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Message Publié : 07 Avr 2017, 23:06 
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Hier, en fouillant dans la bibliothèque virtuelle des histoires que j’ai écrit/traduit, je suis tombé sur celle-ci et j’ai pensé que ce serait agréable de vous la présenter de nouveau. Quelques-uns parmi vous la connaissent peut-être, surtout ceux et celles qui nous suivent depuis plusieurs années et qui, en plus, sont fanas des BD que je traduis. Avec cette idée en tête, je l’ai révisé et j’ai fait quelques petits changements mineurs pour que l’histoire ‘coule’ mieux.

Comme vous vous souvenez peut-être, les premières histoires de la BD de ‘Gwenna, la femelle de Kaza’ étaient présentées sous la forme d’un album de l’époque de l’Âge d’Or de la BD américaine, au point d’avoir été "imprimés" sur du papier journal jauni simulé. Or, dans ces albums, tout comme pour les journaux ‘Tintin’ et ‘Spiroux’, on incluait souvent des planches d’histoires ‘à suivre’ afin d’inciter le lecteur à acheter l’édition suivante. Dans cette optique, j’avais inclus dans chaque chapitre de la série d’histoires "Ro-Man" et "Le diamant de Salomon" une planche d’une autre histoire – celle-ci. Malheureusement, Jay Epps, l’auteur de ces planches, avait abandonné l’histoire après cinq pages car il était insatisfait de la façon qu’elle se développait. À l’époque, je lui ai écrit pour lui proposer un scénario alternatif mais son temps est limité et il préfère se concentrer sur Gwenna. J’ai donc écrit une novélisation de mon scénario en espérant pouvoir l’utiliser un jour. Je vous la présente ici. Contrairement aux autres histoires que j’écris, je n’ai pas l’intention de l’illustrer. Vous comprendrez bien que de la produire en format BD est au-delà des mes capacités.


HISTOIRE DE NUS

Titre d’origine ;
Nudist comic
Par Cor van de Sande
Basé sur une BD inachevée par Jay Epps
Les planches de la BD se trouvent à la page de Jay Epps à > DeviantArt.com <
Le scénario pour terminer l’histoire a été écrit par Cor van de Sande en 2014 et cette novélisation en 2015



Introduction

C’est une belle journée de printemps, ce troisième vendredi matin du mois de mai. Au centre de villégiature naturiste près de la petite ville de Peytonville au Maryland, nous entendons vaguement le son d’une douche venant de l’une des cabanes. Toutefois, ce qui en sort beaucoup plus clairement, ce sont les bruits de deux voix qui discutent fermement.

« Ces vacances sont de la merde, » grogne la fille d’onze ans appuyée contre le mur près de la porte de la salle de bains.

« Tu me l’as déjà dit… à plusieurs reprises, » réponds la voix de l’intérieur.

« P’pa et Lisa étaient censés m’emmener à Disneyworld ! » rajoute la fillette avec plus de force.

« Ça aussi, tu me l’as dit à plusieurs reprises, » réponds la voix de nouveau. « Mary, aurais-tu vraiment préféré rester renfermée dans l’appart pour une semaine ? »

« Oui ! » réplique Mary avec passion.

« Mary, s’il te plaît ? Tu pourrais t’y plaire ici si tu te le permettrais. »

« Pas ici, à cette colonie de tous-nus bizarroïde de ton chum ! »

« On ne les appellent plus ça maintenant ; on dit ‘Centre naturiste’. Et tu devrais l’essayer avant de le descendre en flammes ; tu pourrais te surprendre et découvrir que tu aimes ça. »

Entretemps, le bruit de la douche cessa et on entendit le cri métallique du rideau de douche qui fut tiré de côté. Un instant plus tard, la porte de la salle de bains ouvrît et la mère de Mary sortit, nue, avec une serviette drapée sur un épaule. Mary, continuant de faire la gueule, resta appuyée contre le mur, les bras croisés sur son polo magenta.

« Il n’y a pas question que je me mets toute nue et tu ne pourras m’y forcer ! »

« Non, t’as raison, » répondit sa mère, « je ne pourrais t’y forcer. Mais tout ce que ça donnera serait que tu t’accordes des vacances de merde vraiment ennuyantes. »

« Humph ! » fut la seule réponse de Mary.

« Viens, allons retrouver Larry. J’imagine qu’il se trouvera au centre administratif. »

La mère de Mary enfila une paire de sandales, ramassa son sac à bandoulière de la table de chevet, y glissa une serviette à main fraîche et les deux sortirent et prirent le trottoir vers le centre administratif. La mère de Mary était naturiste que depuis peu et les traces laissées par un maillot une-pièce pudique en témoignaient largement.

« N’oublie pas… je suis toujours ta mère et je m’attends que tu agies correctement, surtout autour de Larry ! »

« Ouais, ouais, » marmonna Mary, en regardant ailleurs.

Un moment plus tard, ayant contourné une petite colline qui l’avait caché, la mère de Mary vit Larry en train de manœuvrer une tondeuse. Il porta un chapeau-cloche, un sac banane, des souliers, des chaussettes et un hâle profond et uniforme. Elle appela son nom et lui signa de la main.

« Carol ! » appela-t-il au retour et la salua du bras.

S’approchant mutuellement, ils se donnent l’accolade et s’embrassent. « Tu m’as manquée, » murmure-t-il.

« Ouaach ! » râla Mary, dégoûtée par les salamalecs passionnés de sa mère et de son chum.

Se retournant, Carol dit « Et cette rabat-joie est ma fille Mary. »

Larry, ayant remarqué le polo magenta et les shorts couleur chocolat-au-lait de Mary, dit « Encore un peu gênée, c’est ça ? »

« Je dirai plutôt pudibonde acharnée, » commenta Carol.

« Hé ! » protesta Mary, ne sachant pas vraiment le sens des mots de sa mère mais comprenant tout de même qu’elle se faisait insulter.

« Ne t’inquiètes-pas, Mary… Tu peux rester habillée, » dit Larry. « Tu n’es pas obligée de faire quoi que ce soit qui te fait sentir mal à l’aise. »

« Prenons cette charrette et je vous donne le grand tour de l’endroit. »

-0-0-

(à suivre)


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Message Publié : 08 Avr 2017, 23:24 
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Introduction (cont.)

Pendant que Larry manœuvra la tondeuse dans la remorque de la charrette, Carol étendit sa serviette sur le siège de passager et Mary embarqua dans la banquette arrière. Puis, tandis que Larry indique les points d’intérêt du centre en conduisant, Mary nota les éoliennes de la centrale d’énergie et terminus de pipeline avoisinant au centre.

« Je peux comprendre que c’est plutôt étrange comme première expérience, Mary, » dit Larry, « mais donnes-y un peu de temps et tu ne remarqueras même plus ce que les gens ont sur le dos ! »

« Nous avons trois familles qui habitent ici à temps plein et plusieurs résidents saisonniers et je suis sûr que tu te plairas quand tu rencontreras leurs enfants. D’ailleurs, ils devraient sortir de l’école d’une minute à l’autre. »

« Vous avez une école ici, » demanda Mary, toute surprise, de sa banquette arrière.

