurant ce qui t’arrive, Lisa. J’espère vraiment que tu te sentiras chez toi ici. »

Elles sortirent de la salle d’habillage qu’avec des serviettes et leurs sandales. Guy les escortaient vers un petit chariot de golf à quatre places.

« Permets-moi de commencer par vous dire à quel point cela me fait plaisir que vous vous installez ici, » dit Guy avec un grand sourire. « Ce sont mes parents qui ont bâtis l’endroit. Ma mère est née en Europe et a toujours été naturiste. Elle a rencontré mon père lors de sa première visite à un centre semblable à celle-ci en Europe. Éventuellement, ils se sont mariés et se sont installés ici. Ils furent chanceux en affaires et ont pu acheter cet endroit pour presque rien. À l’époque, il n’y avait rien. Ce bâtiment fut le premier qu’ils construisirent. Mes parents, mes sœurs et les amis de mes parents ont passés beaucoup de bons moments à cet endroit. Eux, et leurs enfants maintenant adultes sont encore membres ici. Jadis, j’étais pilote d’aéronefs pour un transporteur international et, même si j’adorais ce travail, l’endroit m’appela toujours au bercail. Un jour, je leur ai fait une offre d’achat. Maintenant, ce sont mes filles, mes nièces et mes neveux qui prennent tranquillement la relève… et nous sommes tous convaincus que l’établissement d’une école augure bien pour le futur. »

La vieille salle communautaire, dont l’âge était évident, fut solidement construite et encore saine. À l’intérieur, c’était poussiéreux, tapissé de fils d’araignées et était chargée de piles de boites et d’objets divers. Guy fut visiter la bâtisse au complet qui, en plus des deux salles mentionnées, incluait également une version restreinte de la salle d’habillage de la nouvelle salle communautaire.

« Comme vous pouvez le constater, nous n’avons pas été très soigneux de la façon que nous avons entreposé notre matériel, » dit Guy, gêné. « Toutefois, je crois bien que vous arriverez à tout tasser dans l’une des salles et de prendre l’autre pour votre garderie. »

Elles remercièrent tous Guy, qui promit de guider les autres parents vers l’endroit dès qu’ils arrivèrent.

Pendant que Lisa et Meredith entreprirent à déplacer les premières boites, Vénéra est allé chercher sa voiture qui était chargé de balais, de sacs à vidange et toute une panoplie d’autres produits nettoyants. Pendant une heure, les autres parents arrivèrent… Beth et Joe, Rose, Cathy ainsi que tous les autres sauf un couple qui avait promis d’être là le lendemain ; tous nus, tous fortement occupé pour la cause commune. À la fin de cette première journée, les piles furent rangées et la salle de classe, la toilette et les douches furent propres. Les parents, par contre, étaient sales partout ; la plupart furent bariolés de traces de boue mélangé à la sueur et plusieurs avaient des toiles d’araignées prises dans les cheveux. Meredith sortit quelques pains de savon du coffre de la voiture et proposa qu’ils baptisent la nouvelle école en prenant une douche tous ensemble et d’aller se baigner dans le lac. La suggestion fut rondement appuyée.



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Message Publié : 08 Mai 2017, 23:46 
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CHAPITRE 26

Le lendemain, dimanche, Beth et Joe apportèrent quelques meubles pour enfants, des classeurs et des chaises et tables. Cathy et son chum emmenèrent une vieille carpette et un tableau blanc de son cabinet de travail. Le couple qui était absent la veille apportèrent trois ensembles de lits superposés. Vénéra s’occupa de remplir le réfrigérateur. (Elle avait confirmé la veille que la cuisinière fonctionnait aussi.) Pendant la semaine suivante, tandis que Beth et Lisa continuaient à faire fonctionner la garderie chez Meredith, Rose et un autre parent qui avait pris congé pour l’occasion, finirent d’installer l’école.

Tout au long du mois suivant, la vieille salle communautaire reçut tout un nouvel élan, une nouvelle vie avec son rôle de centre de la petite enfance. Guy et Diane ont fait fabriquer un enseigne en bois semblable à celle à l’entrée du centre, proclamant fièrement ‘L’École Sunny Acres’. Lisa reçut dix nouveaux enfants allant de quatre à sept ans, résidents du centre, au-delà de son ancien groupe. À cause du nombre accru d’enfants, Lisa et Rose y étaient à temps complet, chaque jour tandis les parents prenaient leur tour comme bénévoles quoique Beth y était beaucoup plus souvent qu’à son tour. La distance à parcourir chaque matin et chaque soir étant ce qu’elle l’était, les parents se sont organisé un réseau de covoiturage pour transporter les enfants. La nudité générale devint tellement banale que plus personne y prêta attention. Le temps passa ; Halloween au Centre fut un festival de peinture corporel et des concours de sculpture de citrouilles.

-0-0-


Silence dans le tribunal ! Dossier 6730657; L'état contre Lisa Cummings – La présidente ; Mme la Juge Margaret Thatcher. Débout, s’il vous plaît.-»

La juge fut une dame sévère mais encore jeune… ils avaient choisit un procès avec juge plutôt que juge et juré car, selon Harold, le déroulement dépendrait beaucoup plus d’une analyse approfondie des précédents qu’un spectacle si populaire aux programmes de télé. Ainsi, Harold pourrait éviter de faire le bouffon ; il se savait bon avocat mais puisqu’il était encore à ses débuts, il était encore incertain de ses talents comme comédien. Ils avaient passés les deux dernières semaines à répéter, pour Lisa contre son gré, car elle détestait être écartée de sa classe. Harold avait même accédé à son insistance d’être séparée le moins possible et tint plus que la moitié des répétions à Sunny Acres. Malgré cela, il était quand même anxieux puisqu’il n’avait pas pu fouiller le passé de la juge assez bien pour avoir une idée claire de ses penchants. Elle venait d’être nommée et la plupart de ses procès en tant qu’avocate furent dans le domaine de la loi familiale. L’aspect positif de la chose fut que, dans tous ses dossiers, elle s’était toujours acharnée en faveur du bien-être de l’enfant.


Harold fut soulagé aussi du fait que ce n’était pas le procureur général, Clyde Brooker, un vieux radoteur sans principes qui allait représenter l'état mais plutôt un de ses adjoints, Greg Fournier, un jeune avocat ambitieux, connu pour son expertise légale et comportement équilibré au tribunal.

« Assoyez-vous. »

“Me Fournier, Me Pettigrew… sommes nous prêts ? »

« Oui, Madame. »

« Dans se cas, Me Fournier, si vous voudriez bien commencer… »

-0-0-


« Voila ce qui en est pour l'état, Madame. »

Comme Harold s’y était attendu, les preuves de Fournier s’appuyèrent fortement sur le point de vue de plusieurs éminents ministres du culte conservateurs qui, à leur tour, citaient la Bible, verset après verset, condamnant la nudité en générale et surtout condamnant la nudité en tant que précurseur de la fornication et du péché. Fournier avait appelé Eugène Crenshaw à la barre pour témoigner du déroulement de la rencontre des parents et comme preuve à l’appui, avait même déposé des photos des enfants nus prélevées du reportage aux nouvelles.