« C’est plutôt une école familiale mais les parents travaillent tous ensembles pour que les jeunes obtiennent une bonne formation. Nous avons plusieurs enseignants à la retraite et même un prof d’université qui habitent ici. Avec leur aide, les jeunes font mieux que la moyenne ! »

« Et pense à tout cet argent que les parents sauvent à ne pas être obligés à acheter des uniformes scolaires ! » ajoute Carol en riant.

Tout en discutant ainsi, Larry continua à conduire la charrette par-ci, par-là. Là, ils approchent l’aire de stationnement devant le centre administratif.

« L’école utilise une salle ici dans le centre communautaire. Ils devraient être à la veille de sortir. »

Mary regarda avec émerveillement le centre administratif, un grand dôme blanc d’un style futuriste. « Wow ! » exclama-t-elle, « ça ressemble à des quartiers généraux d’une équipe de super-héros ou quelque chose du genre ! »

Tandis que Mary continuait à zieuter la bâtisse, Larry partit à rire. « Oh, zut ! J’ai oublié ma cape dans mon habit de rechange. »

Au moment de pénétrer les grandes portes vitrées de l’entrée principale du centre, Larry salua la réceptionniste. « Salut, Betty ! Rien de nouveau depuis que je suis sortis ? »

« Si, Patron, » répondit la femme blonde et bien bronzée. « Cet enquêteur du journal du soir a appelé. Il aimerait faire l’entrevue demain. »

Larry passa ses messages en revue « Merveilleux ! Rappelles-lui et organise-nous quelque chose pour demain après-midi. »

Du coup, on entendit la musique-thème de l’émission « Hawaii 5-0 » venant du sac de Carol. « Hein ? » murmurait-elle, surprise.

Elle sortit son cellulaire et regarda l’écran, éberluée, en lisant « Greg@QG »

À côté d’elle, Mary devina « C’est P’pa, n’est-ce pas ? »

Se tournant vers Larry, elle dit « Je dois absolument prendre cet appel. Pourrais-tu garder un œil sur Mary pour l’instant ? »

« D’accord, chérie. » Puis, en regardant Mary pendant que Carol s’éloigna avec son téléphone à l’oreille, « On dirait que ta mère et ton père ont des choses à discuter. »

Mary, toujours en rogne à cause de la tournure des évènements, répondit « C’est plus probable qu’elle ne veut pas que je lui dévoile où nous sommes en ce moment ! »

Entretemps, près des portes vitrées du centre administratif…

« Greg ? » demanda Carol sur son téléphone.

« Salut Carol. Comment va Mary ? » Greg était assis devant une console avec des écrans qui l’entouraient.

« En train de se plaindre d’avoir manqué Disneyworld, » répondit Carol.

« Ouais, il faudra que je lui remets ça un jour… Mais j’ai absolument besoin de ton aide. Pourrais-tu la garder quelques jours de plus ? »

Toujours devant la porte vitrée du centre, le langage corporel de Carol indiqua clairement son désaccord total avec ce qu’elle entendait. « Il y a-t-il quelque chose dont je devrais être au courant ? »

Au téléphone, elle entend « Tu te rappelles de la Sangsue ? »

« Vaguement… »

« Bien, il s’est échappé. Et il a réussi à se procurer un genre de mise-à-niveau de ses puissances. » Pendant que Greg parlait, il s’est mis debout pour enfiler son costume ; veste de bombardier, gantelets de motard et sur son front, ce qui ressemble à une paire de lunettes de soudeur. Fixé à son dos avec un harnais à courroies croisées et une ceinture porte-outils, il y avait un réacteur dorsal et un masque à oxygène pour hautes altitudes.

« Jusqu’ici, » continua-t-il, « il a absorbé les pouvoirs d’au moins trois membres de la Ligue … Le capitaine Triumph est encore dans le coma… Donc, ça a l’air que ce sera au Docteur Impossible à intervenir. Tu n’as pas à te faire des soucis, j’ai un plan. »

Carol regarda son téléphone d’un air inquiet. « C’est exactement ça dont j’ai peur. »

(Fin de la cinquième et dernière planche produite par Jay Epps)


(à suivre)


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Message Publié : 09 Avr 2017, 22:59 
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Chapitre 1

Il y a douze ans…

Carol Martin était assise sur le perron d’une cabane devant une plage quelque part dans les Antilles à siroter un piña colada. Cette dernière semaine avait été mortelle. Maintenant au début de la trentaine, elle avait grandement besoin de cette période de repos. Elle avait été embauchée par Les services de gestion Allancroft dès sa sortie d’université et pendant ses plus que six ans au travail, elle avait gravé les échelons pour devenir la meilleure consultante en gestion d’entreprise de la boîte. Cependant, malgré toute la clientèle qu’elle avait attirée, elle n’avait pas réussi à franchir le plafond de verre et quand le vieux Jack Allancroft est mort d’un infarctus, les partenaires minoritaires, jaloux de ses compétences, ont tout fait pour la maintenir dans une position d’infériorité pendant qu’ils projetaient vivre grassement des profits qu’elle générerait.

Fort heureusement, un des amis du vieux Jack était conseiller en investissements et Carol l’avait consulté pour gérer ses avoirs. Maintenant qu’elle se trouvait en relâche, elle avait un joli petit magot pour lui permettre de prendre du repos avant de s’occuper de se trouver un nouvel emploi. La première chose qu’elle fit en claquant la porte dans les faces de ces deux imbéciles était de visiter l’agence de voyage qui avait été un de ses premiers clients.

Dans le bureau privé de Carson, café à la main, elle expliquait sa situation.

« Écoute, » dit-elle, « Jack Allancroft est mort et je refuse de travailler avec ses partenaires. Je n’ai pas eu de véritables vacances depuis que j’ai commencé avec l’agence et je suis brûlée. Ce que je veux est trois semaines sur une île déserte toute seule ; pas de téléphone, pas de télé, ni rien et personne. Qu’as-tu à m’offrir ? »

Carson la regarda. « T’es certaine ? J’ai d’excellents voyages à forfait à te proposer ; la Jamaïque, Cozumel… »

« Non, je veux être totalement seule. Un endroit où je peux m’endormir au son de la mer, me baigner quand l’envie me prend, lire quelques livres et ne penser qu’à moi. Je veux un endroit avec de la bouffe pour un mois dans le congélateur et c’est tout. Je ne veux voir personne à partir de la journée qu’on m’y dépose au jour qu’on vient me cueillir. »

Ils finirent par s’entendre. Carson avait effectivement une île qui correspondait aux exigences de Carol ; une île qu’il gardait en réserve pour que des comédiens de classe A et leurs maîtresses du jour ou leurs amoureux puissent avoir un endroit tranquille à l’écart des paparazzis. En honneur de tout ce que Carol avait fait pour lui jadis, il l’a permis de la louer pour deux milles par semaine au lieu des plus que vingt-cinq qu’il chargeait habituellement.

-0-0-


Elle était arrivée la veille. Le représentant de chez Carson, un jamaïcain noir serein et sans âge avec des cheveux blancs et ne portant qu’une paire de shorts délavés, lui avait conduit dans un petit ketch à partir de Kingston. Il l’avait aidé à transporter ses bagages et sa nourriture vers la cabane, lui a montré comment rallumer la veilleuse du réfrigérateur et du congélateur au cas que celles-ci s’éteindraient, lui a souhaité un bon séjour et est repartit vers le soleil couchant. Quand elle ne put plus voir le voilier, elle s’était couchée et eut la première nuit de sommeil apaisante depuis des mois.

Ce matin-là, ne portant qu’une paire de shorts légers et un dos-nu, elle investigua sa nouvelle demeure et rangea ses quelques vêtements ; deux ou trois hauts, une paire de jeans, des ‘cut-offs’, un blouson à cagoule, quelques sous-vêtements et quelques maillots de bain. Après le dîner, elle s’était promenée pour faire le tour de l’île et avait commencé à lire ce roman à l’eau de rose qu’elle avait toujours voulu entamer. Maintenant, c’était l’heure de penser au souper.

Elle finissait à peine son piña colada quand elle remarqua l’avion. Au début, elle croyait que l’aéronef ne faisait que du saute-mouton mais peu après, il devint évident qu’il était en difficulté et avait l’intention d’atterrir. Elle continua à le surveiller tandis qu’il faisait des ratés et perdit de l’altitude. Finalement, à peine plus haut que la cime des arbres, il se dirigea vers le large, fit un grand demi-tour et revint vers l’île.

Carol déposa son verre vide et courut vers l’arrière de l’île. Elle contourna la pointe à temps pour voir l’avion écumer le ressac, monter la plage et se planter parmi les palmiers. Tout en se rapprochant, elle vit le capot s’ouvrir et un homme sortir en titubant pour finir avec le visage dans le sable. Quand elle arriva à sa hauteur, il eut réussi à se mettre dans une position assise. Il lui lança un coup d’œil.

« On prétend que tout atterrissage d’où le pilote sort sur ses pieds est une réussite. Ceci dit, je m’avancerais pour juger que celui-ci n’était que très moyen. »

« Est-ce que ça va ? »

« J’ai déjà été mieux, » répondit le pilote. « Pourriez-vous m’aider à cacher mon avion, s’il vous plaît ? Il ne faut pas qu’il soit vu. »

Il réussit à se mettre sur pieds pour n’arriver qu’à retomber à plat-ventre de nouveau. « En y pensant par deux fois, je crois que je vais rester ainsi pour quelque temps. Vous devrez agir seule pour cacher l’avion. »

Elle regarda l’avion ‡. À première vue, elle avait cru que les deux ailes avaient été arrachées mais un regard plus approfondi lui prouva que les ailes avaient en fait été repliées sur les côtés et avaient permis l’aéronef à mieux pénétrer le sous-bois. Carol ne savait pas qu’ils puissent faire ça. Elle ne se connaissait pas vraiment en avions mais celui-ci, malgré son apparence déglinguée, lui semblait inusité. Elle ramassa quelques branches cassées et des feuilles de palmier et le couvrit tant bien que mal, se promettant de revenir le lendemain avec une machette et de le faire comme il faut quand la lumière serait meilleure. Pour le moment, elle devait s’occuper du pilote.

En se retournant vers lui qui s’efforçait de nouveau à se remettre sur pied, elle l’examinait de plus près. C’était un homme solide d’un mètre soixante-quinze, environs, avec le visage bronzé quoiqu’avec sa pâleur actuelle, c’était difficile à voir. Il portait ce qui ressemblait à s’y méprendre à un ensemble de pilote de la dernière guerre ; une veste de bombardier, des bottes aux genoux et des gantelets. Fixé à sa taille était un masque à oxygène à cartouche. Quel ensemble rétro, elle se rappela d’avoir pensé à la vue de celui-ci.

Elle le prit par le bras et vit qu’il faisait la grimace puis remarqua le trou dans l’épaule de sa veste. Dans le dos, il y avait un deuxième trou, celui-ci avec du sang sur les bords.

« Viens à la maison pour que je puisse jeter un coup d’œil à cet épaule. Il y a-t-il d’autres trous dont je devrais m’occuper ? »

« Non, je crois que c’est le seul mais ma cheville est quelque peu défaite… j’ai dû la cogner lors de l’atterrissage. »

Drapant son bras intègre sur son épaule, elle le supporta tandis qu’il boita vers le bord de l’eau puis le long du sable dur jusqu’à sa cabane. Ils titubaient ainsi vers l’intérieur et la chambre à coucher. Se tournant le dos au lit, ils s’y sont laissé tomber. Sortant de sous son bras, elle l’aida à quitter sa veste. Dessous, sa chemise était imbibée de sang.

Claquant la langue en désapprobation, elle se rendit à la cuisine pour une paire de ciseaux et une trousse de premiers soins. De retour à la chambre à coucher, elle lui offrit un verre d’eau du cabaret qu’elle portait.

« Tiens, bois ceci ! Tu dois remplacer les fluides que tu as perdus. »

Tandis qu’il était assis à boire son eau, elle découpa sa chemise pour dégager la plaie et commença à nettoyer son épaule.

« T’en as de la chance ! La balle a à peine touché l’omoplate et a manqué ta clavicule en sortant. Un centimètre plus haut et tu serais obligé à écrire tes mémoires de la main gauche. Et si la balle aurait frappé un peu plus bas et plus au centre, ce serait quelqu’un d’autre qui aurait écrit ton épitaphe. C’est qui qui t’en voulait autant ? »

« Quelqu’un t’es mieux ne pas rencontrer. Il va falloir que j’appelle quelques amis à moi ; pour leur laisser savoir ce qui est arrivé. »

« Pour le moment, tu n’appelleras personne… Nous sommes seuls ici sans aucun contact avec le monde extérieur. Laisse-moi te panser et nous en parlerons au matin. Là, je veux que tu boives un autre verre d’eau et que tu ailles te coucher. Tu dois reprendre des forces. »

Il regarda autour de lui. « Où vas-tu te coucher ? »

« Cette nuit, je dormirai sur le divan. Demain, nous pourrions discuter d’un arrangement plus permanent. »

-0-0-

(à suivre)

___________________

‡ Dans ma tête, j’aurais voulu que le Dr. Impossible piloterait un aéronef vraiment ‘flyé’, moitié avion, moitié auto, avec des ailes pliantes comme il l’est décrit dans le texte. En faisant des recherches, je suis tombé par hasard sur ceci =>

Image


C’est un avion expérimental produit par un groupe slovaque. Il a fait son premier vol en 2014 et l’entreprise espère le mettre en production sous peu. Vous pouvez le voir en action > ici <. J’adore !
:thumbsup:


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Message Publié : 10 Avr 2017, 05:45 
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Inscription : 08 Août 2015, 16:47
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En réalité, à part un joli design, cet avion n'a aucun avenir. Pour cela, il faudrait un VTOL, c'est à dire un avion à décollage et atterrissage vertical. D'autres constructeurs y travaillent, mais la date du premier vol commercial est systématiquement repoussée depuis 15 ans. Un jour peut-être...