Lors du contre-interrogatoire, Harold balaya les photos comme étant sans importance. Oui, les enfants étaient nus… et puis ? Son coup de grâce a été de réduire à néant le plus important témoin à charge ; le plus connu et le plus conservateur des ministres du culte…

Dr. Berkeley… selon vous, quel âge ont ces enfants ? »

« Je ne sais pas vraiment… si je me permettrais de deviner, je dirai quatre, ou cinq… »

« Vous avez écrit plusieurs excellents livres sur le sujet du sexe et la Bible, n’est-ce pas ? »

« Oui, c’est vrai… merci. »

« Pourriez-vous nous dire si ces livres sont destinés pour un lecteur d’un âge particulier, Docteur ? »

« Douze ans, treize ans… au début de la période de la puberté. »

« Pourquoi ? »

“C’est surtout à cet âge qu’il est important de suivre les paroles de Dieu à propos d’un comportement adéquat, afin d’éviter le péché et la débauche. »

« Alors, pourquoi êtes-vous si offusqué par un groupe d’enfants de quatre ans qui se promènent les fesses à l’air ? Faites-vous des soucis à propos de leur bien-être spirituel, ou est-ce plutôt la vôtre, à penser à tous ces enfants nus… ? Non, ce n’est pas nécessaire de répondre… Je n’ai pas d’autres questions pour ce témoin, Madame la Juge. »

-0-0-


Le lendemain matin, Harold appela Lisa comme son premier témoin. Elle lui demanda de décrire cette première journée quand les enfants avaient commencé à se déshabiller et de la façon qu’elle avait intervenue.

« Vous dites toujours, ‘l’enfant’ et ‘son parent’ ; pourquoi ? »

« Parce que l’enfant est mineur ; je ne vois aucune raison pour l’identifier pour le monde en général. »

« Et si nous vous demandions, sous serment, de le nommer ? »

« J’écrirais son nom sur un bout de papier que je présenterais au juge ; je refuse de le ou la nommer dans un tribunal ouvert. »

Lors du contre-interrogatoire, Fournier a tenté de faire Lisa avouer que c’était elle qui avait initié le déshabillage mais Lisa continua de affirmer calmement qu’elle n’ait que laisser les enfants libre cours afin de ne pas confronter l’autorité parentale.

Le témoin suivant, Catherine, décrit les événements autour de l’achat et de l’installation des barboteuses et comment, lors de son arrestation, le principal souci de Lisa fut le bien-être de ‘ses’ enfants.

Après le dîner, Harold appela Jérémy à la barre. Il avait tenu de longues discussions avec Lisa, Beth et Joe et avec Vénéra avant le procès pour évaluer les pours et les contres d’une telle action avant qu’ils aient finalement accepté la nécessité.

« Jérémy, sais-tu pourquoi nous sommes ici ? »

« Vous allez décider si Mlle Lisa pourra encore être notre enseignante. »

« Aime-tu Mlle Lisa ? »

« Oh, oui. »

« Pourquoi ? »

« Elle raconte des belles histoires et nous laisse jouer dehors. »

Aime-tu jouer dehors ? »

« Oh, oui. Nous allons se baigner et nous construisons des châteaux dans le sable. »

« Êtes-vous habillés quand vous jouez dehors ? »

« Avant nous portons du linge mais quand c’était chaud, nous y allons tout nu. Mlle Catherine nous faisait mettre du linge même quand il faisait chaud mais j’aimais pas ça. »

« Pourquoi ? »

« Parce qu’ils étaient tout dégueux, surtout quand il fallait le mettre après le dodo. »

« Sais-tu qui a eu l’idée d’aller dehors tout nu ? »

« Non. »

« Est-ce que c’était Mlle Lisa ? »

« Non… c’était drôle… à notre vieille école, elle courait toujours après notre linge ; quelques uns des autres enfants ne mettaient pas toujours leur linge dans leur armoire mais moi, je le faisais toujours. »

« Et maintenant, ou vas-tu à l’école, Jérémy ? »

« Je connais pas le nom ; Papa ou Maman doivent conduire longtemps pour y aller. »

« Est-ce que tu aimes ça, là-bas, Jérémy ? »

« Oh, oui… il y a un lac, une plage et un module à grimper. Nous pouvons même aller sur des bateaux et tout. »

« Êtes-vous tout nus, là-bas, Jérémy ? »

« Oui, tout le monde est tout nu, même Papa, Maman et Mlle Lisa.

« Madame la Juge, la défense aimerait stipuler à ce moment-ci que les parents, ayant appris que tant et aussi longtemps que l’innocence de la défenderesse ne soit confirmée, elle serait interdit d’approcher les enfants, ont d’un commun accord retiré les enfants du Centre de la Petite Enfance du Village et ont loué un local au Centre Naturiste Sunny Acres à Williamsdale, afin qu’elle puisse continuer à enseigner aux enfants et de permettre qu’ils puissent continuer à jouer sans vêtements. »

Fournier ne posa aucune question en contre-interrogatoire, devinant peut-être que toute question ne ferait qu’empirer sa situation.

Le lendemain suivant, Harold convoqua son dernier témoin, Vénéra. Plutôt de lui interroger directement, il lui demanda de présenter à la cour sa présentation PowerPoint lors de la deuxième rencontre des parents chez Meredith. Fournier lui posa quelques questions pour valider sa recherche mais c’était tout ; durant l’après-midi, les deux avocats présentèrent leurs arguments finals et ce fut terminé. Rien ne restait que d’attendre l’évaluation du juge.



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Message Publié : 10 Mai 2017, 00:08 
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CHAPITRE 27

Lisa se sentais s’épanouir comme directrice du CPE de Sunny Acres. Les enfants furent des anges (quand même…) Ils étaient maintenant tous à lire au niveau de la première année ou mieux encore. Les parents, voyant cela, furent complètement en accord avec ses méthodes pédagogiques ; selon ses directives, en accord avec les recommandations de Vénéra, ils avaient tous adoptés des comportements naturistes à la maison. Les parents avec des enfants plus vieux notèrent que ceux-ci commencèrent également à démontrer des progrès au-delà des normes habituelles. Lors des rencontres journalières au moment d’aller chercher leurs enfants, ces parents demandèrent Lisa d’étudier la possibilité de prolonger la formation de l’école afin que leurs enfants plus vieux puissent également participer nu. Dans ses rêves les plus farfelus, Lisa commença à envisager une école k-8 (de la maternelle jusqu’à l’école secondaire) naturiste.

Le hic était évidemment la décision du juge dans le procès de Lisa. Meredith, Beth et Rose firent tout pour distraire Lisa le mieux qu’elles le pouvaient. Lisa et Catherine, malgré leurs emplois du temps extrêmement chargés, continuèrent à s’échanger courriels et textos quand elles le pouvaient.

Lisa passa tous ses temps libres chez Meredith, au point de déménager ses quelques affaires personnelles et de libérer son appartement. Sa nudité fut tellement acquise qu’elle déplora la nécessité de se rhabiller pour le va-et-vient entre l’école et la maison de Meredith.

« J’imagine que tu as hâte d’avoir quelques jours de congé, » dit Meredith qui naviguait sur le web avec son ordinateur.

« Oui, cela fera du bien de pouvoir respirer un peu pendant la longue fin de semaine, » dit-elle sans arrière pensée.

« As-tu des idées de ce que tu aimerais faire ? »

« Non, rien, » dit-elle, morose puis… « C’est quoi que tu regardes ? »

« Oh, un site de destinations-vacances… »

Lisa regarda l’écran par-dessus l’épaule de Meredith. « C’est où, ça ? Ça a l’air magnifique. »

« C’est la plage de Haulover, en Floride, » expliqua Meredith. C’est une des plus grosses plages nudistes aux États-Unis. »

« Fantastique. Ça coûte combien ? »

« Coûte… ? Rien, » dit Meredith. « C’est gratuit. Tout que ça coûte est le déplacement vers Miami et le retour. »

À la mention du nom ‘Miami’, cela piqua son intérêt. Catherine lui parlait qu’elle aurait aimé descendre là-bas pour le congé. « Peut-être… » pensait-elle.

Elle prit son cellulaire et envoya Catherine un texto…


CHAPITRE 28

    « Encore interSC @Miami /4 jrs ? »

    « O!!! »

    « Ns o-si »

Ça n’a pas pris plus que trente secondes pour son cellulaire de sonner.

« Répètes-ça en français ! »

« Ce que j’ai dit est que Meredith, Marc et moi-même pensions aller à Miami Beach pour la longue fin de semaine. Nous sommes à regarder un site de réservation d’hôtel sur le web ; il vient d’avoir une annulation de dernière minute… une chambre avec deux lits doubles dans un hôtel trois-étoiles sur la voie navigable intérieure à $550/personne pour trois nuits – jeudi soir à dimanche. »

« Lisa, serais-tu contre partager un lit avec Meredith ? »

« Après tout ce que nous avons vécues ensemble… je ne crois pas, non. Pourquoi ? »

« Prends la chambre… maintenant, avant qu’elle disparaisse… Vas-y ! »

« Catherine dit de prendre la chambre… Non, je parlais à Meredith… Bon, c’est fait. Maintenant, dit-moi pourquoi c’était si pressant ? »

“Bill et moi essayons de réserver une chambre à Miami depuis un mois… tout était pris. Écoute… je suis désolée si je donne l’impression de m’imposer mais j’étais désespérée ; si toi et Meredith pouvaient prendre un lit, Bill et moi prendrions la deuxième. Je payerai même la plupart des frais pour la chambre ; nous étions prêts à aller jusqu’à $1000 chaque pour une chambre. Il me ferai plaisir de mettre ça dans le pot pour vous remercier de l’avoir trouvé. Marc ne sera pas un problème ; les hôtels ont toujours des lits d’appoint pour que les enfants puissent dormir dans la chambre des parents. »

« Catherine… il y a juste un petit détail de rien du tout que tu sembles avoir oublié… nous dormons nus… »

« … Ouais… bien, ÇA, ça va ajouter du piquant à la chose… Tant pis… ce qui est fait, est fait. Je n’ai certainement pas l’intention de vous demander d’annuler la réservation. Pendant que vous êtes en ligne, pourriez-vous rechercher un vol, aussi ? Prenez cinq sièges, n’importe quelle heure, partant de n’importe quel aéroport tant qu’ils nous mènent à Miami... Je vous les rembourserai. Et n’inquiétez-vous pas de Bill… je m’en occupe. »

« Oh, je ne suis pas inquiète… cela ne me dérangera pas, à MOI, si Bill me voit nue, » ria Lisa.

« Non… j’imagine que non. Bon… je te laisse… Je dois commencer à préparer Bill… Laisse-moi savoir combien je vous dois pour les billets d’avion et je vous ferai un cheque pour ce montant plus les deux milles. À plus… »

-0-0-


Elles se sont entendues pour se rencontrer le comptoir d’US Airways à six heures trente à O’hare. Après que Catherine ait introduit Bill aux autres et elles avaient confirmé leurs sièges et enregistré leurs bagages, elles se dirigèrent vers la vérification de la sécurité nationale. Meredith fut la première… elle déposa sa bourse et ses sandales dans le panier et s’approcha du détecteur de métal puis, arrêta tout-à-coup. Ce n’était plus un détecteur de métal ordinaire.

Elle tourna vers l’agent et… « Je refuse de passer par là… je préfère encore me déshabiller ! Toi aussi, Marc, déshabilles-toi… ces machines-là sont dangereuses ! et déboutonnait sa blouse. L’agent bafoué zyeutait les seins nus de Meredith avant qu’il réalisa ce qui se passait et réagit. « Non, s’il vous plaît, Madame… ça ne sera pas nécessaire… Nous passerons la baguette. »

Meredith laissa sa blouse grande ouverte pendant qu’elle écarta ses bras pour la baguette et lorsque le pauvre agent désarçonné se pencha pour vérifier ses jambes, elle lança un clin d’œil affecté à Lisa. Après que les cinq furent passés à la baguette et qu’ils descendirent l’allée vers les restos, Meredith admit en riant qu’elle ait toujours eu le goût de faire ce coup-là dès qu’elle avait entendu parler de ces machines à Rayons-X infernales.

-0-0-


Quand ils furent enfin arrivés à leur hôtel, il était trop tard pour descendre à la plage donc Lisa et Meredith décidèrent d’emmener Marc souper au Denny’s avant de se coucher. Catherine et Bill suivirent les autres pour le souper mais avaient plutôt le gout de se promener le long de Collins avant de se coucher à leur tour. Quand ils arrivèrent à l’hôtel, ils furent accueillis par une chambre sombre et qu’une faible lumière dans la salle de bain. Ils avaient installé le lit pliant de Marc entre la fenêtre et le premier lit. Ils pouvaient à peine déchiffrer les vagues formes de Lisa et de Meredith. Essayant de ne pas faire de bruit, ils entrèrent la salle de bain et fermèrent la porte. Bill s’est déshabillé jusqu’à ses boxers tandis que Lisa s’est déshabillée complètement et, après avoir prise une pause pour le coller sur toute sa longueur et de lui donner un baiser langoureux, elle enfila le tee-shirt qu’elle utilisa comme chemise de nuit. Ils fermèrent la lumière, ouvrirent doucement la porte de nouveau et se sont installés dans le deuxième lit.

Bill fut réveillé par un brillant rayon de soleil qui lui éclairait directement le visage ; Lisa avait ouvert grand les rideaux et était debout, nue, devant la porte ouverte du balcon. Pendant qu’il la zyeutait, le menton traînant jusqu’à par terre, Marc et Meredith rentrèrent de la salle de bain, nus également.

« Bonjour, » lui dit Meredith.

« Bonjour, M. Bill, » lui dit Marc.

« Ferme ta bouche avant de trébucher sur ta langue en sortant du lit, » lui dit Catherine.

Quand il ait réussit à reprendre ses esprits, il dit « Quand tu m’as dit que nous allions partager une chambre, Bébé, je ne pensais pas me réveiller dans une scène du film ‘Sirènes. »

« Bien, j’avais pensé à t’avertir mais j’ai trouvé que ça serait plus amusant à te voir ramasser ton menton du plancher. »

« Je veux aller me baigner, » dit Marc.

« Nous y allons, chéri, aussitôt que nous aurons déjeuné. »

« Excellente idée ! » dit Catherine. « Je vais sortir mon deux-pièces. »

« Oh, nous n’avons pas apporté de maillots, » dit Lisa. « En fait, je ne suis même pas certaine que Meredith en a une… Nous allons à la plage de Haulover… c’est un voyage de dix minutes en bus le long de Collins. Haulover est une plage à maillots facultatifs. »

« Tu veux dire que nous pourrions même se baigner nu ? Merveilleux… j’ai toujours voulu faire ça au moins une fois dans ma vie… »

« Mais… mais… » dit Bill.