Sinon, joli début d'histoire. J'ai hâte de lire la suite.

_________________
La vitesse de la lumière étant supérieure à celle du son, certains brillent en société... jusqu'à ce qu'ils l'ouvrent !


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Message Publié : 10 Avr 2017, 08:38 
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Inscription : 08 Sep 2014, 18:52
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T'as certainement raison quoiqu'aux États-Unis, il y a plusieurs petites communautés où le garage est un hangar et la rue principale est une piste d'atterrissage ! En plus, de nos jour avec des chasseurs qui vont jusqu'à Mach 2,5 un super-héro avec un petit putt-putt qui ne fait qu'à peine 200 km/hre, c'est impensable... mais avoue qu'avec son aile pliante, l'avion a l'air 'sexy' au bout
:biggrin:


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Message Publié : 10 Avr 2017, 23:49 
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Chapitre 1 (cont.)

Dès le premier matin, Greg est retourné à son aéronef avec Carol pour ne constater que la radio s’était bousillée lors de l’atterrissage forcée. Sa cheville allait mieux mais il n’avait pas eu la force pour aider Carol à masquer l’avion.

Pendant les deux semaines qui suivirent, ils passaient leurs journées à explorer le littoral, à cueillir des coquillages et à se rapprocher mutuellement. Tous les jours, aussi, pendant que Carol était assise dans l’ombre d’un palmier, Greg passa une heure ou plus à bricoler sur son aéronef et ils parlèrent de choses et d’autres. Il finit par céder à ses questionnements et expliqua comment il avait réussi à se faire tirer dessus. De là, ce n’était qu’un pas vers lui dévoiler son alter ego et ses activités contre le crime organisé. Carol, quant à elle, lui raconta sa vie comme conseillère en gestion et ses frustrations par rapport au plafond de verre.

La première semaine, Carol avait changé les pansements de Greg au besoin mais aussitôt les plaies refermées si non pas complètement guéries, elle préférait les laisser à l’air libre et les deux allèrent souvent se baigner et plonger en apnée (il y avait deux ensembles de plongée dans la cabane). Pour dire vrai, l’eau salée de la mer aida beaucoup à cicatriser les plaies.

Finalement, quinze jours après avoir atterri en catastrophe sur l’île, Greg réussit à de nouveau faire fonctionner la radio à bord de son aéronef et appela la Ligue sur une fréquence encryptée pour l’aviser de son état. La Ligue lui enverrait un vaisseau spécial le lendemain soir pour le cueillir et pour récupérer son avion. Ce soir-là, ils étaient tous les deux plutôt sombres. Ils reconnurent qu’une relation durable entre eux serait impossible. Greg ne pouvait entrevoir faire autrement que de lutter contre le crime tandis que Carol savait pertinemment qu’elle passerait sa vie à s’inquiéter de lui à chaque fois qu’il sortirait en mission. Cette nuit-là, ils cédèrent enfin à leur passion et passèrent la nuit au lit ensemble. Le lendemain matin, sans se préoccuper d’enfiler quoi que ce soit, ils se promenèrent une dernière fois le long du littoral et firent une dernière baignade pour commémorer ces deux semaines au paradis. Étendus au soleil sur une grande serviette comme des amoureux, ils échangèrent leurs numéros de téléphone et se promettaient de rester en contact, tout en pensant dans le fond d’eux-mêmes, qu’ils ne se reverraient plus jamais.

Cette nuit-là quand l’équipe de secours arriva, Carol ne pût endurer d’être présente et est allée se cacher dans sa chambre à coucher, la tête sous l’oreiller. Après un temps, tout sembla tranquille de nouveau et Carol décida d’y aller jeter un coup d’œil. Toujours sans s’être habillée, elle marcha nu-pied jusqu’au site de l’accident. C’était la pleine lune et il faisait presqu’aussi clair que pendant le jour. Elle regarda partout mais c’était comme si elle avait tout rêvé ; rien ne semblait déplacé, pas une seule branche cassée ou feuille de palmier ne traînait ni aucune trace du palmier qui avait tombé. Même la tourbe dans le sous-bois avait été remise. Elle s’est assise dans le sable avec le dos tourné vers le site de l’accident et serra ses genoux contre sa poitrine. Quand l’aurore commença enfin à se pointer dans le ciel, elle se leva avec difficulté et se rendit lentement vers la maison.

Les quatre jours suivants étaient embrouillés ; elle a dormi, elle a mangé et elle a lu. Du moins, elle croit l’avoir fait. Elle ne pouvait même plus se rappeler si, oui ou non, elle avait pris la peine de s’être habillée. Qu’elle avait lu, ça au moins elle a pu le confirmer ; la veille de la journée où le représentant de Carson devait venir la chercher, elle avait fermé son roman à l’eau de rose pour la dernière fois. Par le passé, elle aurait rejeté le scenario comme étant totalement invraisemblable mais maintenant elle ne le trouva que triste. Dans le roman, l’héroïne, une femme indépendante rencontre par hasard un scheik, ils s’accordent une liaison torride puis ils se quittent, chacun de leur bord, ni vu ni connu. À y penser, Carol rit amèrement.

-0-0-


Dès qu’elle fut de retour à Boston, elle commença à chercher pour un travail. Cette fois-ci, elle était beaucoup plus sélective dans ses critères ; elle ne laisserait plus n’importe qui l’embaucher ! Elle prit autant de soin à évaluer ses patrons éventuels qu’un amateur de course équestre choisirait un étalon pour féconder sa jument. Elle voulait une entreprise solide mais tout de même aventurière et surtout une qui n’était pas membre d’un réseau d’anciens amis. Elle s’est faite embaucher par la deuxième agence de celles qu’elle jugeait digne de confiance. Heinlein et Halderman était tout ce qu’elle recherchait. L’agence était prêt à prendre des risques mais encore plus important, elle était prêt à l’écouter sans arrière-pensées.

Ça lui a pris que trois semaines pour marauder ses anciens clients et à établir son propre réseau. Son premier nouveau client était un bureau de gestion médicale avec pignon sur rue à Marblehead. Pendant qu’elle y était pour évaluer leurs procédures de gestion, elle avait passé par le labo pour un test de grossesse. Ce détour ne fit que confirmer ce dont elle se doutait déjà depuis une semaine ; elle était enceinte.

Le soir venu, sur le chemin vers chez elle pour le souper, elle arrêta s’acheter une demi-bouteille de vin, un Vidal blanc d’un vignoble méconnu de la région des Finger Lakes de New York, la dernière bouteille de vin qu’elle se permettrait pour les neuf mois à venir. Il était temps de consolider ses atouts.