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Message Publié : 10 Mai 2017, 23:31 
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CHAPITRE 29

« Bill, relax, » dit Catherine. « Lisa vient de dire que les maillots sont facultatifs à Haulover. Ça veut dire que tu peux garder le tien ; t’es pas obligé d’être nu si tu ne le veux pas. »

Bill acquiesça et se retira à la salle de bain pour enfiler son maillot et tee-shirt.

« Tiens, chéri, » dit Meredith à Marc. « En attendant le déjeuner, je t’ai apporté des barres tendres fait maison. En veux-tu une ? »

Tandis qu’elle en passa une à Marc, elle demanda « Toi, Lisa, en veux-tu une ? Catherine… ? »

Les trois s’installèrent, toujours nus, dans les sièges sur le balcon tandis que Catherine restait dans le cadre de la porte. Bill, en sortant de la salle de bain, s’assit sur le bord du lit, tenant la tête des deux mains.

Quand ils eurent fini, ils rentrèrent pour s’habiller ; Marc en shorts et un tee-shirt, Meredith en shorts blancs et une courte blouse vaporeuse qui laissa entrevoir ses seins et Lisa, en paréo qu’elle croisa sous une aisselle et noua au-dessus de l’épaule. Catherine, se sentant osée, enfila son bas de bikini et puis retira son tee-shirt devant tout le monde pour enfiler sa brassière. Elle couvrit le tout avec un paréo vaporeux. Des cinq, ce fut elle qui avait l’air la plus provocatrice.

« Bon, selon les infos sur le net, nous prenons la 120 devant l’hôtel en direction de la Marina d’Haulover et nous y sommes. »

« Incroyable… une plage en plein milieu de la ville où nous pouvons nous faire bronzer à poil, » dit Lisa, émerveillée.

« En plus, nous pouvons y rendre en transport en commun… on ne peut souhaiter plus ‘vert’, ajouta Meredith. »

Catherine, en générale, pas trop écolo quand il s’agissait de son confort, fut entièrement d’accord. L’autobus, après une dizaine d’arrêts, les déposèrent au rond-point et ils marchèrent vers la plage tout à-côté. Il était encore tôt mais l’accumulation de chaleur de la veille faisait qu’il fut déjà chaud.

Puisqu’il était encore de bonne heure, il n’y avait pas encore grand monde ; plusieurs hommes seuls, ici et la, une femme ou un groupe serré et plusieurs familles avec des enfants d’âges divers. À part de quelques uns qui portèrent un tee-shirt mais avaient les fesses à l’air, tous étaient nus.

« Cet endroit me semble tout-à-fait acceptable, » déclara Meredith en déposant sa serviette et en secouant l’immense serviette de plage qu’elle avait apportée.

« Ouais… fantastique… » murmura Lisa et déposa la glacière pliante avec des jus et des bouteilles d’eau.

« Quelle sensation de confort… » soupira Meredith en sortant de ses shorts et en passant sa blouse par la tête.

Marc et Lisa se déshabillèrent complètement tandis que Catherine dénoua son paréo transparent. Son bikini conservateur attira l’œil, surtout pour ce qu’il cachait. Bill, déjà dans son maillot allant jusqu’aux genoux, ne fit aucun geste pour retirer son tee-shirt.

« Bon ! Moi pour la mer… » dit Meredith, se levant de nouveau. « Qui vient avec moi…? »

Marc sauta débout et Lisa le suit plus calmement.

« Ça vas-tu ? » demanda Catherine à Bill, « je veux dire avec tous ces corps nus… »

« Euh… Ouais, c’est correct… » dit-il après une seconde.

« Merveilleux, » dit-elle en soulevant ses mains derrière elle et dégrafant sa brassière. Pour la première fois dans sa vie, mise à part la douche et la chambre à coucher, elle avait les seins à l’air. C’était un drôle de sensation mais personne ne la remarqua car, au fond, tous autour étaient complètement nu. Ils regardèrent Lisa, Meredith et Marc s’amuser dans les déferlants. « Je vais me saucer, » dit-elle. « Viens-tu avec moi ? »

« … Nan. »

Elle lui jeta un regard noir et trotta vers Lisa et les autres. Pour un temps, elles plongèrent sous et les vagues se faisaient brasser par celles-ci parmi une population de baigneurs nus grandissante. Finalement, elles en avaient assez et pendant que Marc sortit son seau et fabriquait des châteaux, les femmes remontèrent vers leurs serviettes.

Catherine regarda Lisa et Meredith ; elles n’étaient aucunement mal-à-l’aise avec leur nudité. C’était plutôt Catherine qui se sentais bête de cirque avec son bas de bikini parmi tous ces baigneurs nus. Elle remarqua que Lisa et Meredith étaient déjà sèches tandis que son maillot était encore mouillé et collant.

Après à peu près vingt minutes, Marc arriva vers eux et dit « je veux retourner à l’eau. »

Lisa et Meredith se levèrent immédiatement pour y aller avec lui.

Catherine se leva aussi et regarda Bill qui prétendait lire un livre pour éviter de zyeuter tous cette peau. « Viens-tu dans l’eau ? »

« Non, ça va. »

« Ça te dérangera-t-il si j’y vais ? »

« Nan… »

Elle détestait ses réponses monosyllabiques. D’un geste abrupte, elle se leva et poussa son bas de maillot jusqu’aux chevilles.

« Allez… viens avec moi ?’ demanda Catherine gentiment. « S’il te plaît… ? »

« … Bon, d’accord… » et passa son tee-shirt par la tête en se levant. « Je suis trop sexy pour ce chandail… et beaucoup trop sexy pour cette plage. »

Catherine en revenait pas de son commentaire niais mais le suivit sans rien dire tandis qu’il se pavanait vers l’eau. Ils rejoignirent Meredith et Lisa qui furent assises dans l’eau peu creuse a surveiller Marc qui creusait des tranchées dans le sable.

Au moment que Catherine arriva à leur hauteur, Bill s’est mis à vanter à elle « Pourquoi ces gens-là perdent leur temps à se promener nu ? Après tout, je suis le seul avec un physique qui vaut la peine d’être regardé. »

Catherine le regarda bouche bée ; incapable de lui répondre du tac-au-tac. Elle était furieuse. Se tenant loin des femmes, il s’installa sur le bord de l’eau et commença ouvertement à regarder les femmes nues ailleurs sur la plage. Catherine en pouvait plus ; elle se dirigea vers Lisa et Meredith et leur souffla quelque chose à l’oreille. Elles rirent et acquiescèrent de la tête en s’approchant de Bill.

Brusquement, elles sautèrent sur lui et lui tinrent les bras. Au même moment, Catherine pris le maillot de Bill par la taille et, d’un coup sec, le lui arracha.



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Message Publié : 12 Mai 2017, 00:12 
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CHAPITRE 30

Avec son maillot de surfer dans une main, elle sortit de l’eau en courant et s’est rendue à l’endroit où ils avaient laissé leurs serviettes, s’est tournée et les fit virevolter comme lors d’un jeu ‘guerre des drapeaux’.

Bill l’appela à partir de l’eau. « Catherine… ramènes-moi mon maillot. »

« Viens les chercher, Adonis. Montre-nous tous comment t’es bel homme. »

« Allez, Catherine… assez, c’est assez. »

« Non, Bill… je suis très sérieuse, si tu les veux, il va falloir venir le chercher. » Elle ne ria pas du tout.

Bill regarda tout autour de lui… personne le regarda, même pas Lisa et Meredith qui se sont tournées et prêtaient toute leur attention à Marc. Il était évident qu’elles jugeaient cette dispute être entre Catherine et lui. Il hésita, tout de même. En fin, tentant le plus discrètement possible de se couvrir les parties, il sortit de l’eau en trébuchant et se rendit jusqu’à Catherine, ses fesses et ses cuisses d’une blancheur maladive comparé au reste de son corps bronzé.

Rejoignant Catherine, il arracha son maillot de sa main étirée d’un geste brusque et, sautant sur une patte, l’enfilait de nouveau. Ils ne se parlèrent plus pour le reste de la matinée ; Bill faisait du boudin et Catherine alterna entre se dorer nue au soleil et de se saucer avec Lisa, Meredith et Marc.

Quand vint le temps de dîner, plutôt d’acheter à manger à la marina, ils choisirent de retourner vers le quartier de leur hôtel. Meredith, Lisa et Marc sont de nouveau allés chez Denny’s. Catherine, blessée par le comportement têtu de Bill, décida qu’il serait mieux qu’ils aillent ailleurs et de ventiler la situation une fois pour toutes et choisit le comptoir à sushis à côté.

« Bill, il faut que nous nous parlions. Nous ne pouvons pas laisser ça pourrir… Je t’aime, Bill, mais je refuse de me fermer les yeux quand tu fais le con. Ce matin, j’étais assez en colère après toi pour t’envoyer dans le compacteur à vidanges le plus proche. »

« Qu’est-ce que j’ai fait, MOI… ? C’est toi qui s’est sautée sur moi et m’a arraché le maillot ! J’étais tellement gênée, je pensais mourir ! »

« L’as-tu fait ? »

« Ai-je fait quoi ? »

« Es-tu mort… ?

« Bien… non. »

« Écoute… Je connais Lisa depuis quatre ans ; nous avons fait toute notre université ensemble et, pour la plupart, nous avons fait tous nos travaux ensemble. Elle m’a toujours semblée équilibrée et, depuis que j’ai rencontré Meredith au CPE, je l’ai trouvé une des personnes les plus saines d’esprit que je n’ai jamais rencontré. Que ces deux personnes soient tellement emballées par le naturisme me dit qui doit y avoir quelque chose de bien et de bon là-dedans. Je n’accepterai aucunement que tu les ridiculisent en faisant des cracs plats au sujet de leurs croyances.

« Mais je ne faisais… »

« Oui, tu le faisais… t’agissais comme si le naturisme fut un marché de viande fraîche et que tu étais la seule pièce de bœuf qui valait la peine d’acheter. S’il y a une chose que j’ai apprise depuis que toute cette merde avec le procès ait commencé, c’est que le naturisme n’est PAS un marché de viande fraîche, bien le contraire. Tu étais impoli. »

« J’avais peur… » marmonnait-il. »

« Pardon ? Je ne t’ai pas compris. »

“J’ai dit… j’avais peur, » dit-il plus fort. « J’ai eu le choc de ma vie quand j’ai vu Lisa, puis Meredith, totalement nues… même Marc m’a surpris. Je n’avais jamais vu ça auparavant. Je sais… je sais, nous avons déjà été nu ensemble mais, ça, c’est différent… ça c’est entre un gars et sa blonde. Mais là, c’était différent… là, c’était comme… je ne sais pas… comme un gars qui irait jouer au hockey sans épaulards, un casque ou un protecteur… ça fait peur. »

« Tu veux dire… sans aucune défense ? »

« Ouais… quelque chose comme ça. »

« C’est exactement ça, le naturisme… faire face au monde en confiance, sans l’armure que tout le monde adopte pour se protéger des autres, pour se garder seul, isolé. Un naturiste dit ‘regarde-moi… me voici tel que je suis… je ne te ferais aucun mal et je suis convaincu que tu ne veux pas me faire du mal, non plus.’ Le naturisme ne me tente pas vraiment mais cela ne veut pas dire que je suis contre ; je suis prête à garder l’esprit ouvert et même de l’essayer quand le moment me semble approprié. »

« Je ne crois pas être capable de faire ça… »

« Je ne le te demande pas, non plus… quoique, je crois que tu aurais l’air beaucoup plus sexy si tu égaliserais ton bronzage ; t’avais l’air ridicule ce matin avec ton cul à l’air, blanc comme un drap. » Elle ricana pour ne pas le blesser.

Bill ria aussi. « Je ne voudrais pas le faire en public mais j’imagine que je pourrais faire un compromis… peut-être aller à un salon de bronzage…seul ! »

« Bien, d’accord… mais seulement si moi je me trouve dans le lit de bronzage à côté du tien. »

« Paix ? »

« Ouais, d’accord… paix, mais je veux quand même que tu t’excuse auprès de Meredith et Lisa pour avoir agit en nigaud. »

« Dieu ! Tu ne rend pas ça facile pour un gars, toi ! »

“Non… j’imagine que je pourrais accepter que tu ne veuilles pas te mettre à nu… à l’extérieur de la chambre, du moins, mais je n’accepterai pas que ton égo reste armé devant mes amies. »

-0-0-


De retour à l’hôtel, Lisa, Meredith et Marc s’étaient déshabillés en attendant que Catherine et Bill reviennent afin de planifier les activités de l’après-midi. Quand ils entrèrent la chambre, Bill, après un petit coup de coude de Catherine, dit…

« Meredith, Lisa… j’aimerais m’excuser de la façon que j’ai agit ce matin. Je me sentais vraiment mal-à-l’aise à vous voir nu et j’ai essayé de le cacher en faisant le pan. Catherine m’a fait comprendre pourquoi vous préférez être comme vous l’êtes et… je crois… être en mesure de l’accepter. Je ne crois pas jamais pouvoir de me promener nu comme vous le faites mais je respecte votre choix. Je suis désolé d’avoir si mal agit. »

« Ni pense même pas, Bill. Je suis certaine de parler pour Meredith aussi quand je dis que c’est déjà oublié. Bon… aux choses sérieuses. Que fait-on cet après-midi ? »

Bill fut le premier à parler. « Que diriez-vous de retourner à la plage ? »



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Message Publié : 13 Mai 2017, 03:46 
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CHAPITRE 31

Est-ce qu’on pourrait, Maman, s’il-te-plaît… ? » plaida Marc.

« Certainement, on peut, Marc, » répondit Meredith, « Mais je ne sais pas si tout le monde voudrait y retourner.

« En fait, moi, j’aimerais bien y aller, » dit Lisa. « Après tout, c’est pour ça que je suis venue. »

« Pourquoi pas, moi aussi, » dit Catherine. « Mais, Bill, tu comprendras que je suis trop sexy pour mon maillot. »

Ils rirent tous de bon cœur à ce coup bas à Bill qui accepta de bonne grâce se faire taquiner de nouveau et commencèrent à s’habiller pour sortir. « Merde, » se plaint Catherine, « mon bikini est encore tout trempe. »

« Tu n’allais par rien mettre à la plage, de toute façon, » dit Lisa. « Quelle différence fait-il qu’il soit mouillé ? »

« C’est vrai mais j’allais le porter avec ce paréo pour y aller. »

« Tiens, essayons quelque chose… enfiles ton bikini et ton paréo maintenant, » lui dit Meredith.

Confuse, elle fit se qu’elle fut demandée.

« Bon, regardes-toi dans le miroir. »

Catherine haussa les épaules et se regarda. « Dis-moi ce que tu vois. » ordonna Meredith.