Elle planifia sa grossesse tout comme elle planifierait la structure administrative de ses clients ; en commençant par une étude de toutes ses possibilités puis, par un processus d’élimination rigoureux, une évaluation honnête de ses options. Avec un professionnalisme sans failles, elle prévoyait même des incertitudes et des impondérables et s’accorda des choix alternatifs au cas que son plan principal ne donnait pas les résultats envisagés. Elle savait qu’elle élèverait son enfant en tant que femme monoparentale et quoiqu’elle ait l’intention d’en aviser le père et même de lui permettre son mot dans la façon de l’éduquer, il n’y avait pas question qu’elle se laisserait devenir dépendante à son bon vouloir pour le futur de son enfant. Toutefois, ça c’était pour plus tard. Sa première tâche était de trouver une sage-femme…


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Message Publié : 12 Avr 2017, 01:14 
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Chapitre 2

Trois ans plus tard…

Le scénario qu’elle avait établi pour elle-même jadis spécifia qu’elle trouve une maison loin du boucan du centre de Boston mais quand même assez proche pour qu’elle puisse faire la navette aisément. Pour deux mois elle avait sillonné les environs et elle finit par arrêter son choix sur Salem. Elle trouvait ça ironique qu’elle, femme indépendante et autonome qu’elle était, puisse préférer cette ville au lourd passé d’avoir autant maltraité des femmes indépendantes en les accusant d’avoir été des sorcières. Elle emménageait une maison de deux étages recouverte de bardeaux sur la rue Lafayette trois mois avant la naissance de Mary. Pendant les deux premières années, elle travaillait surtout à partir de la maison. Quand elle devait visiter un client, elle embauchait Melissa, la fille de dix-neuf ans d’Aaron Heinlein qui travaillait comme stagiaire au bureau pendant qu’elle poursuivait un diplôme en gestion d’affaires, comme gardienne.

Suite au deuxième anniversaire de Mary, quand elle commença de prendre plus conscience du grand monde au-delà de sa mère, Carol lui inscrit dans un centre de la petite enfance afin qu’elle puisse interagir avec d’autres enfants de son âge. Ce n’était qu’à ce moment-là que Carol trouva le courage d’appeler Greg pour lui aviser qu’il était père.

Malgré sa fermeté et son sens d’affaires sans équivoque, ce premier appel téléphonique avait été l’une des choses les plus difficiles qu’elle avait accompli jusqu’alors et, tout en composant le numéro que Greg lui avait donné, elle était à deux doigts de raccrocher.

« Office régional pour le développement et le redressement écologique, Mlle Maplewood à l’appareil. Puis-je vous aider ? »

« Oui, s’il vous plaît. Mon nom est Carol Martin ; j’aimerais parler à Gregory Endicott. S’il a de la difficulté à se rappeler du nom, dites-lui que c’est au sujet d’un avion qu’il avait tordu il y a trois ans près de la Jamaïque. »

« Euh… je vois. Un moment, s’il vous plaît. »

Moins qu’une minute plus tard, la réceptionniste revint sur la ligne. « Mme Martin, M. Endicott n’est pas au bureau à l’instant. Peut-il vous rappeler, disons vers les huit heures ? »

« Oui, cela conviendrait parfaitement. Avez-vous besoin du numéro ? »

« Si c’est le même que vous lui avez donné il a trois ans, ce ne sera pas nécessaire. »

« Merveilleux. J’anticiperai son appel. Merci. »

-0-0-


Le soir venu, quand elle eut mis Mary au lit, Carol ne se contenait plus. Croyant qu’un verre de vin l’aiderait à se détendre, elle s’est servie un verre de Vidal blanc, le seul cépage qu’elle s’achetait pour elle-même. Finalement, quand le téléphone sonna, elle répondit même avant que la sonnerie eut temps de finir mais là, frappée d’un mutisme soudain, elle fut incapable de dire quoi que ce soit.

« … Carol… ? »

« … Bonsoir, Greg. Ça fait un bout… »

« Je pense encore constamment à toi… »

« Moi aussi, Greg… à tous les jours et je m’en réjouis encore du souvenir. »

« … Euh… Dis, c’est toi qui m’as appelé. As-tu des problèmes, Carol ? »

« Non, pas du tout. En fait, les choses ne pourraient aller mieux. J’ai quelque chose à te raconter, Greg, mais maintenant que je t’ai au téléphone, je me rends compte que je suis incapable de te l’annoncer ainsi. Pourrais-tu passer me voir un de ces jours ? Tu n’as pas à te faire des soucis, je ne veux pas reprendre avec toi ; ta vie et ta carrière t’appartiennent mais il y a quelque chose qu’il faut que tu saches. Ce ne serait pas juste que j’en garde le secret. »

« … Très bien. Où habites-tu ? »

« Salem. »

« D’accord… Est-ce que ce jeudi te conviendrait, vers huit heures ? »

« Ce serait parfait, merci. As-tu un stylo… ? Je te donne l’adresse. »

-0-0-


Dans les années qui suivirent, Greg passa faire son tour fréquemment, du moins aussi fréquemment que son travail le lui permettait. Même si Carol tenait mordicus à son indépendance, elle voulait que Mary soit accoutumée à la présence de son père. Au début, il venait à Salem pour passer un samedi ou un dimanche après-midi à jouer avec Mary et, à mesure qu’elle grandit, à l’emmener au parc et lui faire faire un tour de carrousel. Encore plus tard, quand Mary commença à fréquenter l’école, il avait l’habitude de venir la cueillir au moins une fin de semaine par mois et quelques congés scolaires pour qu’elle passe du temps chez lui. Cela arrivait, par contre, que quand les nouvelles parlaient d’une nouvelle vague de crimes avec des aspects techniques extraordinaires, Greg appela pour dire qu’il devait quitter pour une urgence au travail quelconque. Mary rentra alors déçue mais Greg se reprenait toujours dès qu’il le pouvait donc ça allait encore.

À mesure que Mary grandissait, la réputation de Carol grandissait également et sa liste de clients augmentait, lui obligeant de faire des fréquents voyages d’affaires partout dans la Nouvelle Angleterre et plus loin encore. À partir de sa troisième année du primaire, donc, Mary commença à fréquenter un collège privé avec pensionnat, ne rentrant à la maison que pour les fins de semaine. Carol rentrait souvent tard et, ayant fait le tour des services d’entretien ménagers locaux, finit par arrêter son choix sur une veuve encore jeune d’un ancien marinier qui s’occupa du ménage deux jours par semaine.