« Bien, je suis debout dans mon bikini et mon paréo. Le paréo, quant à lui est complètement transparent et je n’ai jamais vraiment aimé que j’avais l’air dans ce bikini. »

« Donc, puisque le paréo ne sert pas à rien, tu t’es plus ou moins promené à Miami Beach qu’en bikini.

Maintenant, enlèves-moi tout ça et regardes-toi dans le miroir, nue. »

Catherine le fit et Meredith lui demanda ce qu’elle voyait.

« Euh… je me vois tout nu. »

« Et… ? »

« En fait, je trouve que j’ai l’air mieux nue que dans le bikini et paréo. C’est comme je n’essaie pas de cacher quelque chose ou mettre quelque chose d’autre en évidence. Eh, bien. »

« Ce que j’ai essayé de montrer est que tu n’est pas obligé de porter quelque chose que tu n’aimes pas… je te donne la permission de ne mettre ce que tu aimes. C’est une des raisons que je préfère de rester nue. Par contre, il va falloir enfiler quelque chose pour la promenade en bus vers là-bas. »

Tout le monde riait, et Catherine sourit en enfilant une paire de shorts moulants et un haut pas-de-manches. Cette fois-ci, Bill participa pleinement aux activités ; même s’il n’était pas encore à l’aise avec la nudité des ses amis, il essaya de faire la part des choses. Quand il jouait au frisbee, il arriva même à oublier que ses amies étaient nues.

Ils retournèrent chaque jour Haulover. La peau blanche de Catherine s’estompa graduellement tandis que Lisa et Meredith obtinrent un hâle d’un brun doré tout-à-fait égale. Quand ils étaient dans la chambre, tous sauf Bill était le plus souvent nu et il arriva même que Lisa ou Meredith allèrent chercher la glace au distributeur sans se préoccuper d’enfiler quelque chose.

Quand ils retournèrent à la maison, dimanche soir, le sujet numéro un dans les nouvelles fut la décision imminente dans le procès Lisa Cummings. Lors du procès, l’opinion publique et la couverture médiatique fut très négative envers elle. Toutefois, une fois le procès fini, Harold permit tous sauf Lisa d’en discuter s’ils le voulaient. Plutôt d’émettre des opinions divergentes, le groupe avait choisit Vénéra comme porte-parole.

Elle fut invité à se présenter sa version de la situation à un programme d’analyse politique animé par le journaliste le plus conservateur de la ville, ‘L’heure de Wendell Wickham’. »

« Bonsoir. Mon invité ce soir est le Dr. Vénéra Crenshaw, Sociologue et auteur du rapport, La nudité, le Naturisme, le nudisme et leurs effets sur la réussite scolaire.’ Elle est ici en tant que porte-parole de Lisa Cummings, l’accusée dans l’affaire de l’enseignante nudiste… Dr. Crenshaw, merci d’avoir accepté notre invitation. »

« Il n’y a pas de quoi, M. Wickham. Le plaisir est pour moi. »

« Merci, Docteur… s’il vous plaît, appelez-moi Wendell. »

« D’accord… Wendell. »

« Docteur, dites-moi… tout cette mode nudiste n’est qu’une propagande de gauche pro-communiste, n’est-ce pas ? »

« En fait, ce n’a rien à faire avec la politique et tout avec la volonté de donner nos jeunes la meilleure éducation possible. Le Naturisme est un moyen des plus efficaces à arriver à cela. »

« Ça me paraît être une machination gauchiste. »

« Croyez-le ou non mais mes opinions politiques penchent très à droite ; c’est ainsi que je fut élevée par mes parents, qui, eux aussi, étaient naturistes ou, si vous préférez, des nudistes. Voyez-vous, un véritable conservateur croit que le gouvernement n’a pas d’affaire à légiférer la façon dont je vis à la maison et de la façon j’éduque mes enfants. Un véritable conservateur croit que le gouvernement n’a pas d’affaire à légiférer mon corps. Pour tous les conservateurs qui nous écoutent et pour vous aussi, Wendell, j’ai une question pour vous… Voulez-vous que l’état vous dise ce que vous pouvez et ne pouvez pas faire avec vos enfants ? C’est vrai qu’il y a des libéraux qui prônent aussi le naturisme pour ses bienfaits mais ça ne veux pas dire que le naturisme est gauchiste. Ça démontre juste que le naturisme est valable pour tout le monde. »

Wendell fut étonné par ces propos. Il ne pouvait que dire « Le Docteur Crenshaw et moi prendrons vos appels après ces annonces. « L’Heure de Wendell Wickham sera de retour dans un instant… »


CHAPITRE 32

Vénéra et Wendell argumentèrent tout le long de l’émission. Ils étaient tous les deux passionnés par leurs points de vue respectifs et l’exprimèrent clairement mais l’intelligence et logique de Vénéra a fini par avoir gain de cause ; elle sut décrire les résultats de sa recherches dans des termes simples et cohérentes.

« Dr. Crenshaw, que diriez-vous que nous acceptons quelques appels de l’auditoire, » demanda Wendell.

« Certainement… je suis curieuse de savoir ce que le public pense de ça. »

« D’accord, allons aux téléphones, » continua Wendell. « Notre premier appel provient de Sid. Bonjour, Sid… vous êtes sur l’émission ‘L’Heure de Wendell Wickham’ ; allez-y. »

« Salut Wendell, c’est la première fois que j’appelle mais ça fait longtemps que j’écoute, » expliqua Sid. « Moi je crois qu’ils sont tous des pervers et je suis content qu’ils vont mettre cette femme au cachot pour longtemps. »

Vénéra lui répondit « Eh, bien, Sid, ceci est un pays libre ; vous avez le droit de penser ce que vous voulez des naturistes et la loi vous protégera dans vos opinions. Mais n’oubliez pas que ces mêmes lois protègent ma façon de vivre ma vie, également. »

« Merci de votre appel, Sid, » dit Wendell, qui était un très habile animateur. « J’imagine que vous ne vous pouvez pas attendre que tous partagent votre opinion. On dirait que le public est en désaccord avec vous. Prenons un autre appel. Nous avons Sally en attente. Sally, vous êtes à l’émission de Wendell Wickham. »

« Merci de me recevoir, » dit Sally. « Vous savez, je ne vois pas vraiment que cette dame a dit est mal. J’ai trois enfants et notre maison est plutôt petit alors ça arrive que nous nous voyons nu. Je ne vois vraiment pas de problème là dedans. »

« Merci, Sally, » répondit Vénéra. « C’est exactement l’attitude qu’il faut avoir. Ma recherche a confirmé fois après fois que la nudité collective dans un contexte familiale produit d’énorme bénéfices. Les gens qui pratiquent le naturisme ont un meilleur estime de soi, sont plus confiants et, pour les enfants, les encourage vers des meilleurs résultats académiques. J’e t’encouragerai de continuer ce que vous faites et même, d’élargir votre cercle. »

« Qui sait… ? Peut-être, nous le ferons, » répondit Sally.

« Bon… prenons un autre appel, » intervint Wendell. « Nous avons Ted… Ted, bonjour. Vous êtes sur les ondes. »

« Bonjour, Wendell… j’écoute votre émission depuis des lunes, » dit Ted. « Moi, ce que j’ai à dire est que je ne vois pas où est le problème. Ces gens ne font pas de mal à personne. Ils payent leurs taxes. Ils n’achalent personne. Si les enfants sont nus, il me semble qu’ils le sont avec la permission et la participation des parents. Qu’on les laisse tranquilles, nous avons dé trop de règlements et de lois ridicules dans ce pays. »

Ils prirent plusieurs d’autres appels et Wendell et Vénéra continuèrent argumenter divers aspects de la situation entre les appels. Quelques appels furent négatifs mais autant étaient en faveur tandis que la plupart étaient du style ‘vivre et laisser vivre’.

Cette nuit, Vénéra arrêta chez Meredith pour discuter de l’émission. Après s’être déshabillé à l’entrée, elle rejoignit Lisa au salon.

« Pis… comment ça a été ? » demanda Lisa.

« Tu n’as donc pas écouté ? »

« Non, je n’ai pas osé. »

« Je ne nierai pas qu’il y a tout un nombre de gens qui sont contre, » admit Vénéra. « Toutefois, il y a aussi un grand nombre qui sont en faveur du nudisme ou, du moins, qui croient que ce n’est pas un problème. »

« Vraiment ? »

« Oui, je sais que tu es craintive depuis cet incident de la foule et de la façon que les nouvelles locales t’a raclé. Il y a pas mal de gens qui sont de ton côté. Essaie de ne pas te laisser envahir, d’accord. »

« Ouais, il y a ça, » répondit Lisa. « Tu sais, c’est une des choses que j’ai compris, que je ne suis pas toute seule ; je réalise de plus en plus qu’il y a des gens dans l’entourage qui sont prêts à aider. »



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Message Publié : 13 Mai 2017, 23:54 
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CHAPITRE 33

C’était le cinq décembre. Lisa avait pensé raconter l’histoire de St. Nicolas, l’évêque de Myra, dont sa fête était le lendemain mais, en y pensant deux fois, elle changea d’idée puisque plusieurs de ses enfants croyaient encore au Père Noël et elle pensa qu’il serait mieux de ne pas brouiller les choses.

L’école fut terminée pour la journée et les derniers parents venant de la ville, M. et Mme Johnson, venaient juste de repartir avec leurs enfants, Timothy et Judy. En les regardant s’éloigner, elle vit qu’Harold s’approchait le long de l’allée vers elle. S’était agréable de le voir dans l’uniforme de Sunny Acres mais elle pensa qu’il aurait l’air encore mieux s’il oserait égaliser son bronzage quelque peu.

« Salut, l’Étranger… »

« Salut, toi-même. Je me demandais si je pourrais t’amener au resto, ce soir ; j’ai entendu parler d’un petit coin pas loin. – bonne bouffe et, meilleur de tout, ils n’exigent pas de vêtements de soirée. »

« C’est bien aimable de vous, monsieur… » Lisa prit deux serviettes et rejoint Harold au ‘Repos de Lady Godiva’, le bistro de Sunny Acres. Choisissant une table extérieure même si les soirées commencèrent à faire sentir la fraîche, ils étendirent leurs serviettes et s’assirent face-à-face.

Une belle blonde de seize ans ne portant qu’un petit tablier vint les servir. « Salut, Lisa… Bonsoir, Harold… ça fait longtemps. »

« Salut, Marielle… Je crois que je vais prendre la côtelette de porc avec patate au four, s’il te plaît. Et je prendrai une bière avec ça… »

« Certainement, Harold… Voudrais-tu une soupe pour commencer ? »

« C’est quoi…? »

« Crème de poulet Royale. »

« Bonne idée… »

« Et toi, Lisa… ? »

« Je vais prendre les lasagnes au four avec un verre de vin rouge, pas de soupe. »

« Très bien… ça sera prêt dans un instant. »

« Marielle a raison… nous ne te voyons pas ici très souvent. C’est quoi, l’occasion ? »

« Le mot est descendu des hautes instances… le juge Thatcher a fini d’évaluer la question ; elle va annoncer se décision lundi matin prochain. Nous sommes attendus au tribunal à dix heures. »

-0-0-


Le lundi suivant, Harold et Lisa arrivèrent au palais de justice de bonne heure car, entre les journalistes, les protestants en faveur de la liberté humaine et les conservateurs fanatiques, ils entendirent à être brusqué. Ils n’avaient pas tort ; il y a avait au moins cinq cents personnes sur les marches du palais de justice, avec des pancartes partout annonçant toute la gamme de slogans à partir de ‘PERVERS’ jusqu’à ‘À BAS L’INTOLÉRANCE RELIGIEUX’. Heureusement, fort de l’expérience de la dernière fois, quelqu’un ait eu l’idée de cordonner un passage parmi la foule. Comme résultat, Lisa et Harold ne furent incommodés que par les plus agressants des journalistes.

Rendus à la salle d’audience, ils virent que la salle fut comble ; plusieurs étaient des journalistes mais il y avait aussi plusieurs parents et les ministres du culte qui avaient été appelé pour témoigner. Une personne qui ne fut PAS là était Eugène Crenshaw, l’homme qui avait commencé tout ce cirque. À dix heures précises, deux huissiers adjoints fermèrent les portes et se mirent en poste devant elles ; il fut évident qu’on leur avait dit qu’aucune foulée d’émotions ‘spontanées’ seraient tolérées.

L’instant après, on attendait « Silence, s’il vous plaît ! Le dossier 6730657 ; la Couronne contre Lisa Cummings, présidée par la Juge Margaret Thatcher. Debout, s’il vous plaît, » et le Juge Thatcher rentra en salle. Elle déposa son portfolio sur le pupitre, ajusta sa robe et s’assied dans son fauteuil et dit « assoyez-vous, s’il vous plaît. »
« Mesdames et Messieurs, un procès de ce genre est, presque par définition, une affaire aride, sans drame. Il n’y a pas de théâtre, pas d’aveux de dernière minute et pas de pleurs. C’est plus que rien d’autre, une étude d’un part et d’autre de la jurisprudence existante afin de déterminer si la défenderesse ait dépassé les bornes des normes contemporaines. »

« La partie la plus difficile a été de déterminer qu’étaient exactement les bornes de ces normes contemporaines. La Couronne a présenté plusieurs éminences qui avaient des idées très arrêtées sur ce que ces normes ‘devraient’ être. Je ne dispute aucunement leurs opinions ni leurs croyances mais ce n’est pas le rôle de ce tribunal de définir ce que ces normes devraient être mais plutôt de décider si son comportement était en accord ou non avec ce que le citoyen ‘moyen’ croit qu’elles sont. »

Plusieurs de ces témoins ont cité la Bible pour souligner que la parole de Dieu spécifie que les gens devront agir de telle ou de telle autre manière. Ce tribunal ne dispute pas la validité de la Bible, ni même l’existence de Dieu mais il n’existe pas de preuve légale que la Bible fut dictée par Dieu lui-même. Depuis les quelque deux mille ans que la Bible existe, elle a subit plusieurs révisions importantes, toutes soi-disant dicté par Dieu et pourtant, ces versions ne correspondent pas toujours. Dans sa recherche, ce tribunal a pu confirmer que la dernière version ‘officielle’ de la Bible, celle qui est connue sous le vocable du ‘Roi Jacques’, fut écrit il y a trois cent cinquante ans. L’histoire de ce pays est intimement liée à cette version de la Bible, en partant avec l’installation des Pilgrims à Plymouth. C’était une période mouvementée de l’histoire où la torture et la mis à mort devant le grand public fut chose courante.