Greg et Carol restèrent des amis intimes et se rencontraient régulièrement pour un café quand il remmena Mary d’une sortie. Ils n’avaient aucun secret pour l’une et l’autre et ils s’encourageaient mutuellement à sortir pour trouver quelqu’un de sympathique avec qui partager leurs vies. Greg avait été le premier à rencontrer quelqu’un ; une femme dans la mi-trentaine du nom de Lisa O’Day. Lisa était jadis dans le même domaine que Greg mais, avec la naissance de son fils, elle avait pris une semi retraite. Avec l’accroissement de la technologie accessible à la population générale, les risques d’abus par des particuliers malveillants augmentaient en flèche et le bureau de Greg a dû prendre de l’expansion. Lisa rejoignit alors l’équipe comme adjointe administrative. Son fils, Mark, était un adolescent qui comme Mary, fréquentait un collège avec pensionnat donc Carol ne l’avait pas rencontré souvent. Mark semblait être un garçon aimable cependant ; ado typique, il était plus intéressé par les sports et les filles que par son progrès scolastique. Mary aimait bien Lisa et Lisa, contrairement à beaucoup de nouvelles conjointes, ne jalousa pas du tout Mary.

Huit mois précédemment, c’était le tour de Carol de rencontrer quelqu’un. Un homme du nom de Larry Ingals, propriétaire d’un centre naturiste au Maryland, avait contacté Heinlein et Halderman, voulant qu’ils simplifient la gestion de son centre. Un homme doux et sans prétentions dans la mi- ou la fin- quarantaine ; il n’y arrivait plus depuis que sa femme était morte quelques années plus tôt suite à une maladie. C’était elle qui s’occupait jadis de l’administration du centre tandis que Larry s’occupait de l’entretien des lieux. Maintenant qu’il était seul à s’occuper de tout, il se sentait dépassé.

Carol, dorénavant partenaire minoritaire dans la boite, était intriguée par l’idée de gérer un tel centre de villégiature et décida de rencontrer elle-même le client. Quand elle accueillit Larry dans son bureau pour la première fois, c’était comme si une étincelle les liaient ensemble. Pendant l’entrevue, Larry discuta avec passion de naturisme et de l’impression de liberté que cela engendrait. Il parla de la brize, de la sensation du soleil sur la peau et de se sentir lié à l’univers. Il parla de son centre et de son nouveau centre administratif mais expliqua comment l’obligation de s’occuper de tous les détails gestionnaires lui sapait graduellement tout le plaisir de sa vie. Tout le temps que Larry vanta les bénéfices du naturisme, Carol s’est sentie de retour sur son île et surtout lors de cette dernière journée avec Greg, à se baigner et à se promener sans le moindre vêtement et de la façon dont elle s’est sentie si libre malgré qu’il allait la quitter à tout jamais le soir-même.

Lors des mois suivants, Carol fit plusieurs voyages au centre. La première fois, à la fin septembre, elle est restée habillée et a passé la plupart de son temps à examiner la structure administrative de l’entreprise mais les fois suivantes, elle avait plongé à pieds joints et s’était dévêtue malgré les temps plus froids afin d’être sur un pied d’égalité avec le personnel et les résidents. Rendu au mois de février, après avoir passé plusieurs longues journées avec Larry et la nouvelle gérante du centre, Betty Granger, pour peaufiner la gestion de réservations et les systèmes de classement et de comptabilité, Carol comprit qu’elle prolongeait ses visites plus pour voir Larry lui-même que pour superviser le fonctionnement du centre.

Aussi direct que jamais, au lieu d’envoyer la facture pour les services accomplis par la poste, elle l’apporta personnellement et, en même temps, demanda Larry comment il se sentait par rapport à elle. Quand Larry avoua que lui aussi regretterait de ne plus la voir, ils ont commencé à sortir ensemble et, rendu en avril, Carol passa régulièrement quelques nuitées au centre. La semaine de vacances qu’elle avait planifiée était censée être un genre de lune de miel officieuse mais tout avait tombé à l’eau quand Greg téléphona à la dernière seconde pour décommander sa semaine avec Mary.


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Message Publié : 13 Avr 2017, 07:29 
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Chapitre 3

Dans le moment présent…

… Du coup, on entendit la musique-thème de l’émission « Hawaii 5-0 » venant du sac de Carol. « Hein ? » murmurait-elle, surprise.

Elle sortit son cellulaire et regarda l’écran, éberluée, en lisant « Greg@QG »

À côté d’elle, Mary devina « C’est P’pa, n’est-ce pas ? »

Se tournant vers Larry, elle dit « Je dois absolument prendre cet appel. Pourrais-tu garder un œil sur Mary pour l’instant ? »

« D’accord, chérie. » Puis, en regardant Mary pendant que Carol s’éloigna avec son téléphone à l’oreille, « On dirait que ta mère et ton père ont des choses à discuter. »

Mary, toujours en rogne à cause de la tournure des évènements, répondit « C’est plus probable qu’elle ne veut pas que je lui dévoile où nous sommes en ce moment ! »

À cet instant précis, une porte double au fond du lobby ouvrît brusquement et une foule de jeunes sortit en trombe. La plupart de ceux-ci étaient de l’âge à fréquenter les premières années du primaire mais parmi eux il y avait aussi deux jeunes ados ; un garçon de quatorze ans et une fille de treize ans ainsi que deux jumelles de l’âge de Mary. La fille de treize ans avait l’air japonais.

Larry se tourna vers eux et crie « Allez, les jeunes, réduisez ça sous le mur du son, au moins… »

Les plus jeunes l’ignoraient mais les jumelles et les ados ralentissent suffisamment pour remarquer Mary. Larry fait les introductions.

« Les filles, Tom, voici Mary… elle est toute nouvelle ici et elle n’est pas encore à l’aise avec notre choix vestimentaire. Mary, ces filles sont Tina et Tanya et ceci est Miko tandis que ce grand jeune homme est Tom. »

Les jumelles roucoulèrent. « Salut. Moi, je suis Tanya…, » tandis que l’autre lui coupa la parole et dit « Non, c’est moi. »

Miko afficha un sourire gêné et dit « Bonjour. Mary. En fait, c’est elle, Tanya ; elle a une petite cicatrice sur la joue. Elles font ça tout le temps – cela rend les adultes totalement dingues. »

« Dis, Mary, » dit Tom, « nous pensions aller à la piscine et traîner jusqu’au souper. Ça te tente de te joindre à nous ? »

« D’accord, je vais aller chercher mon maillot, » répondit Mary avec entrain.

« Euh…, » hésita Tom, « c’est que… ah… on n’y permet pas de maillots ; que la tenue de peau. »

« Oh ! » Mary avait l’air déçue.

« Allez, viens, » dit Tanya… non, Tina. « Ça va être le fun ! Il n’y a rien là, tu verras. »

Tanya roucoula de nouveau. « Il n’y a rien là, dit-elle. Génial, Capitaine Lucide ! »

Mary regarda Larry. « Allez, vas-y, ça va bien aller. Je dirai à Carol où tu es, » sourit-il.

Dans le temps de le dire, les quatre jeunes étaient dans l’eau à se lancer un ballon de plage et à rire comme des lunatiques.

-0-0-


La soirée venue, en attendant que Larry termine quelques affaires de dernière minute pour qu’ils aillent tous souper au resto du centre, Carol et Mary étaient assises au salon de leur cabane. La télé joua doucement en arrière-scène. Les deux portèrent des blouses mais autrement, elles étaient nues.

Mary parla avec entrain de ses nouveaux amis quand le lecteur des nouvelles revint en ondes avec « … d’autres nouvelles, il ne semble avoir aucune fin à ce nouveau saccage de la Sangsue. Tard la nuit dernière, le réacteur atomique de la Pennsylvanie cessa soudainement de fonctionner. On croyait au début que d’une manière improbable, quelqu’un aurait volé les douilles de plutonium et les aurait remplacés par des douilles d’uranium appauvrie mais une investigation plus approfondie a pu confirmer que les douilles d’origine avaient plutôt été vidées de leurs neutrons. Banchee, la porte-parole de la Ligue des Héros nous informe que les recherches pour développer une arme capable de maitriser la Sangsue continuèrent et qu’elle espérait avoir des résultats dans un futur rapproché. Entretemps, le capitaine Triumph continue à se porter de mieux en mieux ; quoiqu’il est encore dans le coma, sa santé générale est beaucoup mieux et on l’a retiré de la liste des patients à surveiller de près. »

« Dans un instant, Dan aura les dernières nouvelles sur les quarts de finales de la LNH et tous les détails de la partie d’hier avec les Celtics. De retour après ces quelques annonces… »

« M’man, pourquoi arrêtes-tu de bouger chaque fois que les nouvelles parlent de ces croisés en costume ? »

Carol semblait distraite. « Je fais ça ? J’en suis désolée… donc, t’as vraiment aimé ça jouer dans la piscine avec tes nouveaux amis ? Ce ne t’a pas offusqué que la piscine soit tenue de peau seulement ? »

« Bien, ça me dérangeait au début mais après un temps, je l’ai plus ou moins oublié. Dans le fond, ce n’est pas pire que le vestiaire après les cours de gym à l’école – b’en, c’est vrai qu’il y a Tom mais après un bout, t’arrêtes de zieuter et tu embarques dans le jeu, genre. Je ne suis pas prête à faire le nu-vite à Times Square mais ici, ça va, j’imagine. »

« Je suis contente de… » À ce moment-là, on cogna à la porte puis Larry passa sa tête par la porte entr’ouverte. « Avez-vous faim, vous autres ? »

« Je suis affamée, chérie, » avoua Carol tandis que Mary cria « Je meurs de faim ! »

« Mary, n’oublie pas ta serviette, » lui rappela Carol quand Mary partit vers l’extérieur.

Pendant le repas, Larry eut une bonne nouvelle à annoncer…

« À propos, Mary, je crois avoir quelque chose qui pourrait t’intéresser. Ta mère me disait que tu poursuis activement l’obtention des badges avec les Guides. Or, je me suis organisé avec une formatrice de la Croix Rouge qui est membre ici. Elle présentera un cours de réanimation cardio-pulmonaire et de premiers secours approuvé par la Croix Rouge à la piscine ce samedi et dimanche. Je m’attends à avoir beaucoup de visiteurs cette fin de semaine donc je te propose de t’y inscrire le plus tôt possible. »

-0-0-


Au journal télévisé le lundi suivant… « Une bonne partie de la côte Est s’est trouvée dans la noirceur la fin de semaine de la Memorial Day de cette année car plusieurs tours se trouvant sur la ligne de distribution principale de haute tension aux Appalaches ont été réduites en fonte samedi soir dernier. Virginia Power, le propriétaire de cette partie de la ligne a demandé de l’aide aux Services de distribution avoisinants d’aussi loin que le Canada afin de remettre la ligne en fonction. Banshee, porte-parole de la Ligue des Héros, nous informe que l’appareil du Dr. Impossible est à l’étape de vérification finale et sera disponible dans les semaines à venir. Entretemps, on annonce que le capitaine Triumph est sorti de son coma mais ne se rappelle aucunement de son attaque. Les médecins sont incertains en ce moment si Triumph retrouvera un jour le souvenir de cet évènement. »

Mary se trouvait dans la salle de jeux à jouer une partie de pool contre Tom. Quand l’annonceur lisait les nouvelles de ce dernier désastre, elle jeta un coup d’œil à sa mère qui prenait un verre au bar avec Larry. Elle ne fut aucunement surprise de la voir figer avec son verre à mi-chemin et, quand le bulletin fut terminé, de la voir reposer son verre avec un frisson.


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Message Publié : 14 Avr 2017, 07:06 
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Chapitre 4

C’était le samedi… Mary boudait. D’habitude, samedi était sa journée préférée. Quand sa mère n’était pas en voyage d’affaires, elle arriva la cueillir du collège le vendredi soir et Mary se dépêcha pour terminer ses devoirs pendant que sa mère s’occupait du souper afin qu’elles puissent tous les deux combler leurs fins de semaines avec des excursions d’un jour ; une exploration du port de Boston, des promenades à travers Provincetown et les anciens ports de baleiniers de Nantucket et Martha’s Vineyard. Cette fois-ci, c’était différent. Cette fois-ci P’pa avait planifié un voyage spécial de dix jours vers la Floride ; ils feraient la tournée de Disneyworld, de Sea World et de Universal Studios – le voyage d’une vie ! Pis, à la dernière minute, il a dû annuler. Ça lui avait déjà arrivé dans le passé ; cela faisait partie de la job, mais pourquoi cette fois-ci, merde ?

Comme résultat, elle avait été enrôlée de force pour participer aux vacances de sa mère. Ça aurait pu aller encore sauf que sa mère avait planifié ce voyage afin d’être toute colleur-colleuse avec son nouveau chum dans sa colonie de tous-nus. Dégueux ! Plusieurs fois cette semaine quand elle rentra de jouer au tennis ou à la piscine avec ses amis, sa mère avait un drôle d’air et ses yeux pétillaient bizarrement. Elle ne l’avait jamais vu ainsi auparavant.

Si elle tenait à rester véridique, le fait de courir partout en tenue de peau n’était pas si pire qu’elle l’aurait cru (elle était en train d’acquérir un hâle d’enfer partout, après tout. Les filles à l’école seraient jalouses en maudit… et elle ne se posait plus de questions à ce que les gars avaient en bas de ceinture). Mais d’avoir manqué Disneyworld ! En plus, demain serait la fin officielle de ses vacances ! Elles seraient obligées de rempaqueter leurs valises et se rendre à Salem de nouveau !

Du coup, on entendit un immense « BOUM » qui fit vibrer les fenêtres, suivi à courte intervalle par encore deux autres, chacun plus bruyant que le précédent. Dans le ciel, un nuage en forme de champignon se formait (une explosion nucléaire ? Nan, ça ne se pouvait pas… puis elle se souvint avoir lu quelque part que toute explosion suffisamment grande produisit un champignon – c’était plutôt une question d’expansion thermique) et puis, dans un fracas plus fort que toutes les autres explosions ensemble, tous les réservoirs de propane liquide restants dans le terminus de pipeline avoisinant sautèrent d’un coup ! Les fenêtres éclatèrent, des débris et des détritus volèrent dans les airs et puis, comme un coup de vent sorti directement de l’enfer, l’onde de choc balaya tout ; des gens, des chaises, des tables, des arbres, les voiturettes de golf du centre, absolument tout, dans tous les sens !