« Toutefois, depuis ce temps-là, les normes contemporaines ont beaucoup changées et ce qui était acceptable à ces temps-là ne l’est plus maintenant. Donc, pour déterminer si la défenderesse ait dépassé les bornes des normes actuelles, il a fallu regarder ailleurs. Le tribunal a examiné la loi et la jurisprudence des différents états de ce pays et, puisque nous faisons partie dorénavant du ‘village globale’, le tribunal s’est également penché vers d’autres sociétés avec des contraintes similaires pour voir comment ces sociétés ont réagit à des situations semblables. Cette étude a pu confirmer que les opinions émises par ces éminences sont en fait celles d’une petite minorité très vocale et ne correspondent pas à celles de la majorité. Puisque nous sommes une démocratie et qu’un des principes fondamentaux d’une démocratie est celle que l’opinion de la majorité prône, ce tribunal n’avait pas d’autre choix que de rejeter les opinions émises par ces témoins. »

« En conséquence, c’est le jugement de ce tribunal que le simple fait d’avoir permis à plusieurs enfants de bas âge de jouer ensemble nu ne constitue pas un comportement inadéquat. Nous trouvons donc la défenderesse ‘Non coupable’. La plainte est rejetée. »



CHAPITRE 34

« Levez-vous, s’il vous plaît, » ordonna l’huissier tandis que la Juge Thatcher quitta la salle.

« Oh, merci… merci, » dit Lisa en serrant Harold et en lui donnant un bec sur la joue.

Quand Lisa ait relâché Harold, Greg Fournier, l’avocat de la Couronne s’approcha et le félicita ; il n’y avait pas de rancœur – les deux avocats avaient plaidé la cause de leur mieux.

« Félicitations, » dit Meredith à son tour. « Je savais que gagnerais. »

Vénéra fut là, également ; Lisa lui fit l’accolade. « Je t’avais dit qu’il y aurait des gens pour t’aider, » Vénéra lui murmura.

Harold dit, après que les deux femmes se sont séparées, « Lisa, si tu a rien en ce moment, Annabelle, au bureau, a préparé une petite fête, si ça te tentes. »

« Quoi ? » lui répondit-elle, encore sous le choc de la décision de la cour. « Oh, oui… d’accord. Non, je ne rien d’autre. »

« Fantastique… Meredith, Vénéra ; vous venez? »

Ils sortirent tous du Palais de Justice et embarquèrent dans leurs voitures respectives pour le trajet. Le premier à rentrer dans le bureau fut Harold. La secrétaire, Annabelle, travaillait à son ordinateur.

« Comment ça a été ? » lui demanda-t-elle.

« J’ai des bonnes et des mauvaises nouvelles… lesquelles tu veux en premier ? »

« Commençons avec les mauvaises, » dit-elle.

« Nous ne reverrons plus notre cliente préférée ici aussi souvent. »

« Tu parles de Lisa, évidemment. Et la bonne nouvelle ? »

« Nous avons réussit. Dès qu’elle et quelques autres auront fini de stationner leurs véhicules, elles seront ici. »

Bientôt, elles étaient toutes montées. « Il y a du vin, du fromage, des viandes froides et du pain dans la salle de conférence et il y a de la bière au frigo, » informa Annabelle à la ronde.

Pendant que tout le monde fêtait la décision, Harold s’est rapproché de Lisa et lui dit « Si tu veux bien m’excuser pour un moment, je vais appeler la Commission Scolaire pour leur annoncer la décision. Ainsi, ils te donneront tout le rétro qu’ils te doivent. »

« Bonne idée… j’avais oublié ça, merci. »

« Pas de problème… tu pourrais probablement récupérer ton poste, aussi. »

Lisa acquiesça tandis qu’Harold s’éloigna. « Mon poste… » pensa-t-elle.

« Tu n’as pas l’air contente… » lui dit Meredith en sirotant un verre de vin.

« Je pensais à mon poste. » Lisa lui expliqua ce qu’Harold était parti faire.

« Je vois. »

« Je pensais à tout ce qui m’est arrivée… j’ai beaucoup aimé être à Sunny Acres ; j’adore enseigner nue, sans artifice… Ce serait bien de ravoir mon poste mais je ne suis pas certaine que je voudrais revenir… c’est tout confus. »

« Au moins, aujourd’hui t’as le choix. »

« C’est que… je détesterais être obligée de fermer la CPE à Sunny Acres… »

Après quelques heures, Harold fut appelé au téléphone. Quand il revint, il dit « Je viens de parler avec le président de la Commission… il t’offre de te redonner ton ancien poste et ils préparent un chèque pour ta retro. »

« Merveilleux… » dit Lisa mais elle n’avait pas l’air enjoué.

Sur ces paroles, la fête commença à s’estomper ; Meredith voulait retourner à Sunny Acres, chercher Marc et Vénéra avait de la correction à faire. Quand Harold et Lisa furent seuls, il lui demanda « Est-ce que je peux t’amener manger ? »

« D’accord. »

À Sunny Acres, Meredith laissa sa voiture au stationnement, se déshabilla et s’est rendue à pied jusqu’à l’école. Beth, Rose et Cathy furent tous en classe puisque Lisa n’y était pas.

Salut, Meredith, » lui accueilli Beth. « T’es de bonne heure… ? »

Elle leur raconta les détails du jugement du matin. Les dames furent extasiées d’apprendre la bonne nouvelle.
« Et… comment Lisa a-t-elle réagit ? » demanda Cathy.

« Elle est soulagée, évidemment. Mais la Commission lui a offert de réintégrer son ancien poste. Elle se sent déchirée entre l’accepter et de rester ici. »

« Je me demande s’il n’y aurait pas quelque chose que nous pourrions faire ? » se demanda Cathy. « Je ne sais pas… quelque chose pour l’inciter à rester. »

« Je viens de penser à quelque chose, » dit Rose. « J’ai lu récemment au sujet des écoles semi-autonomes ; des écoles privées mais qui fonctionnent selon les normes et l’approbation de l’état. Peut-être nous pourrions faire quelque chose dans ce genre ? »

« Avec toute la publicité du tribunal, moi, j’ai entendu plusieurs commentaires de parents dont les enfants sont ailleurs, qui auraient aimé les envoyer chez nous aussi, » ajouta Beth. « Nous avons toute une autre salle à côté. Nous pourrions parler avec Guy et Diane pour voir s’ils nous la céderaient. Qui sait, peut-être Vénéra et son université seraient prêts à nous guider. L’école pourrait devenir un véritable pôle d’attraction. »

Pour le reste de l’après-midi et plus tard encore dans la soirée, elles discutèrent de moyens d’agrandir et de développer l’école.

Entretemps, lors d’un souper à un restaurent très en vogue…

« Merci pour m’avoir invité à souper, ce soir, » dit Lisa en finissant son vers de Médoc. « Je ne sais pas plus si je te l’ai déjà dit mais… merci. »

« Je pense bien que tu l’as déjà dit mais j’aime ça l’entendre. »

Ils finirent leur repas. Lisa semblait distraite comme si elle évaluait quelque chose. Quand le dessert fut ramassé, elle s’étira et pris la main d’Harold. « Je ne suis pas en état de conduire… je crois que j’irai à l’hôtel à l’autre côté de la rue et voir s’il n’ont pas une chambre de libre pour ce soir. Euh… Harold, ça ne te tenterais pas de monter avec moi pour un temps »

« Oui ! Non… ! Je veux dire que je voudrais bien mais je ne pourrais pas… je suis ton avocat ; ce ne serait pas éthique. »

« Dans ce cas… je te congédie, » ria-t-elle. 


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