C’était le chaos! À peine avaient les derniers débris retombés par terre qu’on entendit des sirènes qui s’approchèrent et on vit des gens se déterrer des décombres pour chercher à aider leur voisin. Des bâtisses et quelques véhicules brûlèrent et il y avait une intense fumée qui masquait une partie de décombres. Personne ne s’occupait de qui était habillé et qui était nu. Plusieurs des gens théoriquement habillés présentèrent presqu’autant de peau que les résidents du centre de villégiature, l’onde de choc ayant réduit leurs vêtements en lambeaux. Tom, Mico, Mary, Tanya et Tina, leurs diplômes de premiers secours fraîchement acquis en tête, ignoraient les directives d’adultes bien-pensants d’éviter les lieux et firent ce qu’ils pouvaient pour aider ; ils transportèrent des couvertes, ils tenaient des bouteilles de soluté pour les premiers répondants et réconfortaient ceux qui étaient dans un état de choc. Les résidents adultes transportaient des civières et aidaient à libérer ceux qui étaient enterrés. Carol et Larry transformèrent rapidement le centre administratif en centre de triage et un fil continu d’ambulances arrivait et repartait aussitôt, tous phares allumés. Betty vida les réserves de bouteilles d’eau et de sodas du resto et les distribua aux aidants.

-0-0-


En plein milieu de tout ce tohu-bohu, un véhicule de genre ‘groupe d’intervention spéciale’ dans les couleurs de la Ligue des Héros et arborant l’écusson de la Ligue, traînant ce qui ressemblait à une unité de soudure industrielle, arrêta dans le milieu de la foule près du pire de la catastrophe. Du véhicule, on vit sortir le Dr. Impossible, Granite, un géant gris avec une apparence rocailleuse, et Banshee, une femme mature dans une robe en satin vert et des collants noirs, portant des souliers noirs avec des talons carrés. La robe de Banshee était agrémentée d’une broderie dorée couvrant la poitrine avec un motif qui rappela vaguement des nœuds celtiques. Elle ne porta pas de masque mais plutôt des lunettes miroirs couleur émeraude et ses cheveux roux lui cachèrent une grande partie du visage.

Pendant que le Dr. Impossible sortit deux armes de la taille de lance-roquettes du camion, Granite sortit de spires de câbles à usage intense et Banshee partit le générateur. Quand tout était branché et vérifié, le Docteur prit l’un des armes, Granite prit l’autre et ils dirigèrent les canons vers l’origine du feu tandis que Banshee surveilla les cadrans.

Là où les faisceaux bleu pâle touchaient le feu, les flammes se dissipèrent peu à peu ; le feu se refroidi graduellement, son énergie absorbé par les rayons. Finalement, ils purent voir une forme incandescente, vaguement humaine, qui se promenait dans les ruines ; la Sangsue ! Le Docteur et Granite se regardèrent mutuellement, se sont mis d’accord sans mot dire et dirigèrent les faisceaux directement sur la forme de la Sangsue ! Rien ! Le Docteur ajusta un réglage sur l’émetteur du faisceau et ceux-ci s’intensifièrent, et encore ! La brillance de la Sangsue varia à peine. Finalement, Banshee cria « La dissipatrice est en surchauffe ! Elle ne peut traiter cette quantité d’énergie ! » On avait l’impression que la Sangsue s’en sauverait encore une fois.

Mary, qui s’était arrêtée pour regarder l’appareil du Dr. Impossible en fonction, cria soudainement « Renversez la polarité ! Renvoyez-lui le tout ! » Banshee lança un regard rapide vers le Docteur qui regarda Mary intensément puis retourna le regard de Banshee et acquiesça. Avec sa main gantée, elle saisit un gros interrupteur à double lame et l’envoya dans la position opposée !

Instantanément, les faisceaux bleus se transformèrent en un rouge écarlate ! À mesure qu’ils arrosèrent la forme incandescente de la Sangsue, sa brillance s’intensifiait. Le Docteur ajusta de nouveau les réglages de son appareil et des arcs électriques furibonds entouraient les faisceaux. La couleur de la Sangsue changea graduellement du jaune au blanc. Finalement, des rayons blancs brillants semblaient vouloir jaillir du centre de son être. Du coup, le Docteur qui surveillait les changements de proche à travers ses lunettes polarisantes cria…

« Tout le monde ! À terre, maintenant ! Et fermez vos yeux ! »

Écoutant ses propres directifs, il s’est laissé tomber à terre. Quelques secondes plus tard, il y avait un éclat de lumière d’un blanc aveuglant, un ‘CRAC’ comme si dix coups de foudre frappèrent en même temps, puis plus rien. Après quelques instants, des gens commencèrent à se lever la tête pour voir ce qui se passait. Mis à part les ruines et le désordre généralisé, tout semblait normal. Rien ne brillait et il ne resta aucune trace da la Sangsue.

Le Dr. Impossible, Granite et Banshee se sont remis sur pied tranquillement et commencèrent à ranger leur équipement. Quand il passa Mary, armes en main, le Docteur lui dit « Tu as bien fait ça aujourd’hui, Furet. Je suis fier de toi. » Mary s’est retourné pour lui remercier mais il était déjà loin. Du coup, elle figea… dans ses souvenirs, elle revivait un instant quand elle avait quatre ans ; elle était avec son père et tenait à accomplir une tâche particulièrement difficile, quoi exactement, elle ne s’en souvint plus. Son acharnement lui a fait rire et il dit qu’elle était aussi têtue qu’un furet. Depuis lors, c’était son nom d’amour pour elle.

Elle regarda le Dr. Impossible, fatigué mais satisfait du travail accompli, en train de ranger son matériel dans le camion et vit Banshee lui passer la main dans le dos comme pour un câlin et elle sourit.

Conclusion

Tout doucement, elle se rend au camion, nue et espiègle comme un lutin, et souffle dans l’oreille du Dr. Impossible…

« P’pa… la prochaine fois que dois annuler des vacances, dis-moi donc la vérité, comme. J’veux dire, franchement ! Annuler Disneyworld pour une urgence à Hoboken… Il y a mieux comme excuse ! »

Elle tourne pour s’éloigner puis se retourne de nouveau…

« Oh, et dis à Lisa que j’aime bien sa nouvelle coupe de cheveux – ça va bien avec son costume. »

FIN


______________

J’avais écrit le scénario de cette histoire au début de l’année 2015. Tout récemment, Jay Epps, dans son histoire des origines de > Gwenna <, a introduit le personnage de ‘Rockslab’. Je ne sais pas s’il l’a inventé de son cru ou s’il l’a ‘emprunté’ de quelque part mais c’est exactement comme ça que j’avais imaginé Granite. Quant à Banshee, voici comment je l’avais imaginée…

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Traduit en français par Maël Soucaze.